La boxeuse Tammara « Tamm » Thibeault, B.A. 2023, est entrée dans l’histoire cet été en devenant la première Canadienne à remporter trois grands titres mondiaux de boxe professionnelle.
Après seulement cinq combats professionnels, celle qui a participé à deux reprises aux Jeux olympiques a décroché les titres mondiaux des poids moyens de la Fédération internationale de boxe (IBF), de l’Organisation mondiale de boxe (WBO) et du Ring Magazine à la suite de sa victoire contre l’Australienne Desley Robinson le 8 août à Orlando, en Floride.
Ce succès marque une nouvelle étape importante de son extraordinaire carrière : au-delà des affrontements sur le ring, l’athlète a dû concilier au fil des ans études supérieures et compétition de haut niveau.
Avant de devenir boxeuse professionnelle, Tammara Thibeault s’était déjà imposée sur la scène internationale de la boxe, remportant un titre de championne du monde en 2022 et représentant le Canada à deux Jeux olympiques.
« Être à la fois étudiante et athlète de haut niveau, ce n’est pas pour les faibles », lance-t-elle. Ses années d’études à Concordia lui ont appris à gérer son temps ainsi qu’à faire preuve de discipline et de persévérance. Ses professeurs, qui l’ont toujours soutenue, l’ont aidée à suivre le rythme de ses études alors qu’elle devait voyager à l’étranger pour participer à des compétitions.
Tammara Thibeault s’est efforcée de maintenir cet équilibre après l’obtention de son baccalauréat en études urbaines, en 2023. Elle a entrepris un programme de maîtrise intensif en conception et aménagement urbains à l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni, où elle a obtenu 180 crédits et rédigé un mémoire de conception en seulement 11 mois, tout en continuant à participer à des compétitions.
« Honnêtement, c’était probablement la chose la plus difficile que j’aie jamais faite », confie-t-elle.
Le rêve olympique
C’est grâce à son père, ancien receveur éloigné de la Ligue canadienne de football qui s’entraînait dans un club de boxe entre deux saisons de football, que Tammara Thibeault a découvert la boxe. Pour elle, ce club est devenu un lieu où tous deux pouvaient passer du temps ensemble.
Lorsque la boxe féminine a fait son entrée au programme olympique en 2010, le déclic s’est produit. « Je me suis dit : ‘‘Voilà, c’est ça que je veux faire’’ », se souvient-elle. Ce rêve olympique est alors devenu son nouvel objectif.
Tammara Thibeault affirme que sa confiance avant un combat important découle simplement du travail qu’elle a fourni.
« Je me bats contre la personne qui se trouve en face de moi, pas contre l’événement, précise-t-elle. Je me concentre sur l’effort, pas sur les résultats. »
Cet état d’esprit s’est révélé particulièrement important après les Jeux olympiques de Paris 2024, qui ne se sont pas déroulés comme elle l’avait espéré. Cette expérience l’a amenée à repenser sa façon de gérer la pression, la patience et les attentes – des leçons qu’elle a mises à profit cette année dans sa conquête des titres de championne.
Pour Tammara Thibeault, les étapes à venir sont encore plus importantes.
« J’espère vraiment ne pas être la dernière », confie-t-elle.