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Depuis quarante ans, la conceptrice visuelle Élise de Blois donne vie à des univers visuels à l’écran

La diplômée en cinéma a renoué avec le campus Loyola dans le cadre de son plus récent projet
15 septembre 2026
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Par Claire Loewen, B.A. 2021


Portrait d'Élise de Blois. « Mes études à Concordia ont été très concrètes et extrêmement formatrices. »

Quand Prime Video d’Amazon a transformé le campus Loyola de l’Université Concordia en doublure d’une université américaine pour les besoins du film The Love Hypothesis, Élise de Blois, B. Bx-arts 1990, a renoué avec un environnement qu’elle connaissait bien.

« J’ai adoré revenir à Concordia, confie-t-elle. Les souvenirs ont resurgi instantanément et je me suis tout de suite sentie en terrain familier. »

Après plus de 40 ans de carrière dans le cinéma, la conceptrice visuelle chevronnée redécouvrait l’université sous un autre angle.

Depuis ses débuts dans le milieu en 1983, Élise de Blois a exploré pratiquement toutes les facettes du travail sur un plateau de cinéma. Elle a exercé des fonctions aussi variées que la supervision de scénario, le choix des accessoires, la direction artistique, la création de décors et, finalement, la conception visuelle.

Aujourd’hui, elle travaille en étroite collaboration avec les équipes de réalisation et de direction de la photographie pour façonner l’identité visuelle de productions cinématographiques et télévisuelles en veillant à chaque détail, des palettes de couleurs et des textures jusqu’à l’esthétique d’ensemble.

« Il faut sans cesse trouver des solutions créatives et tirer le meilleur parti des décors afin qu’ils soutiennent efficacement chaque scène, explique-t-elle. Aucune journée ne se ressemble. »

Cet équilibre entre expression artistique et coordination logistique continue de la stimuler après une carrière riche, marquée autant par des productions québécoises que par des films hollywoodiens et des séries acclamées, comme Le Monde de Barney, Billie Holiday, une affaire d’État, Les Immortels et La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé.

Par ailleurs, les productions historiques comptent parmi ses genres de prédilection, car elles exigent à la fois un travail de recherche approfondie et la création minutieuse d’univers où chaque détail compte

« J’aime répéter que tout se joue dans les moindres détails, poursuit Élise de Blois. Chaque élément que l’on voit à l’écran est très important pour moi. »

Le cinéma de A à Z à Concordia

Sa vision du métier doit beaucoup à la formation suivie à l’actuelle École de cinéma Mel-Hoppenheim de Concordia. En tant qu’étudiante en production cinématographique, elle y a exploré l’ensemble du processus de réalisation d’un film, de la prise de vue au montage, en passant par l’étalonnage et la conception visuelle.

« Nous réalisions un film de A à Z, se souvient-elle. Mes études à Concordia ont été très concrètes et extrêmement formatrices. »

Elle garde des souvenirs particulièrement précieux du pavillon des arts visuels et de l’esprit de collaboration qui dépassait largement le cadre des salles de cours.

« Nous passions nos journées et nos soirées à l’Université à travailler sur nos projets, à faire du montage et à revoir nos séquences, raconte-t-elle. Nous formions vraiment une grande famille. »

Au-delà des compétences techniques acquises, cette immersion permettait aux étudiants de développer un sens profond du travail d’équipe et une grande souplesse, deux qualités qui demeurent au cœur de la pratique professionnelle d’Élise de Blois.

Celle-ci souligne également l’influence durable du professeur de cinématographie Rodney Gibbons, qu’elle décrit comme « très pédagogue, technique, efficace et doté d’un excellent sens de l’humour ».

Après plus de quatre décennies dans l’industrie, la passion qui l’anime est toujours la même : donner vie à des récits par l’image. Qu’il s’agisse d’un projet québécois intimiste ou d’une production internationale d’envergure, l’essence du métier reste la même.

L’été dernier, ce travail l’a amenée à métamorphoser certains espaces emblématiques du campus Loyola afin qu’ils ressemblent à l’Université Stanford pour The Love Hypothesis. Élise de Blois souligne au passage l’aide précieuse de Sonia Ruiz, responsable technique au Département de biologie, dont l’accueil et le soutien ont grandement facilité le projet.

« Nous avons transformé la cafétéria. Nous y avons créé une vaste bibliothèque qui donnait l’impression de faire partie d’un campus universitaire comme celui de Stanford. »

C’est cette dimension imaginative du métier qui la passionne depuis des décennies : explorer la façon dont les couleurs, les lieux et l’esthétique visuelle contribuent à construire le récit avant même les premiers dialogues.

« Le métier reste le même, conclut-elle. Ce sont les défis qui changent. »

Élise est assise par terre, entourée des membres de son équipe qui examinent des échantillons de couleurs et des storyboards. Élise de Blois se prépare pour la séance photo de la collection printemps-été 2025 de Gucci, mise en scène par Xavier Dolan. | Photo: Alex Hercules Desjardins


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