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La nouvelle rédactrice en chef de Châtelaine veut que les Québécoises se reconnaissent dans le magazine

Diplômée de l’Université Concordia, Camille Cardin-Goyer souhaite faire entendre des voix qui ne trouvent pas toujours leur place dans les médias grand public
14 avril 2026
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Par JP Karwacki, B.A. 2011


Portrait de Camille Cardin-Goyer « Des trois universités que j’ai fréquentées, mon expérience à Concordia a été de loin la meilleure, » dit Camille Cardin-Goyer, B.A. 2016.

Camille Cardin-Goyer, B.A. 2016, a appris qu’elle était engagée comme rédactrice en chef de Châtelaine un vendredi. Le lundi suivant, elle livrait son premier numéro.

La diplômée de l’Université Concordia a maintenant une idée de plus en plus claire de l’orientation qu’elle souhaite donner à ce magazine fondé il y a 65 ans. Son objectif est d’attirer une nouvelle génération de lectrices tout en préservant ce que Châtelaine a toujours su faire : créer des liens entre les femmes du Québec.

Camille Cardin-Goyer a expliqué au comité d’embauche que, malgré son expérience dans différentes publications, elle pensait que Châtelaine pouvait trouver un meilleur écho auprès des femmes de sa génération, y compris auprès de ses propres pairs.

« C’est une occasion à saisir. Nous devons faire quelque chose », a-t-elle soutenu.

Cette franchise lui a permis d’obtenir le poste.

Mme Cardin-Goyer s’est inscrite au programme de journalisme au terme d’un parcours sinueux. Après un baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et une année d’études en journalisme à l’Université d’Ottawa, elle a obtenu un transfert à l’Université Concordia.

L’approche pratique du Département de journalisme l’a immédiatement séduite.

« Le processus d’apprentissage était tellement concret, se souvient-elle. Des trois universités que j’ai fréquentées, mon expérience à Concordia a été de loin la meilleure. »

Étudier en anglais a par ailleurs transformé sa façon d’écrire. À Concordia, les enseignantes et enseignants encourageaient l’économie et la précision.

Elle mentionne deux professeurs en particulier : Alastair Sutherland, qui enseignait la rédaction d’articles de fond, et David Secko, qui enseignait la rédaction de textes pour magazines.

« J’aimais déjà écrire quand j’ai entamé le programme, mais ces cours ont façonné ma vision du journalisme, explique-t-elle. Pour moi, ils ont changé la donne. »

Trouver de « nouvelles façons d’innover »

Avant Châtelaine, Camille Cardin-Goyer a travaillé dans les médias imprimés et numériques, notamment pour Elle Canada et enRoute. À son avis, la riche expérience qu’elle possède est essentielle pour redéfinir le rôle d’un magazine en 2026.

« Nous devons voir le contenu comme un écosystème, estime-t-elle. Il ne s’agit pas seulement de transposer des articles de l’imprimé au Web, mais de trouver de nouveaux formats et de nouvelles façons d’élargir le lectorat. »

La vision éditoriale de Mme Cardin-Goyer consiste à agrandir le cercle de personnes à qui la parole est donnée.

« Je veux amplifier les voix qui ne trouvent pas toujours leur place dans les médias grand public, précise-t-elle. Les femmes immigrées, les soignantes, celles qui n’ont pas un cheminement traditionnel. Je veux que chaque lectrice ouvre le magazine et y retrouve des reflets de sa propre vie ou y découvre un point de vue qui lui est totalement nouveau. »

Pour cela, il faut aussi aller au-delà de la liste habituelle de personnalités publiques.

« Je veux faire de la place pour les créatrices de tendances qui font tranquillement évoluer la culture dans leur domaine, poursuit-elle. Des femmes qui transforment leur secteur d’activité, mais qui n’ont pas encore atteint le statut de personnalité connue. Châtelaine doit contribuer à faire entendre ces voix. »

C’est un gros mandat pour une petite équipe qui doit faire face aux mêmes pressions que les autres publications bien établies. Mais Mme Cardin-Goyer est prête à relever le défi.

« Comment réaliser des choses extraordinaires avec de minuscules budgets? En faisant preuve de créativité, affirme-t-elle. Châtelaine existe depuis 65 ans. Pour moi, les changements qui surviennent dans le secteur ne sont pas un contretemps. Nous devons simplement trouver de nouvelles façons d’innover. »



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