Aller au contenu principal

L’Université Concordia publie un guide d’éthique de la recherche auprès des communautés autochtones

La nouvelle ressource est conçue pour aider les chercheuses et chercheurs allochtones à bâtir des partenariats fondés sur le respect, la réciprocité et la souveraineté des données
14 octobre 2026
|
Three women sitting at a table, each with a pen and writing on coloured paper

Comment les chercheuses et chercheurs allochtones peuvent-ils établir avec les communautés autochtones des partenariats de recherche respectueux, réciproques et mutuellement bénéfiques?

Le Bureau de l’engagement communautaire de l’Université Concordia vient de publier un guide pour aider la communauté universitaire à aborder cette question dans une optique de prise de conscience, de responsabilisation et de respect.

Intitulé Dewemaagannag / Mes relations : Guide de recherche collaborative avec les peuples et les communautés autochtones, ce guide constitue la deuxième ressource de la série Dewemaagannag / Mes relations. S’appuyant sur les savoirs et l’expertise autochtones, la série soutient les efforts déployés par Concordia pour donner suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation ainsi que poursuivre sa démarche d’autochtonisation et de décolonisation.

La première ressource de la série a été lancée en 2023. Intitulée Guide pour l’engagement avec les peuples autochtones, elle abordait notamment les principes d’écoute, de réciprocité, de responsabilisation, de consentement et de positionnement.

« Le deuxième guide porte plus particulièrement sur l’établissement de partenariats de recherche éthiques. Il propose des conseils en matière d’engagement communautaire, d’éthique de la recherche et de souveraineté des données », explique Geneviève Sioui, coordonnatrice de l’engagement communautaire autochtone. 

La recherche communautaire en action

Le nouveau guide est particulièrement utile à la communauté de recherche de Concordia, où les travaux sont souvent effectués en collaboration avec des organismes communautaires, des groupes et des personnes détentrices de savoirs afin de répondre à des enjeux concrets et de faire progresser les connaissances de manière collaborative.

Le volet Jeunes Autochtones de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec illustre bien cette approche. Mené à Concordia sous la direction de Natasha Blanchet-Cohen, professeure au Département des sciences humaines appliquées, le projet réunit de jeunes Autochtones, des chercheuses et chercheurs ainsi que des partenaires communautaires afin d’explorer les moyens de favoriser un leadership porteur chez les jeunes et de permettre aux communautés de leur offrir de meilleures possibilités.


Le projet illustre l’une des approches mises de l’avant dans le nouveau guide : faire des jeunes et des communautés autochtones de véritables partenaires à chaque étape du processus de recherche, plutôt que de les reléguer au rôle de sujets de recherche.

Pour Natasha Blanchet-Cohen, cette démarche favorise des travaux qui reflètent les savoirs, expériences et aspirations propres aux communautés.

« Cette approche permet de redonner une voix et une légitimité aux jeunes et aux communautés autochtones qui ont été réduits au silence ou dépossédés de leur identité, indique-t-elle. En collaborant, nous pouvons concevoir des méthodologies novatrices qui reflètent véritablement leurs réalités, leurs façons de savoir et leurs aspirations, et qui y répondent. Nous pouvons ainsi rendre la recherche plus pertinente et en faire un levier pour avancer. C’est une façon, à notre échelle, de contribuer à la réconcili-ACTION. »

L’accent mis par le guide sur les partenariats et la prise de décisions partagée trouve écho dans l’expérience de Susie-Ann Kudluk, vice-présidente du Conseil jeunesse Qarjuit, qui représente les jeunes Inuits du Nunavik. À titre de partenaire du projet de recherche, elle insiste sur la nécessité de prendre en compte toutes les voix dans l’orientation des travaux.

« Nous misons sur la discussion et la recherche de consensus, en nous assurant que chaque personne puisse faire entendre sa voix et son point de vue, souligne-t-elle. Cela nous permet de nous guider les uns les autres, collectivement, vers le bien commun. »


Consulter Dewemaagannag / Mes relations : Guide de recherche collaborative avec les peuples et les communautés autochtones.