Porte-parole de promotion et en passe de se joindre à la LPHF, Jessymaude Drapeau saisit l’instant
Lorsque Jessymaude Drapeau s’adressera à ses camarades diplômés de la Faculté des arts et des sciences le 17 juin prochain, ce ne sera pas depuis la scène de la Place des Arts.
C’est plutôt une vidéo préenregistrée de son discours qui sera diffusée pendant la cérémonie de collation des grades, tandis que la capitaine de l’équipe féminine de hockey des Stingers de Concordia participera au repêchage de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), à Détroit. Cet événement sera le coup d’envoi de ce que la championne espère être une carrière en hockey professionnel.
« C’est complètement fou, lance Jessymaude Drapeau. Je termine mes études universitaires et j’entame immédiatement un nouveau chapitre, donc il n’y a pas de pause entre les deux. »
Le moment a un caractère symbolique, car lorsque la joueuse a entrepris ses études universitaires il y a cinq ans, la LPHF n’existait pas encore.
Aujourd’hui, alors qu’elle termine ses études, elle compte parmi les meilleures joueuses d’USports et a la possibilité d’entreprendre une carrière professionnelle.
Une trajectoire ascendante tant sur la glace qu’à l’extérieur de la patinoire
La dernière saison de Jessymaude Drapeau à Concordia a été l’une des plus marquantes de l’histoire du programme. L’attaquante de cinquième année originaire de Rivière-du-Loup, au Québec, a terminé en tête du classement national des marqueuses, a été nommée joueuse de hockey féminin de l’année par USports et a aidé les Stingers à remporter un nouveau titre de championnes de conférence ainsi qu’une médaille d’argent nationale.
Elle a également été sélectionnée parmi les finalistes du prix Lois-et-Doug-Mitchell de l’athlète de l’année d’USports, devenant ainsi la septième étudiante-athlète de Concordia et la troisième athlète féminine de l’Université à récolter une nomination pour ce prix.
En dehors de la patinoire, elle a poursuivi une double majeure en études en loisir et en psychologie ainsi qu’une mineure en sciences de l’éducation, et ce, tout en pratiquant un sport de haut niveau.
Mais son intégration à Concordia n’a pas toujours été facile au début.
Étudiante francophone arrivée pendant la pandémie de COVID-19, elle a dû suivre des cours en anglais pour la première fois tout en faisant ses débuts dans le hockey universitaire.
« J’étais vraiment timide, se souvient-elle. Je n’avais pas assez confiance en moi pour m’exercer à parler anglais, alors je restais souvent dans mon coin. »
Son adaptation à l’univers du hockey universitaire s’est également avérée difficile. Habituée qu’elle était de jouer de nombreuses minutes, elle a d’abord eu du mal à assumer un rôle moins important à ses débuts dans l’équipe.
« Au début, ça a été difficile parce que je m’attendais à plus, relate-t-elle. J’ai même songé à changer d’établissement. »
Mais elle s’est plutôt employée à améliorer chaque aspect de sa préparation.
« J’ai tout changé, raconte-t-elle. J’ai travaillé dur, j’ai fait attention à mon alimentation, à mon sommeil, et à tous les petits détails de ma vie. »
Apprendre à diriger
Jessymaude Drapeau attribue une grande partie de ses progrès aux entraîneuses des Stingers, Julie Chu et Caroline Ouellette.
Même si elle avait initialement choisi Concordia pour pouvoir apprendre aux côtés de ces deux joueuses de hockey, c’est en dehors de la patinoire qu’elle affirme avoir tiré ses plus importantes leçons.
« Julie a vraiment le don de vous faire sortir de votre zone de confort », affirme-t-elle.
Un événement a été particulièrement marquant pour elle : lorsque Julie Chu l’a invitée à l’accompagner pour remercier certains des commanditaires de l’équipe.
« Je me suis dit : “Bon, je vais simplement aller serrer quelques mains, et c’est tout” », se souvient-elle. L’instant d’après, elle s’est retrouvée sur scène face à une foule nombreuse, en train d’être interviewée par son entraîneuse.
« On a dû faire une sorte de petite conférence TED, poursuit-elle en riant. Julie me posait des questions, et j’ai dû prendre la parole devant quelque 300 personnes! »
Au début, Jessymaude Drapeau détestait ce genre d’activité, mais avec le temps, ces expériences l’ont aidée à passer du statut d’étudiante de première année plutôt réservée à celui de capitaine des Stingers et de porte-parole de promotion de la Faculté des arts et des sciences.
« On a toujours tendance à voir le leadership comme un trait de caractère que possèdent ces personnes qui s’expriment haut et fort et occupent toujours le devant de la scène, explique-t-elle. Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que je dois me tenir derrière le groupe et aider chaque personne à se surpasser. »
Jessymaude Drapeau a appliqué cette philosophie au-delà de ses activités au sein de l’équipe. Au cours des dernières années, elle s’est fortement impliquée dans des projets de mentorat et d’encadrement auprès de jeunes filles pratiquant le hockey, notamment dans le cadre de projets communautaires locaux et du programme Entraîneuses en herbe de Hockey Canada.
« J’aurais adoré que des joueuses universitaires puissent m’entraîner quand j’étais jeune, fait valoir l’athlète. Aujourd’hui, je vois l’effet que peut avoir leur simple présence sur les enfants. »
Un message aux personnes diplômées
En tant que porte-parole de promotion, Jessymaude Drapeau espère que son message aura un écho non seulement auprès des sportifs, mais aussi auprès de toutes les personnes diplômées qui se préparent à un avenir incertain.
Même si son parcours peut sembler différent à première vue, elle estime que les étudiantes et étudiants de toutes les disciplines vivent des expériences similaires – ils doivent concilier différentes responsabilités, surmonter les revers et sortir de leur zone de confort.
« Nous avons fait face à l’adversité, mais nous y sommes arrivés, conclut-elle. Tout ce que nous vivons à l’université nous aide à nous préparer à ce qui nous attend. »
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