Une nouvelle exposition organisée par une professeure de l’Université Concordia dévoile le territoire vivant de Tiohtià:ke
Hannah Claus (Kenhtè:ke Kanien’kehá:ka, Mohawks de Tyendinaga de la baie de Quinte) invite les membres du public à reconsidérer leur relation avec Tiohtià:ke, également connue sous le nom de Montréal, en attirant leur attention sur la terre, l’eau et le ciel qui définissent ce territoire. Son exposition solo, tsi iotnekahtentiónhatie (Tiohtià:ke), rassemble des sculptures, des vidéos et des œuvres en deux dimensions qui reflètent son engagement de longue date à l’égard de ce lieu à travers les modes de connaissance kanien’kehá:ka.
Présentée à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia, l’exposition est ouverte au public jusqu’au 7 février prochain. Professeure agrégée d’arts plastiques et codirectrice du Centre de recherche sur les avenirs autochtones, Hannah Claus témoigne de son expertise et de son point de vue par cet ensemble d’œuvres profondément émouvantes.
Le fruit d’une expérience personnelle
La Pre Claus a créé deux nouvelles installations à grande échelle pour l’exposition, présentées aux côtés d’œuvres antérieures qui retracent ses liens avec l’île. Elle explique que ces œuvres s’inspirent de son expérience vécue, qu’il s’agisse de randonnées sur la montagne ou de moments passés près du fleuve.
« C’est ma façon personnelle d’exprimer ma relation avec ce lieu, précise-t-elle. Si cette démarche peut inciter d’autres personnes à considérer leur environnement au-delà du béton et du milieu urbain, alors j’aurai atteint mon objectif. »
Rendre hommage au fleuve
Un élément central de l’exposition de Hannah Claus est sa série continue de chants d’eau, des installations suspendues inspirées par les rivières et les histoires qui les traversent. Elle a créé des variations de ces œuvres dans différentes régions du pays, mais a toujours souhaité en réaliser une pour le fleuve Saint-Laurent.
« Il est immense, souligne-t-elle. Je pense à toute l’histoire qui se cache dans ses eaux, à son ancienneté et à la manière dont il a façonné le territoire. Je tenais à lui rendre hommage. »
Elle remarque d’ailleurs que nombre de visiteurs sont surpris lorsqu’on leur rappelle que Montréal est une île, même si les ponts font partie du quotidien de la ville.
« Je suis très consciente du fait que Montréal est une île, et donc du fleuve, poursuit-elle. Je le cherche toujours du regard lorsque je traverse. »
Au-delà de l’environnement bâti
Les infrastructures urbaines masquent souvent l’histoire naturelle inhérente au territoire.
« Le béton et le bitume nous éloignent de la terre, explique la Pre Claus. Or, le territoire a une personnalité. Il est important de s’en souvenir et de le reconnaître. »
En tant qu’artiste kanien'kehá:ka vivant à Montréal depuis plus de deux décennies, elle considère que son travail artistique contribue à tisser des liens avec le lieu où elle réside.
« Je suis consciente chaque jour de me trouver en territoire kanien'kehá:ka et je cherche des moyens de reconnaître et de respecter celui-ci. »
La beauté comme point d’entrée
Les installations de Hannah Claus sont réputées pour leur beauté et leur délicatesse, des qualités qu’elle cultive intentionnellement. De nombreuses œuvres sont fragiles et réagissent aux mouvements des visiteurs, ce qui exige une attention et une vigilance particulières dans l’espace de la galerie.
« J’utilise la beauté comme stratégie pour attirer les gens, conclut-elle. Les visiteurs doivent agir de manière responsable pour que l’œuvre continue d’exister, ce qui peut favoriser le début d’une réflexion sur les idées véhiculées. »
La programmation de la Galerie Leonard & Bina Ellen en janvier comprendra des performances de Mo Clark et Peter Morin. L’exposition a été rendue possible grâce au programme Leonard et Bina Ellen de soutien à la production artistique.
Visitez l’exposition tsi iotnekahtentiónhatie (Tiohtià:ke) à la Galerie Leonard & Bina Ellen, située au 1400, boulevard De Maisonneuve Ouest, avant sa fermeture le 7 février prochain.
Découvrez le Département des arts plastiques de l’Université Concordia.