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Des étudiantes et étudiants de l’Université Concordia examinent les impacts de la technologie durant la pandémie de COVID-19

Des étudiants au baccalauréat en génie de l’École Gina-Cody adoptent une approche fondée sur les données pour analyser le lien entre les avancées technologiques et l’iniquité de genre
30 juin 2021
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Les étudiantes et étudiants en génie de l’Université Concordia passent le plus clair de leur temps à suivre des cours spécialisés axés sur la formation technique et les éléments de conception propres à leur discipline.

Ils sont toutefois tenus de suivre quelques cours obligatoires, dont celui sur les impacts de la technologie sur la société (ENGR 392). Comme son titre l’indique, le cours vise à sensibiliser les futurs ingénieurs aux problèmes sociaux et environnementaux dus aux répercussions inattendues de la technologie.

Le dernier groupe à avoir suivi ce cours, donné par Gita Ghiasi (Ph. D. 2018), a été appelé à examiner les impacts des technologies qui ont été fréquemment utilisées au cours de la dernière année en raison de la pandémie de COVID-19 – tout en utilisant ces mêmes technologies dans le cadre de leur cours.

Mme Ghiasi a demandé au groupe d’adopter une démarche fondée sur les données pour analyser l’impact de ces technologies, en ce qui a trait notamment à l’égalité de genre.

Ingénieure de formation et conseillère principale en recherche à l’Université de Montréal et à l’Institut de valorisation des données basé à Montréal, Mme Ghiasi s’intéresse beaucoup aux recoupements entre genre et technologie. Ses travaux portent sur les pratiques inéquitables observées dans le domaine des sciences et de la technologie, notamment au chapitre du genre et du développement international.

Mme Ghiasi est également membre principale du nouveau laboratoire sur l’EDI, ce qui l’amène à travailler en étroite collaboration avec Tanja Tajmel, professeure agrégée et titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia sur l’équité, la diversité et l’inclusion en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques.

« En effectuant une démarche fondée sur les données pour analyser l’égalité de genre, les étudiants ont été en mesure de corréler la technologie populaire avec ses impacts sociaux et de mieux comprendre que le travail de conception qu’ils accomplissent à titre d’ingénieurs peut avoir des conséquences involontaires », explique-t-elle.

Le projet avait pour principal objectif d’enseigner des mécanismes et des outils qui permettraient aux étudiantes et étudiants d’établir des corrélations entre une technologie donnée et la société, et de démontrer que bien souvent, ce que l’on croit et publicise à propos de ces corrélations diffère grandement de la réalité. Le projet était pertinent puisque la COVID-19 a eu une incidence négative sur les revenus, la productivité et la demande de produits dans les secteurs d’activité canadiens liés à ces technologies.

Après avoir fait des lectures sur les politiques relatives à la technologie et déterminé dans quelle mesure ces politiques encadrent ou non l’évaluation et la gouvernance de la technologie, les étudiantes et étudiants ont choisi leur sujet de recherche et créé un rapport scientifique et une représentation visuelle des données pour rendre compte des résultats de leurs travaux.

Résultat? Une nouvelle compréhension de ces technologies foisonnantes.

Une partie du tableau de bord du cours Impacts de la technologie sur la société (ENGR 392). Une partie du tableau de bord du cours Impacts de la technologie sur la société.

« J’ai acquis une nouvelle perspective »

Shangirna Rajaratnam, étudiante en génie informatique, faisait partie d’une équipe dont le projet portait sur les machines virtuelles. « J’ai toujours pensé que les machines virtuelles étaient liées à des services scientifiques et techniques. En faisant des recherches dans la base de données de Statistique Canada, mon équipe a découvert que ces machines étaient utilisées dans le secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz. »

« J’ai acquis une nouvelle perspective des injustices et des inégalités avec lesquelles les femmes doivent composer sur le marché du travail, surtout dans le domaine du génie, dont je n’avais aucune conscience avant, explique Andrew Tylkowski, un étudiant en génie électrique qui a travaillé sur les machines virtuelles avec Shangirna. L’idée que la réalité de mes collègues féminines puisse être différente de la mienne ne m’avait jamais effleuré l’esprit. »

Natasha Morham, étudiante en génie environnemental, et Kate Roche, étudiante en génie mécanique, se sont penchées sur le réseau de communications mobiles 5G. Elles ont découvert que même les réseaux qui soutiennent les communications cellulaires subiront des impacts cachés.

« C’est une grande toile invisible qui ne devient visible que si on cherche à la voir, explique Mme Roche. S’il n’est pas soumis à une analyse minutieuse, le développement d’une technologie apparemment anodine peut influer négativement sur les inégalités de genre, les salaires, le taux de chômage, l’économie et d’autres technologies. »

Au bout du compte, le cours a permis à des étudiantes et étudiants de toutes les disciplines du génie d’acquérir une nouvelle perspective et de nouvelles compétences.

« Je peux désormais cerner l’impact des technologies sur la société en procédant à une observation de l’information bibliométrique, à une analyse des données et à un examen rétrospectif », indique Amanda Kolopanis, étudiante en génie logiciel, qui a examiné les applications de recherche des contacts.

Mme Ghiasi a été étonnée de voir à quel point ses étudiantes et étudiants discutaient volontiers des problèmes d’égalité et creusaient les thèmes de l’éthique, de l’égalité de genre, de la gouvernance, du libre accès, de la mobilisation du public et de l’enseignement des sciences.

« Je suis très fière de ce que ces étudiants en génie ont accompli, en particulier dans un contexte de pandémie de COVID-19. »

« Je suis tellement fière que je souhaite faire connaître leurs travaux à tous les membres de la communauté de Concordia et faire en sorte que cette fierté, quant à la façon responsable dont ils ont analysé les technologies utilisées au cours de la pandémie, soit également véhiculée dans notre collectivité. »


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projets étudiants concernant les impacts de la technologie sur la société.

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