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Grâce à des trousses d’artiste, les étudiantes et étudiants en beaux-arts de Concordia profitent pleinement de leur expérience d’apprentissage à distance

Aux trimestres d’automne et d’hiver, de nombreux cours font appel à des espaces de création sécuritaires… à domicile!
21 octobre 2020
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Les artistes peuvent installer leur atelier presque partout : un hangar dans une arrière-cour, un espace collectif dans un entrepôt, un sous-sol, un garage… Toutefois, ils optent rarement pour un appartement de 45 mètres carrés, partagé avec un conjoint et un chiot border collie!

C’est dans cette situation que se trouve Robyn Anderson, étudiante de quatrième année en arts plastiques à l’Université Concordia. Du reste, bon nombre de ses camarades vivent une expérience similaire. En effet, aux trimestres d’automne 2020 et d’hiver 2021, la Faculté des beaux-arts offre tous ses cours en ligne.

« Je n’en doute pas, ça doit être bizarre pour une étudiante ou un étudiant de première année, sans expérience en atelier, de pratiquer les arts plastiques à la maison », soutient Robyn Anderson.

Elle fait partie des 352 étudiantes et étudiants du Département des arts plastiques qui se sont procuré des trousses d’artiste afin de suivre, depuis leur domicile, des cybercours de céramique, de sculpture, d’arts d’impression ou de fibres et pratiques matérielles.

« Comment assurer l’égalité des chances en situation de téléapprentissage? »

Concevoir les trousses d’artiste et adapter les cours pratiques pour les étudiantes et étudiants en téléapprentissage à la maison n’ont pas été une mince affaire. Sans accès aux installations de l’Université, les étudiantes et étudiants en beaux-arts ne disposent pas d’espaces de création collectifs où se familiariser avec l’utilisation de l’équipement spécialisé, la manipulation des matières dangereuses ou l’expérimentation sécuritaire.

« À Concordia, comme les étudiantes et étudiants d’un même cours partagent des ateliers et installations artistiques, il y a égalité d’accès, souligne Kelly Jazvac, professeure agrégée de sculpture. Dès lors, la planification de cours d’art en ligne représentait un grand défi. En effet, comment assurer l’égalité des chances en situation de téléapprentissage? »

La Pre Jazvac fait partie d’une équipe facultaire composée d’enseignantes, d’enseignants, de techniciennes et de techniciens qui ont passé tout l’été à peaufiner les détails techniques des trousses d’artiste. Ils tenaient à s’assurer que, même donnés à distance, les cours du programme d’arts visuels se démarqueraient par leur grande qualité.

Selon Marie-Pier Laverdière, technicienne pour les programmes de céramique et de sculpture, la conception de trousses à utiliser à la maison a exigé que tous repensent de A à Z tant les matériaux que les méthodes.

« Nous avons dû commander de nouveaux matériaux, les mettre à l’essai et vérifier leur compatibilité avec nos installations – en matière de cuisson par exemple, explique-t-elle. Ensuite, il a fallu discuter avec les membres du corps professoral afin de revoir les méthodes d’enseignement. »

« Maintenant, quand je travaille à domicile, je sais à quoi m’attendre. »

Pour avoir plus d’information sur les trousses d’artiste, les étudiantes et étudiants actuellement inscrits sont invités à visiter le portail Moodle. Le prix et le contenu de chaque trousse sont précisés, photos à l’appui. Une liste indique le matériel de sécurité nécessaire à l’utilisation de la trousse, et des hyperliens vers divers modules de formation en santé et sécurité ou sur des sujets connexes sont fournis.

Mises à l’essai préalablement, toutes les trousses répondent aux normes en matière de sécurité. En outre, les étudiantes et étudiants doivent suivre une formation en santé et sécurité avant même de commencer leurs cours.

« Avant de commander les trousses, nous avions vérifié auprès des fournisseurs que tous leurs composants étaient non toxiques et qu’ils convenaient pour la création à domicile, signale Mme Laverdière. Dans certains cas, nous avons dû opter pour d’autres matériaux. »

Professeur adjoint de sculpture, Juan Ortiz-Apuy a quant à lui conçu une série de vidéodéballage. Diffusée sur YouTube, elle présente aux étudiantes et étudiants potentiels le contenu des trousses exigées pour le programme de sculpture.

D’après Robyn Anderson, ce système représente un bon compromis. Bien que son appartement soit un petit peu encombré, elle s’efforce de le garder propre et sécuritaire.

« À mon avis, c’est bien d’être capable d’interagir avec les matériaux à la maison, dit-elle. Après avoir suivi en ligne une formation sur la sécurité, je me sentais prête à le faire. Maintenant, quand je travaille à domicile, je sais à quoi m’attendre. »

« Durant la pandémie, il s’agit essentiellement de résoudre les problèmes de façon créative. »

Ces dernières semaines, installés dans la fonderie désertée du pavillon des arts visuels, Marie-Pier Laverdière et son collègue technicien Joé Côté-Rancourt se sont consacrés à la distribution de trousses pour les cours de sculpture et de céramique. Placées sur des palettes pour faciliter la livraison, des trousses pour le travail de l’argile, du bois ou du métal ou encore pour la fabrication de moules côtoyaient des établis conçus sur mesure où nos artistes en devenir peuvent utiliser perceuse et marteau.

Les étudiantes et étudiants étaient vraiment ravis de recevoir leurs fournitures.

« On se serait cru à Noël, lance Mme Laverdière. Jusque-là, tout était un peu confus... Alors, la possibilité pour les étudiantes et étudiants d’obtenir un bloc d’argile, d’avoir accès à différentes matières colorantes ou de se procurer des outils rend la situation bien concrète et leur donne envie de vite mettre la main à la pâte. »

Aux yeux du Pr Ortiz-Apuy, les trousses reflètent l’ingéniosité collective dont font preuve, depuis le début de la pandémie, les membres du corps professoral, du personnel et de l’effectif étudiant de la Faculté des beaux-arts. Depuis le mois de mars, il a vu de nombreux exemples du genre fleurir au sein de la communauté artistique de Concordia.

« Certains étudiants et étudiantes se sont regroupés pour louer un atelier, raconte-t-il. D’autres ont réaffecté des matériaux ou créé des installations qu’ils ont exposées sur leur balcon ou à leur fenêtre. Durant la pandémie, il s’agit essentiellement de résoudre les problèmes de façon créative. »


Apprenez-en davantage sur la
Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia.
 



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