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Des membres de Concordia font d’importantes contributions à la Biennale d’art contemporain autochtone

La 5e édition de l’événement explore l’évolution des identités et des relations entre les communautés diversifiées des Premières Nations, des Métis et des Inuits
4 mai 2020
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À gauche : Nadia Myre, Untitled (study for country where beavers, deers, elks and such beasts keep) (« sans titre [étude pour un pays où vivent castors, cerfs, orignaux et autres bêtes du genre] »), 2019. À droite : Jason Edward Lewis, The World That Surrounds You Wants Your Death [pour iPad et iPhone] (« le monde qui t’entoure veut ta mort [pour iPad et iPhone] »), 2013. | Galerie Art Mûr, dans le cadre de la biennale.

Si de nombreux événements culturels ont été annulés en raison de la crise de la COVID-19, la Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), lancée en avril, se déroule comme prévu – mais avec des visites un peu différentes.

Le 23 avril, la BACA a organisé l’inauguration virtuelle d’une exposition multigaleries, dont la plupart des œuvres sont en ligne jusqu’au 21 juin.

Tous les deux ans, la biennale est organisée par une nouvelle équipe de commissaires qui explore un thème différent. L’édition2020 se consacre aux œuvres de près d’une cinquantaine d’artistes qui souhaitent honorer leurs affinités.

Kahwatsiretátie: Teionkwariwaienna Tekariwaiennawahkòntie, Honorer nos affinités

Le commissaire David Garneau décrit la façon dont le terme « Indien » a été brandi par les colons pour réduire les peuples autochtones d’Amérique du Nord à un seul groupe homogène.

D’un autre côté, le thème de cette année invite à réfléchir à la manière dont l’histoire coloniale a incité ces communautés autochtones diversifiées à se réunir.

De nombreux professeurs, étudiants et diplômés de Concordia ont contribué à la biennale : l’une des commissaires, Faye Mullen, travaille au Centre de ressources pour les étudiantes et étudiants autochtones, et Rudi Aker, également cocommissaire, étudie au baccalauréat ès beaux-arts à l’Université.

En explorant le thème des affinités, les artistes mettent l’accent sur les structures et les relations en « toile d’araignée » à partir desquelles les personnes et les entités se forment et se développent.

Ils suggèrent ainsi que le terme « autochtone » – qui, d’une certaine façon, visait à désigner tous les peuples non colonialistes – ne devrait pas être considéré comme représentatif d’une identité homogène. Ce terme incarne plutôt une alliance et un engagement mutuel entre de multiples nations.

En travaillant ensemble, les peuples diversifiés et disparates peuvent s’unir solidairement contre le colonialisme et les valeurs coloniales qui continuent de s’imposer dans la culture occidentale dominante.

Contributions de Concordia

Parmi les artistes de Concordia qui contribuent à la biennale, citons Nadia Myre (M. Bx-arts 2002), professeure adjointe d’arts plastiques et titulaire de la chaire de recherche du Canada en pratique de l’art autochtone actuel, ainsi que Jason Edward Lewis, professeur de design et d’arts numériques et titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia en médias informatiques et en imaginaire de l’avenir autochtone.

Nommons également les diplômés Skawennati (B. Bx-arts 1992, dipl. 2e cycle 1996), Scott Benesiinaabandan et Hannah Claus (M. Bx-arts 2004), de même que la doctorante en lettres et sciences humaines Diane Roberts.

Nadia Myre discute du laboratoire Kìnawind qu’elle a monté au sein du Département des arts plastiques de Concordia. Complétant le thème de la biennale, le laboratoire explore les identités et les relations. « Les identités se nourrissent de rencontres et d’échanges », explique-t-elle.

En outre, les interconnexions représentent non seulement un thème de la biennale, mais aussi une importante facette pratique de son organisation et de son développement. Afin d’alimenter la discussion, les commissaires ont en effet proposé aux artistes participants d’inviter des membres de leurs réseaux respectifs à contribuer à l’événement.

« Quand David Garneau est venu à Montréal, j’ai invité les étudiants et les personnes collaborant avec le laboratoire Kìnawind à lui présenter leur travail », souligne la professeure Myre.

« Nous ne nous sommes pas vraiment concentrés sur le statut respectif et hiérarchique des artistes. Nous n’avons pas privilégié les professeurs par rapport aux étudiants, par exemple. En général, nous essayons de donner à chaque personne la chance de faire ce qui lui est important, afin qu’elle puisse établir un lien avec le travail des autres au laboratoire. »

La rencontre avec M. Garneau a permis d’élargir le réseau d’artistes qui ont, au final, contribué à la biennale. « Nous essayons en particulier de réfléchir aux façons d’être ensemble – en tant que peuple autochtone et non autochtone », poursuit Nadia Myre.

« Le nom du laboratoire est dérivé de l’orthographe hybride du pronom personnel Anishinaabemowin Giinawind. Première personne du pluriel inclusive, KÌɅA8IɅ (en algonquin) fait référence à la notion d’un “nous” inclusif – un ensemble composé de soi et de son propre groupe ou de sa propre communauté, ainsi que des personnes en dehors; nos travaux visent par conséquent à remettre en question les relations qui nous lient en ce moment », ajoute-t-elle.

« Dans mon travail, j’essaie de mettre au jour des histoires compliquées afin de voir comment elles résonnent dans le présent », conclut-elle.


Les galeries participant à l’édition 2020 de la
Biennale d’art contemporain autochtone seront ouvertes pour des visites en personne dans les semaines à venir, si les mesures de distanciation physique sont assouplies.

Apprenez-en plus sur la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia.

 



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