Taylor McArthur
If Time Had Listened et Azimuth Nitehi // Cądé Edáha
Taylor McArthur et Dallas Flett-Wapash Azimuth Nitehi // Cądé Edáha, 2021. Média numérique interactif : projection à deux canaux, capteur solaire.

If Time Had Listened, 2025, Unity, Blender et impression numérique. 60” x 40”.
À propos du projet
If Time Had Listened s’inspire de la mémoire familiale, du lieu et du matrilignage de l’artiste pour réfléchir à la succession : ce qui se transmet, ce qui se transforme et ce à quoi l’on renonce.
L’artiste construit un paysage numérique onirique, baigné par la lumière diffuse caractéristique des premières heures du matin ou du soir dans les Prairies. Des buissons de baies de Saskatoon et de framboises, indigènes à la région d’où vien la famille de l’artiste, occupent l’avant-plan et ancrent la scène dans des relations à la fois familiales et écologiques. Trois figures sont assises ensemble dans l’herbe, au bord d’un étang, semblant être en communion les unes avec les autres, avec leurs ancêtres et avec le territoire.
La figure centrale représente l’artiste enceinte de sa fille, accompagnée de figures représentant sa mère et sa kokum (grand-mère). Ensemble, ces figures évoquent des générations reliées par les responsabilités et les possibilités associées au fait de porter la vie, le savoir et la mémoire à travers le temps.
Des lignes dorées tracent des parcours sur le corps de la figure centrale, convergeant vers le cœur, la tête, l’abdomen, les veines et les nerfs. Ces points indiquent la transmission du savoir et de l’énergie à travers le corps et d’une génération à l’autre. Des cercles d’énergie entourent les trois figures, à l’image des ondulations de l’eau qui les rassemblent au sein du paysage.
L’œuvre fait allusion aux temporalités profondes de la continuité : avant même la naissance, les ovules à partir desquels nous nous développons se forment alors que nos mères sont encore dans le corps de leurs propres mères. Ce lien stratifié entre les générations s’étend au-delà du corps humain, situant la vie au sein des relations plus larges qui la soutiennent. L’œuvre nous invite ainsi à réfléchir à ce que signifie porter la vie vers l’avenir, non seulement à travers les générations humaines, mais aussi par l’entremise de relations continues avec les territoires, l’eau et les autres formes de vie qui rendent nos futurs possibles.
De cette manière, le corps matériel se trouve lié à la terre, reliant les responsabilités liées au fait de porter la vie aux cycles continus de renouvellement, de relation, de respect et de réciprocité.
Cette œuvre a été initialement commandée par C Magazine pour son numéro 160 (printemps 2025).
Taylor McArthur et Dallas Flett-Wapash Azimuth Nitehi // Cądé Edáha, 2021. Média numérique interactif : projection à deux canaux, capteur solaire.
Azimuth Nitehi / Cądé Edáha est une expérience numérique interactive qui se transforme visuellement en fonction du rythme cardiaque de la personne qui la regarde. Créée par les artistes Taylor McArthur et Dallas Flett-Wapash, l’œuvre conjugue des références linguistiques et conceptuelles au mouvement, à la direction et au cœur. Le terme « azimuth » désigne la direction ou l’angle horizontal entre un point de référence fixe et la direction d’un objet, tandis que « nitehi » signifie « cœur » en nēhinawēwin (cri swampy). « Cądé Edáha » est un terme en nakota qui évoque l’idée de « cœurs en mouvement ».
L’œuvre peut être vécue dans la Boîte noire de la galerie ainsi que sur des appareils mobiles personnels. Les participant·es sont invité·es à entrer dans l’univers virtuel en balayant un code QR. Guidé·es par une série d’instructions, iels mesurent leur rythme cardiaque et le saisissent dans le système. Les données recueillies sont automatiquement supprimées dès que la personne participante quitte l’expérience, soulignant ainsi qu’elles lui appartiennent et ne sont conservées que le temps de sa participation. Ce geste délibéré met au premier plan les enjeux liés à l’extraction des données, à la collecte de renseignements personnels et au consentement. Le rythme cardiaque devient ainsi une donnée temporaire qui permet d’activer et d’animer l’environnement numérique.
Dans l’environnement virtuel, les participant·es découvrent une galaxie digitale évoquant une constellation, entourée de syllabiques cries flottantes. Les syllabiques se déplacent en fonction du rythme cardiaque de la personne qui regarde, créant une relation sonore entre le corps et l’espace numérique. La phrase Pahkakowin Niteyeh, qui signifie « mon cœur bat », encercle la personne participante.
En écoutant leur rythme cardiaque se déplacer à travers l’univers virtuel, les participant·es font l’expérience d’une installation qui relie le corps, la langue, la technologie et le cosmos. Les étoiles et les constellations de l’environnement numérique s’entrelacent avec les rythmes corporels de la personne participante, mettant en évidence les relations et les interconnexions entre les mondes humains et plus-qu’humains.
Biographie
Taylor McArthur (de la nation Pheasant Rump Nakota, au Saskatchewan) est une artiste multimédia canadienne œuvrant dans l’animation 3D, la conception de jeux vidéo et la conception vidéo. Suite à ses études en arts média interactifs à Brandon, au Manitoba, McArthur cherche à élargir ses connaissances en arts numériques de manière autodidacte. En raison de sa passion pour l’illustration, elle s’intéresse à la modélisation 3D tout en apprenant à utiliser les logiciels Blender et Unity. S'inspirant de son passé, McArthur crée les paysages numériques du futur, bouclant la boucle de sa pratique. Ses œuvres, parfois élaborées autour de ses poèmes, sont contemplatives, vibrantes et oniriques. Son art s’inspire du futurisme autochtone et cherche à placer sa culture au sein d’une vision à la fois moderne et potentielle. Ses expositions récentes ont été présentées à la Mackenzie Art Gallery, à la Art Gallery of Southwestern Manitoba et au Canadian Roots Exchange.