Skawennati
A Day in The Life of The Three Sisters
Extrait d'A Day in The Life of The Three Sisters, 2023, machinima, 6’30. Musique par Dioganhdih.
À propos du projet
La pratique de Skawennati aborde principalement la présence et la futurité autochtones à travers les mondes virtuels, la narration numérique et des récits spéculatifs qui imaginent les peuples autochtones prospérant selon leurs propres termes.
Cette machinima se déploie sous la forme d’une séquence en accéléré, de l’aube au crépuscule, représentant les Trois Sœurs — le maïs, les haricots et la courge — cultivées ensemble dans un jardin situé dans le cyberespace. En condensant une journée entière en quelques minutes, l’œuvre attire l’attention sur les cycles de la lumière et de la croissance, ainsi que sur l’interdépendance. Ce jardin virtuel devient un lieu où réfléchir à la manière dont les pratiques agricoles autochtones peuvent inspirer des relations durables entre les personnes, les plantes, la terre et les unes avec les autres.
Les Trois Sœurs sont traditionnellement cultivées ensemble selon la méthode des cultures associées, une pratique agricole employée par de nombreuses nations autochtones à travers l’île de la Tortue. Contrairement à la monoculture industrielle, qui cultive une seule espèce à la fois, isolée, les cultures associées ou la polyculture reconnaissent et mettent à profit le soutien mutuel qui se développe entre les plantes. Le maïs, la sœur aînée, est planté en premier et fournit une structure haute et solide à laquelle les haricots et leurs tiges peuvent s’accrocher. Les haricots contribuent également à enrichir le sol en azote, tandis que la courge, la sœur cadette, s’étend au sol; ses larges feuilles aident à retenir l’humidité, à limiter la croissance des mauvaises herbes et à protéger le sol. Chaque sœur joue un rôle distinct, mais leur force collective naît de leurs relations les unes avec les autres.
Extrait d'A Day in The Life of The Three Sisters, 2023, machinima, 6’30. Musique par Dioganhdih.
Les Trois Sœurs représentent plus que des cultures; elles sont aussi des enseignantes. Leur interdépendance illustre un modèle d’entraide, de réciprocité, de régénération et de survie collective. Ces principes prennent une nouvelle urgence dans le contexte de la précarité environnementale et des effets persistants de l’agriculture industrielle.
La machinima est accompagnée de maïs, de haricots et de courges séchés provenant de sources locales. Plutôt que de présenter le jardin numérique et les éléments matériels comme des réalités distinctes ou opposées, l’œuvre les met en relation. Le jardin dans le cyberespace repose matériellement sur des technologies, des infrastructures, de l’énergie et des territoires, tandis que les plantes portent avec elles des histoires de culture, de savoirs, de soin et de lieux. Ensemble, ils suggèrent que ces deux dimensions sont intimement liées aux mondes matériels et relationnels que nous habitons.
Pour cette exposition, l’artiste a accepté de présenter la machinima sur un écran alimenté à l’énergie solaire. L’écran est placé en angle de manière à évoquer un panneau solaire.
Biographie
Skawennati est une artiste visuelle. Ses machinimas et machinimagraphes — des films et des images fixes réalisés dans des environnements virtuels — ainsi que ses œuvres textiles et ses sculptures ont été présentés à l’échelle internationale et font notamment partie des collections du Musée des beaux-arts du Canada, du Musée d’art contemporain de Montréal et de la Thoma Foundation.
Lauréate d’une bourse Hewlett 50 Arts Commissions en 2022 et titulaire d’un doctorat honorifique du Minneapolis College of Art and Design, Skawennati est également membre fondatrice du conseil d’administration de daphne, le premier centre d’artistes autogéré autochtone de Montréal. Elle codirige Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC), un réseau de recherche-création de l’Université Concordia. Originaire de Kahnawà:ke, Skawennati vit à Montréal.