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Amanda Lickers

Resource as Relative, Untitled 1 (Porcupine Quills), Untitled 2 (Moose Fray)

Photographie en gros plan d’un outil en os tenu à la main, auquel est attaché un cordon rayé. L’outil est de forme relativement rectangulaire et s’élargit d’un côté, où il présente de profondes rainures.

Outil en os, façonné à la main à partir d’un os d’orignal et utilisé pour assouplir les peaux. Créé à l’automne 2024 dans le cadre de la toute première résidence de tannage des peaux et de parflèche du Banff Centre for Arts, avec le soutien du Buffalo Peoples Arts Institute.

À propos du projet

Cette installation retrace le traitement des peaux de cerf et d’orignal en contexte urbain, réintroduisant des pratiques liées au territoire dans des espaces et des contextes marqués par des histoires coloniales communes. En parcourant l’installation, les visiteur·se découvrent à la fois les différentes étapes du travail des peaux et les structures qui façonnent la transmission des savoirs liés au territoire.

Une image grand format de conteneurs intermodaux utilisés par le chemin de fer du CN et aujourd’hui situés sur le site de Bâtiment 7 ancre l’œuvre dans un environnement urbain. Des scènes tournées à Bâtiment 7 et au Centre Canadien d’Architecture documentent différentes étapes du tannage des peaux, notamment le tannage à la cervelle, une technique qui utilise des matières provenant de l’animal. Les vidéos sont accompagnées d’un outil pour assouplir les peaux, fabriqué par l’artiste à partir d’un os d’orignal.

Selon Lickers, le tannage des peaux constitue une forme de savoir qui s’acquiert par un engagement soutenu et incarné. Bien que certains aspects du processus puissent être documentés, le savoir ne peut être dissocié de l’expérience de sa mise en pratique. Il se développe par le mentorat, le travail collectif, la pratique manuelle et la mémoire musculaire. Un tel savoir ne s’acquiert pas simplement par l’observation. Il se développe par la participation active, l’engagement et l’établissement de relations.

Les rideaux de l’installation prolongent un geste développé par l’artiste lors d’une exposition précédente au Centre Canadien d’Architecture, où elle avait recouvert d’un tissu rouge translucide un buste sculptural représentant un colon français à l’entrée de son exposition. Ici, les rideaux instaurent un seuil physique que les personnes visiteuses doivent franchir. Ils symbolisent le processus d’acquisition des savoirs, la navigation à travers des barrières sociales et matérielles, ainsi que le fait de devoir gagner l’accès à ce qui se dévoile de l’autre côté.

Lickers a créé deux ensembles de rideaux brodés pour cette installation. Le premier représente le sumac, une plante qui occupe une place importante dans la vie de l’artiste. Le sumac constitue une ressource médicinale et possède des propriétés nutritives et écologiques, tout en prospérant dans des environnements perturbés et en transformation. Sa capacité à pousser dans des sols dégradés devient une métaphore de la résilience et du renouveau. Ses systèmes racinaires rhizomateux offrent également une analogie avec la communauté, les relations et le sentiment d’appartenance.

Le deuxième ensemble de rideaux représente les clôtures de sécurité temporaires que l’on trouve couramment autour des chantiers de construction en milieu urbain. Ces rideaux servent également de forme de protection et de sauvegarde, établissant des limites autour de savoirs qui ne sont pas librement accessibles.

Photographie en gros plan de matière organique dont se détachent des fibres blanches, hérissées et piquantes. Untitled 2 (Moose Fray), 2026. Tirage sur aluminium brossé, 18" x 24".

Sans titre 1 (Porcupine Quills) et Sans titre 2 (Moose Fray) ont été prises lors des camps urbains de tannage des peaux d’orignal du collectif Buckskin Babes, qui se tiennent à Bâtiment 7, un espace communautaire situé dans le quartier de Pointe-Saint-Charles à Montréal, où est établi le collectif. Elles documentent certaines étapes du travail avec des matières animales, notamment le lavage de piquants de porc-épic et les vestiges d’un outil utilisé pour traiter une peau d’orignal.

Pour les peuples haudenosaunee, les piquants de porc-épic comptent parmi les premières formes de perlage et sont depuis longtemps utilisés comme matériau pour la parure et la narration. Des pratiques telles que le travail des piquants, le tuftage, la couture et le perlage sont au cœur des traditions artistiques autochtones et contribuent à la transmission, d’une génération à l’autre, de savoirs et de relations.

Les fibres, follicules et matières grasses animales accumulés visibles dans la deuxième image sont issus du processus de retrait de la peau de l’orignal. Plutôt que d’être jetées comme des déchets, ces matières sont rendues à la terre, contribuant ainsi à restituer des nutriments à l’environnement. Par ce geste, l’œuvre met en lumière des principes de réciprocité, de respect, de relation et de soin.

Remerciements

  • Conseil des arts des Montréal (CAM).
  • Centre des arts de Banff et Buffalo Peoples Arts Institute.
  • Indigenous Futures Research Centre and Milieux Institute. 
  • FOFA Gallery et l'équipe d'installation
  • Technicienne·ne de Tajima Embroidery: Genevieve Moisan. 
  • Technicien·nes de Post Image Lab: Tarcisio Cataldi et Julia Fortin.
  • Remerciements particuliers à Sébastien Larivière et au Centre Canadien d'Architecture.
  • Soutien et encouragements généreux du conservateur Hanss Lujan Torres.

Biographie

Amanda Lickers (de la nation Seneca des Six Nations de Grand River, en Ontario, et résidant à Tiohtià:ke/Montréal, au Canada) est une artiste, designer et commissaire d’exposition haudenosaunee dont le travail reflète la relation interconnectée entre la souveraineté de la terre et du corps. Son œuvre, qui mêle arts visuels, installations et cultures matérielles, a été exposée à travers Canada et à l’international.  L’esthétique provocatrice d’Amanda Lickers s’enracine dans la construction relationnelle du consentement, remettant en question les normes dominantes de consommation et d’accès. Sa pratique fondée sur l’image explore le pouvoir du cinéma de préserver les lieux, en soulignant le rôle des technologies autochtones dans l’émergence d’avenirs ancrés dans le territoire. En tant que conceptrice d’expériences pour les visiteurs, Amanda Lickers se spécialise dans la conception collaborative qui valorise la relation générative entre la culture et l’environnement bâti. 

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