Jacqueline Hoàng Nguyễn
Wages Due Song
Wages Due Song by Bo Watson. Issu de la collection 10-027 Wages Due Lesbians Fonds, Archives et collections spéciales, Bibliothèque de l’Université d’Ottawa.

Wages Due Song, Installation view from the exhibition Smile! Emotions at Work, Musée d’art de Joliette, 2021–2022. Photo: Paul Litherland.
À propos du projet
Chanson des salaires dus revient sur l’histoire des Wages Due Lesbians, un collectif féministe canadien actif au sein de la campagne internationale Wages for Housework dans les années 1970. Issu des mouvements plus larges de libération des femmes, le groupe cherchait à rendre visible le travail souvent invisible des tâches domestiques, de la garde d’enfants et de la bienveillance, en tant que fondement sur lequel reposent toutes les autres formes de production sociale et économique. Leur action militante dépassait la seule critique théorique, prenant la forme de manifestations, d’organisations collectives, de publications et de chants de protestation qui transformaient les revendications politiques en actes d’expression collective. Parmi ces chants figurait The Wages Due Song [Chanson des salaires dus], écrit par Boo Watson en 1974. Son refrain, « If women were paid for all they do, there’d be a lot of wages due » [si les femmes étaient payées pour tout ce qu’elles font, il y aurait beaucoup de salaires dus], formulait une revendication centrale du mouvement : la reconnaissance du travail domestique comme travail. Si la campagne appelait à une compensation économique directe, elle cherchait aussi à révéler les structures plus larges par lesquelles les économies capitalistes dépendent et exploitent le travail affectif non rémunéré et sous-rémunéré, principalement effectué par les femmes.
La partition originale, que l’on pensait perdue, a été retrouvée dans des fonds d’archives. En revanche, l’enregistrement audio original n’a jamais été localisé. Cette installation réactive la chanson à travers une composition sonore contemporaine basée sur la partition retrouvée, développée en collaboration avec le compositeur Thunder Tillman. Pour cette édition, l’œuvre comprend également une bannière en lin nouvellement produite, dont les paroles de la chanson sont brodées à la main, prolongeant les thèmes du travail, du soin, de la transmission et de la mémoire collective dans la matérialité même de l’installation. De nombreuses questions soulevées par la campagne restant irrésolues, la chanson continue de résonner à travers les générations.
Assistance à la production textile : Võ Trân Châu et l’équipe de Cosi Vietnam
If women were paid for all we do
I’ll tell ya one thing that’s true as true
We wouldn’t be free, but I’m telling you
There’d be a lot of wages due
Well, there’d be a lot of wages due for every time we smiled
Just in order to get a tip or two to make it almost worthwhile
There’d be a lot of wages due for every time we’ve been raped
And there’d be a lot of wages due for each time we’ve escaped
Now what do ya think would happen if we women went on strike
There’d be no breakfast in the morning. There’d be no screw at night
There’d be no nurses treating you
There’d be no waitresses serving you
There’d be no typists typing you ooooo It’d be all right
There’d be no mothers nursing you
There’d be no wives waiting on you
There’d be no daughters pleasing you ooooo It’d be all right
If women were paid for all we do
Just think what it’d mean to me and you
We’d have some money and power too
Well ain’t it amazing
what wages do ooooo
Biography
Jacqueline Hoàng Nguyễn est une artiste visuelle et doctorante dans le programme Art, technologie et design à la Konstfack et au Royal Institute of Technology (KTH), en Suède. Elle a suivi le Whitney Independent Study Program à New York en 2011, obtenu une maîtrise en beaux-arts ainsi qu’un diplôme de troisième cycle en Critical Studies à la Malmö Art Academy, et un baccalaureat en beaux-arts à l’Université Concordia, à Montréal. À travers des installations, des films, du son, de la photographie et de la recherche archivistique, Nguyễn explore l’historicité, la collectivité et les imaginaires politiques utopiques à travers des perspectives féministes et décoloniales. Son travail a été présenté à l’international dans des lieux tels que Mo Art Space et Vin Gallery (Việt Nam), le Musée d’art contemporain de Montréal, Bonniers Konsthall (Stockholm), le musée MA*GA (Italie), la Vancouver Art Gallery, Mercer Union (Toronto), le Kunstverein Braunschweig, The Július Koller Society (Bratislava), la Sharjah Art Foundation et apexart (New York). Sa recherche doctorale en cours, Perspectives from the Darkroom: Vietnamese Photography and Unprocessed Histories, examine l’histoire sociale et politique de la photographie au Việt Nam durant la période coloniale française ainsi que le rôle des photographes vietnamiens dans les mouvements anticoloniaux et nationalistes.