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RECHERCHE : Le modèle CityCharge conçu à l’Université Concordia pourrait aider les villes à gérer la demande en matière de recharge des véhicules électriques

Cet outil fondé sur les données réalise une ventilation des activités de recharge par plage horaire et par quartier, afin de bien cerner les pics d’utilisation

Dans un contexte caractérisé par une présence croissante des véhicules électriques sur nos routes, les villes font face à un nouveau défi de plus en plus complexe : la gestion des endroits et des moments où les automobilistes peuvent recharger leur véhicule. Or, une équipe de recherche de l’Université Concordia a mis au point un nouvel outil qui permet de visualiser l’incidence des habitudes de recharge de ces véhicules sur les réseaux électriques urbains.

Appelé CityCharge, ce modèle simule les comportements des automobilistes en ce qui a trait à la conduite et à la recharge de leur véhicule en ville. Il associe des données réelles sur les déplacements à un modèle comportemental qui rend compte des circonstances pouvant motiver les décisions des conducteurs en matière de recharge – la faiblesse de leur batterie, la proximité des bornes et les variations du prix de l’électricité.

Il en résulte un portrait détaillé, heure par heure, de la demande en électricité liée à l’utilisation des véhicules électriques.

Une demande répartie inégalement

En étudiant le cas de Montréal, l’équipe de recherche a constaté que la demande en recharge était répartie de manière inégale. Actuellement, la plupart des automobilistes rechargent leur véhicule chez eux le soir, ce qui entraîne un important pic de consommation d’électricité après les heures de travail habituelles. Or, même de petits changements de comportement pourraient modifier cette tendance. Par exemple, un accroissement de la recharge sur les lieux de travail pourrait faire augmenter la demande matinale de plus de 70 %, ce qui allégerait la pression sur le réseau en soirée.

L’étude montre également que les choix en matière d’infrastructures ont leur importance. Les bornes de recharge de niveau 2, plus rapides et désormais courantes dans les foyers et sur les lieux de travail, peuvent augmenter considérablement la demande de pointe par rapport aux chargeurs plus lents. Par ailleurs, les habitudes de recharge varient d’un quartier à l’autre. Les zones urbaines plus denses connaissent des pics de demande le matin et le soir, reflétant l’activité de recharge au travail et à la maison. En revanche, les banlieues comme Laval, l’Ouest-de-l’Île de Montréal et les villes des rives nord et sud du fleuve ne connaissent des pics que le soir, lorsque les navetteurs rentrent à la maison.

Dans l’ensemble, ces conclusions soulignent l’importance de la planification, car l’adoption des véhicules électriques ne cesse de progresser. Des outils tels que CityCharge peuvent aider les services publics, les municipalités et les responsables politiques à cerner les moments où le réseau risque d’être mis sous pression, à déterminer où installer de nouvelles bornes de recharge et à mettre en place des mesures incitatives visant à encourager la recharge en dehors des heures de pointe.

CityCharge a été conçu par Mohamed Osman (Ph. D. 2024) et Mohamed Ouf, professeur agrégé au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody. Les résultats ont été publiés dans la revue Energy.

L’étude a été subventionnée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Fonds de recherche du Québec – secteur Nature et technologies (FRQNT), ainsi que par divers partenaires dont Dunsky Énergie + Climat et Mitacs.

Lisez l’article cité : « CityCharge: Advanced modeling of urban electric vehicle charging demand patterns ».



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