Pour contrer l’insécurité alimentaire, le chercheur de l’Université Concordia Bruno Lee propose des serres sur les toits
Bruno Lee, professeur agrégé en génie du bâtiment, civil et environnemental, visite les serres des Fermes Lufa, à Montréal.
Les serres sur les toits fournissent des aliments frais et locaux, rendent les espaces urbains plus verts et sont le gage d’un mode de vie plus durable. Cependant, malgré l’intérêt croissant qu’ils suscitent, d’importants obstacles – défis structurels, inefficacité énergétique – empêchent ces toits verts de se déployer à grande échelle.
Bruno Lee, professeur agrégé au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental, mène des recherches visant à rendre les fermes sur les toits plus pratiques, plus efficaces et mieux intégrées aux bâtiments sur lesquels elles sont aménagées.
« Nous nous sommes donné pour but de comprendre comment intégrer les serres aux bâtiments d’une façon qui soit avantageuse tant pour les populations que pour l’environnement », affirme-t-il.
Réduire la consommation d’énergie tout en optimisant l’efficacité
De nombreux toits urbains, en particulier ceux des entrepôts de Montréal, sont structurellement capables de supporter des serres. Mais rares sont ceux qui tirent parti de cette possibilité. Bruno Lee vise à fournir un plan directeur pour l’aménagement de fermes vertes à la fois sûres, écoénergétiques et durables.
Diplômé de l’Université Concordia, Bruno Lee est revenu à Montréal en 2014 après avoir obtenu son doctorat aux Pays-Bas, où il a eu l’occasion d’observer de près les systèmes de serres néerlandais, très avancés. C’est ainsi qu’il a acquis des connaissances sur les mesures d’efficacité énergétique et les revêtements qui optimisent l’apport de lumière et favorisent la croissance des plantes à différents stades. Ces découvertes l’ont incité à entreprendre des recherches dans ce domaine à Montréal.
En avril dernier, il a reçu un financement axé sur l’optimisation des résultats dans le cadre du programme de recherche sur l’électrification Volt-Age de Concordia pour son projet Boucler la boucle eau-énergie-alimentation, qui porte surtout sur les serres aquaponiques. L’aquaponie est une technique de culture où l’on utilise les déjections des poissons comme engrais pour les plantes, ce qui donne à celles-ci un goût plus riche et plus naturel.
Les recherches de Bruno Lee visent à aménager des serres intégrées au bâtiment lui-même, ce qui les distingue des serres classiques, qui fonctionnent souvent de manière autonome.
« Les serres ont besoin de dioxyde de carbone, gaz qui est libéré par les bâtiments, explique-t-il. Or, la plupart des systèmes ne relient pas les deux. En les intégrant, nous pouvons réduire la consommation d’énergie, optimiser la croissance des plantes et améliorer l’efficacité globale des bâtiments. »
Une solution évolutive
Les retombées du projet sont potentiellement considérables. En effet, les serres sur les toits intégrées aux bâtiments peuvent contribuer à réduire la consommation d’énergie, à diminuer l’empreinte carbone et à renforcer la résilience alimentaire urbaine. En modélisant conjointement la consommation d’énergie et la croissance des végétaux, l’équipe de Bruno Lee fournit une solution évolutive aux villes qui cherchent à trouver un équilibre entre densité et durabilité.
Le projet dépasse également les limites des centres urbains. L’équipe explore diverses applications pour les petites villes et les communautés nordiques, où les produits frais sont souvent rares et chers.
En aménageant des serres à côté de bâtiments communautaires existants, Bruno Lee et son équipe comptent adapter ces principes d’intégration aux contextes locaux.
« Il n’est pas toujours facile de se procurer des aliments frais dans certaines régions, ajoute Bruno Lee. Nous voulons les rendre accessibles, durables et résilients. »