Le marché de l’emploi vit des transformations majeures depuis quelques années. Pour se distinguer, les personnes qui cherchent du travail doivent faire plus qu’étoffer leurs compétences : elles doivent décider d’adopter la flexibilité et le développement continu comme façon d’être.
Mauricio Thomas Schoenberger est un consultant en développement commercial indépendant qui donne également des cours sur les affaires, le leadership et la gestion à Formation continue Concordia. Au fil de sa carrière, il a vécu nombre de ces transformations et a aidé d’autres personnes à s’y adapter.
Il a d’abord offert des services de consultation en gestion, ce qui lui a permis d’affiner ses compétences stratégiques en gestion de problèmes. Il a par la suite cofondé une plateforme de recherche et d’offres d’emploi mettant les compétences transférables en valeur.
Alors qu’il occupait des postes de direction dans des multinationales comme Mars et Bridgestone, M. Shoenenberger a pu constater un écart grandissant entre les descriptions de poste et les parcours professionnels habituels. Aujourd’hui, en tant que consultant indépendant, il plaide en faveur de la « fluidité professionnelle », soit la capacité à se redéfinir et à utiliser ses compétences dans des contextes changeants.
« À l’époque, les descriptions de poste des entreprises étaient presque coulées dans le béton, raconte M. Schonenberger. Le titulaire du poste pouvait changer, mais le rôle, lui, restait le même. Aujourd’hui, les descriptions de poste sont en constante évolution et suivent la disponibilité de l’information ainsi que l’évolution des besoins des clients. »
Une carrière sous le signe de l’adaptabilité
M. Schonenberger prêche par l’exemple. « Je suis un ingénieur mécanicien qui n’a jamais vraiment travaillé en tant qu’ingénieur mécanicien », souligne-t-il.
Fraîchement émoulu d’une université brésilienne, il s’est lancé dans une carrière de consultant en gestion, mais a vite perdu ses illusions. « Je me suis lassé de travailler avec des fichiers PowerPoint et Excel et de faire des recommandations qui n’étaient jamais mises en application », explique-t-il.
En 2006, il a cofondé une plateforme qui avait pour objectif d’élargir les perspectives de carrière des étudiantes et étudiants d’Amérique latine.
« L’éducation est très spécialisée là-bas, indique-t-il. Un ingénieur mécanicien peut penser que le seul cheminement de carrière qui s’offre à lui est de travailler pour un constructeur automobile, comme Volkswagen, sans se rendre compte qu’il pourrait travailler dans les domaines de la finance, de la prothétique ou même de la consultation. »
En montrant comment certaines compétences sont transférables, la plateforme a ouvert des possibilités inattendues pour les personnes nouvellement sur le marché du travail et elle a créé un bassin de talent plus vaste pour les employeurs. M. Schonenberger a ensuite appliqué ces principes à l’échelle de la société lorsqu’il a travaillé pour Mars et Brigestone.
« Pour Mars, le renforcement des capacités internes représentait un facteur de succès à long terme », se souvient-il.
Les employés de Bridgestone bénéficiaient pour leur part de programmes de mentorat et de mutation qui les aidaient à percevoir leur potentiel au-delà de leur poste actuel.
« Nous comptions sur des personnes extrêmement talentueuses, mais elles étaient nombreuses à ne pas voir comment leur expertise pouvait servir ailleurs », raconte-t-il.
L’évolution des rôles
Le concept de fluidité professionnelle prend son sens lorsqu’on examine de quelle façon les emplois changent pour répondre à de nouvelles demandes. M. Schonenberger donne l’exemple d’un poste de représentant ou représentante de commerce. Il y a quelques dizaines d’années, ce rôle était souvent étroitement défini, et il consistait à visiter des clients, comme Walmart ou Costco, pour négocier les conditions de vente et la place d’un produit en magasin.
« Cet emploi est probablement resté inchangé pendant des décennies », poursuit-il.
Les personnes qui occupent aujourd’hui un tel poste doivent comprendre le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement, être au fait de l’opinion publique et être habiles en relations publiques pour que leurs produits se retrouvent sur les rayons.
« Elles peuvent avoir à expliquer en quoi leurs produits sont fabriqués de manière éthique ou sans gaspillage, explique M. Schonenberger. Bref, elles s’occupent des relations publiques, du marketing et même de la gestion de la chaîne d’approvisionnement, soit toutes des tâches qui ne faisaient pas partie de leur description de poste auparavant. »