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Une diplômée de l’Université Concordia contribue au lancement d’un réseau qui place la culture au cœur de la diplomatie internationale

Un nouvel organisme fondé à Montréal vise à renforcer les relations internationales, à favoriser la collaboration et à créer de nouvelles occasions pour les entreprises canadiennes
3 novembre 2026
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Par Ian Harrison, BComm 01


Thi Be Nguyen et Tony Loffreda se tiennent sur les marches pour poser pour une photo. Thi Be Nguyen, B. Comm. 1998, et le sénateur Tony Loffreda, B. Comm. 1985

Le tout nouveau Réseau international de diplomatie culturelle (RIDC) place la compréhension culturelle au cœur de la stratégie du Canada en matière de relations internationales, dans le but de renforcer le commerce, la diplomatie et la coopération au-delà des frontières.

Cet organisme sans but lucratif établi à Montréal rassemble des communautés culturelles, des gouvernements, des diplomates, des établissements d’enseignement et des entreprises afin d’instaurer la confiance nécessaire à l’établissement de relations internationales durables.

Thi Be Nguyen, B. Comm. 1998, est présidente et fondatrice du RIDC. Elle a lancé ce réseau en collaboration avec les présidents honoraires Louis Vachon, LL. D. 2019, ancien chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, et le sénateur Tony Loffreda, B. Comm. 1985, nommé Grand Concordien en 2024.

Une autre diplômée de Concordia, Claudia Gervais, dipl. 2e cycle 2005, présidente de l’entreprise Grace PR, siège au conseil d’administration du réseau.

« La diplomatie culturelle repose sur le respect mutuel, fait valoir Nguyen. Il s’agit de comprendre l’histoire, le parcours et les valeurs d’autrui afin de pouvoir travailler ensemble. Et ce principe s’applique à tous les domaines : pas seulement aux arts ou à l’histoire, mais aussi aux affaires, à l’éducation et à nos interactions quotidiennes. »

L’idée de ce réseau a en partie germé au cours des deux décennies que Nguyen a passées à la Banque Nationale, où elle a été active dans le secteur du commerce international et collaboré avec des partenaires d’Asie du Sud-Est. Elle a ensuite fondé et dirigé le bureau national du Conseil d’affaires Canada-ANASE (CABC), travaillant avec des gouvernements, des diplomates, des entreprises et des organisations de partout au Canada et de la région.

Ce projet a également ramené Nguyen à Concordia. En effet, le bureau canadien du CABC a été inauguré à l’École de gestion John-Molson en 2022, établissant ainsi un pôle dédié à la promotion des droits, au réseautage et à l’éducation pour le Canada et la région de l’ANASE.

Concordia participe également à l’initiative Bourses et programmes d’échanges éducationnels pour le développement Canada-ANASE, qui soutient les échanges d’études et de recherche de courte durée entre l’Université et les établissements participants de l’ANASE.

Dans le cadre de son travail au sein du CABC, Nguyen a constaté que les accords de libre-échange ne suffisaient pas à eux seuls à garantir le succès des relations commerciales, en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui cherchent à pénétrer des marchés qu’ils connaissent peu. Selon elle, la compréhension culturelle peut être tout aussi importante que le financement, la connaissance du marché et la maîtrise des accords commerciaux.

« Le commerce est important, mais il est tout aussi important de comprendre comment nous fonctionnons, quelles sont nos valeurs et comment nous pouvons œuvrer ensemble à la croissance », avance-t-elle.

Instaurer la confiance au-delà de la table de négociations

Pour le sénateur Tony Loffreda, qui a travaillé pendant 35 ans dans le secteur financier avant d’être nommé au Sénat en 2019, cette compréhension commence par l’écoute.

« La diplomatie culturelle commence par la découverte mutuelle : apprendre à connaître la langue, l’histoire, les traditions, la créativité et les points de vue de l’autre, affirme-t-il. Nous devons d’abord écouter, comprendre à qui nous avons affaire et aborder ces relations avec compassion. »

Selon lui, cette approche peut, à terme, créer des possibilités qui vont bien au-delà des échanges culturels.

« La confiance est le fondement de toute relation, et ce principe devrait s’appliquer entre les nations. Sans confiance, il est impossible de collaborer. »

Le RIDC s’est fixé trois priorités : établir des liens entre les personnes et les institutions par-delà les frontières, mobiliser les diverses communautés culturelles et de langue officielle du Canada et collaborer avec les entreprises et les réseaux commerciaux pour tirer parti de cette meilleure compréhension et créer des occasions de collaboration.

Le réseau s’inspire également d’un rapport publié en 2019 par le Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international intitulé La diplomatie culturelle à l’avant-scène de la politique étrangère du Canada, qui préconisait de faire de la diplomatie culturelle un pilier de la politique étrangère du pays.

Selon Loffreda, ce principe revêt une importance particulière lorsque les relations politiques ou économiques sont tendues. En effet, la diplomatie culturelle peut créer le climat de proximité et de confiance nécessaire pour maintenir le dialogue ouvert, même lorsque les pays concernés sont en désaccord.

« Si nous voulons que les entreprises canadiennes nouent des partenariats durables à l’étranger, il est essentiel de bien comprendre les gens avec qui nous espérons travailler », affirme-t-il.

Nguyen considère le réseau comme un complément naturel aux relations commerciales du Canada et comme une initiative qui peut s’ancrer ici même. Elle espère qu’à terme, le RIDC contribuera à promouvoir l’enseignement de la diplomatie culturelle dans les écoles secondaires canadiennes, en commençant par le Québec, et donnera de la visibilité aux leaders qui en incarnent les principes.

Pour Nguyen, cette mission revêt également une dimension profondément personnelle. Sa famille a fui le Laos après la guerre du Vietnam et a passé près d’un an dans des camps de réfugiés en Thaïlande avant de s’installer au Canada. Cette expérience a forgé sa conviction que la compréhension du passé devrait inciter les gens à aller de l’avant plutôt que de se laisser définir par celui-ci.

« Notre histoire nous permet de comprendre nos expériences, mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions rester figés dans le passé, ajoute-t-elle. Il est important de guérir, d’aller de l’avant et de trouver ce qui nous unit. »

C’est, en fin de compte, ce qu’elle espère que le RIDC contribuera à bâtir : des relations non seulement axées sur la négociation, mais également fondées sur la compréhension mutuelle.

« Nous voulons construire ensemble, conclut-elle. Nous voulons donner aux gens les moyens d’agir en tenant un discours constructif. »