Après avoir passé des décennies à se forger une carrière dans l’informatique, les affaires et la politique, Suzanne Caron, Dipl. 2e cycle 2011, n’aurait jamais imaginé que ses cours de piano la mèneraient vers une nouvelle vocation : la musicothérapie.
Au départ, Mme Caron s’était remise au piano pour se détendre après une vie professionnelle bien remplie. Au cours de sa carrière, elle avait étudié l’informatique, obtenu un MBA, développé des systèmes d’information pour des entreprises de toutes tailles et fourni des services-conseils en planification stratégique et en gestion d’entreprise – tout en élevant quatre enfants. Son engagement auprès des écoles locales l’a finalement conduite vers la politique, où elle a assumé les fonctions de conseillère municipale, puis de mairesse de la ville de Mont-Royal.
« Mes six années en politique m’ont tenue occupée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, affirme Mme Caron. On attend de vous que vous résolviez une multitude de problèmes et que vous amélioriez les services, alors que vous n’exercez qu’un pouvoir limité sur votre environnement. Ce fut une période fascinante, mais aussi stressante et épuisante. »
À la recherche d’un exutoire créatif, Suzanne Caron s’est tournée vers le piano jazz, qui lui a donné l’occasion de s’exprimer tout en prenant plaisir à jouer avec d’autres musiciens. C’est en participant à des stages d’été de jazz à l’Université de Louisville, dans le Kentucky, qu’elle a découvert le programme de musicothérapie de cet établissement.
« Je voulais savoir : est-ce que cela peut vraiment aider les gens? », se souvient-elle.
Cette question l’a incitée à reprendre ses études et à rejoindre la première cohorte du programme de 2e cycle en musicothérapie de Concordia. Lors de son premier stage, Suzanne Caron a pu constater par elle-même à quel point la musique pouvait vraiment avoir un effet positif.
Travaillant auprès d’un survivant d’un AVC qui ne parvenait plus à communiquer, Suzanne Caron lui a permis de renouer avec les souvenirs de son défunt frère, un musicien de jazz. Peu à peu, la musicothérapie l’a aidé à surmonter son deuil, et il a commencé à s’ouvrir et à nouer des liens avec les autres résidents.
Cette expérience lui a confirmé qu’elle avait trouvé sa nouvelle vocation. Plus tard, Caron a demandé à sa professeure et mentore, Guylaine Vaillancourt, pionnière de la musicothérapie, ce qu’elle espérait pour l’avenir de la profession.
« Elle m’a répondu : “J’ai toujours rêvé de voir s’ouvrir un centre de musicothérapie au Québec” », se souvient Mme Caron.
Inspirée par cette vision, Suzanne Caron a mis à profit son expérience du leadership et son réseau de contacts au sein du monde des affaires pour lancer l’Institut national de musicothérapie en 2016, dont les locaux se trouvent à Côte-des-Neiges depuis 2018.
« Notre modèle repose sur un concept interentreprises, précise Mme Caron. Nous travaillons en partenariat avec des organismes dont la clientèle pourrait bénéficier de la musicothérapie. Les collaborations commencent souvent par un projet pilote, dans le cadre duquel nous offrons des services gratuits pendant une période limitée. »
Au fil des ans, l’institut a travaillé auprès d’une clientèle diversifiée, notamment des enfants et des adultes autistes, des personnes atteintes d’aphasie ou de démence, des proches aidants, ainsi que des jeunes adultes présentant des troubles du développement ou des handicaps physiques.
Une initiative récente a vu le jour à la suite d’une demande inattendue transmise par l’intermédiaire du site Web de l’institut.
Suzanne Caron a mis à profit son expérience du leadership et son réseau de contacts au sein du monde des affaires pour lancer l’Institut national de musicothérapie en 2016.
Suzanne Caron – photographiée ici aux côtés de L. Jacques Ménard, B. Comm. 1967, LL. D. 2006, ancien chancelier de Concordia – faisait partie de la première cohorte du programme de diplôme de 2e cycle en musicothérapie de l’Université.
Séance de musicothérapie de groupe avec Stephen Venkataragam.