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La diplômée de Concordia Suzanne Caron a découvert sa nouvelle vocation dans la musicothérapie

Après une carrière dans le monde des affaires et en politique, Suzanne Caron a fondé un institut destiné à sensibiliser le public et à faciliter l’accès à la musicothérapie et à ses bienfaits
8 septembre 2026
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Par Emily Southwood


Portrait de Suzanne Caron. Suzanne Caron a mis à profit son expérience du leadership et son réseau de contacts au sein du monde des affaires pour lancer l’Institut national de musicothérapie en 2016.

Après avoir passé des décennies à se forger une carrière dans l’informatique, les affaires et la politique, Suzanne Caron, Dipl. 2e cycle 2011, n’aurait jamais imaginé que ses cours de piano la mèneraient vers une nouvelle vocation : la musicothérapie.

Au départ, Mme Caron s’était remise au piano pour se détendre après une vie professionnelle bien remplie. Au cours de sa carrière, elle avait étudié l’informatique, obtenu un MBA, développé des systèmes d’information pour des entreprises de toutes tailles et fourni des services-conseils en planification stratégique et en gestion d’entreprise – tout en élevant quatre enfants. Son engagement auprès des écoles locales l’a finalement conduite vers la politique, où elle a assumé les fonctions de conseillère municipale, puis de mairesse de la ville de Mont-Royal.

« Mes six années en politique m’ont tenue occupée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, affirme Mme Caron. On attend de vous que vous résolviez une multitude de problèmes et que vous amélioriez les services, alors que vous n’exercez qu’un pouvoir limité sur votre environnement. Ce fut une période fascinante, mais aussi stressante et épuisante. »

À la recherche d’un exutoire créatif, Suzanne Caron s’est tournée vers le piano jazz, qui lui a donné l’occasion de s’exprimer tout en prenant plaisir à jouer avec d’autres musiciens. C’est en participant à des stages d’été de jazz à l’Université de Louisville, dans le Kentucky, qu’elle a découvert le programme de musicothérapie de cet établissement.

« Je voulais savoir : est-ce que cela peut vraiment aider les gens? », se souvient-elle.

Cette question l’a incitée à reprendre ses études et à rejoindre la première cohorte du programme de 2e cycle en musicothérapie de Concordia. Lors de son premier stage, Suzanne Caron a pu constater par elle-même à quel point la musique pouvait vraiment avoir un effet positif.

Travaillant auprès d’un survivant d’un AVC qui ne parvenait plus à communiquer, Suzanne Caron lui a permis de renouer avec les souvenirs de son défunt frère, un musicien de jazz. Peu à peu, la musicothérapie l’a aidé à surmonter son deuil, et il a commencé à s’ouvrir et à nouer des liens avec les autres résidents.

Cette expérience lui a confirmé qu’elle avait trouvé sa nouvelle vocation. Plus tard, Caron a demandé à sa professeure et mentore, Guylaine Vaillancourt, pionnière de la musicothérapie, ce qu’elle espérait pour l’avenir de la profession.

« Elle m’a répondu : “J’ai toujours rêvé de voir s’ouvrir un centre de musicothérapie au Québec” », se souvient Mme Caron.

Inspirée par cette vision, Suzanne Caron a mis à profit son expérience du leadership et son réseau de contacts au sein du monde des affaires pour lancer l’Institut national de musicothérapie en 2016, dont les locaux se trouvent à Côte-des-Neiges depuis 2018.

« Notre modèle repose sur un concept interentreprises, précise Mme Caron. Nous travaillons en partenariat avec des organismes dont la clientèle pourrait bénéficier de la musicothérapie. Les collaborations commencent souvent par un projet pilote, dans le cadre duquel nous offrons des services gratuits pendant une période limitée. »

Au fil des ans, l’institut a travaillé auprès d’une clientèle diversifiée, notamment des enfants et des adultes autistes, des personnes atteintes d’aphasie ou de démence, des proches aidants, ainsi que des jeunes adultes présentant des troubles du développement ou des handicaps physiques.

Une initiative récente a vu le jour à la suite d’une demande inattendue transmise par l’intermédiaire du site Web de l’institut.

Un homme et une femme, vêtus de toges de remise des diplômes, se serrent la main et sourient. Suzanne Caron – photographiée ici aux côtés de L. Jacques Ménard, B. Comm. 1967, LL. D. 2006, ancien chancelier de Concordia – faisait partie de la première cohorte du programme de diplôme de 2e cycle en musicothérapie de l’Université.

« Un homme atteint de la maladie de Parkinson a communiqué avec nous parce qu’il ne pouvait plus jouer de la guitare et pensait que la batterie serait peut-être plus accessible. Il souhaitait continuer à faire de la musique », relate Suzanne Caron.

Cette conversation a débouché sur un partenariat avec Parkinson Québec et un programme pilote de cercle de percussions animé par le musicothérapeute Stephen Venkatarangam, B. Bx-arts 2009; Dipl. 2e cycle 2015; M.A. 2017; Ph. D. 2025. Dix personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont participé à des séances hebdomadaires en groupe conçues pour favoriser la motricité fine et globale tout en stimulant l’attention, la mémoire et d’autres fonctions cognitives.

« Les personnes participantes ont travaillé fort, mais ont également partagé une expérience très positive en développant de nouvelles compétences dans un environnement bienveillant et exempt de tout jugement », témoigne Suzanne Caron.

Au-delà de l’élargissement de l’accès aux services de musicothérapie, Suzanne Caron s’attache à sensibiliser le public et à mieux faire comprendre ce qu’est la musicothérapie. Parmi les réalisations dont elle est particulièrement fière figure la base de données consultable sur la musicothérapie de l’institut, qui donne accès à des publications scientifiques, à des articles de vulgarisation et à des références vidéo. Alejandra Arevalo, M.A. 2025, et Lianna Powers, M.A. 2020, contribuent à la gestion de cette sélection de références en ligne.

L’institut entretient également des liens étroits avec Concordia, accueillant chaque année des étudiantes et étudiants pour leur faire découvrir ses activités et explorer des possibilités de collaboration future.

En ce qui concerne l’avenir, la vision de Suzanne Caron reste axée sur la croissance. Elle compte nouer de nouveaux partenariats, élargir l’offre de programmes et rendre la musicothérapie encore plus accessible.

« Nous proposons un espace sûr permettant aux gens de découvrir que jouer de la musique sous la direction d’un musicothérapeute peut contribuer à leur mieux-être, fait-elle valoir. C’est gratifiant de pouvoir leur offrir des moments de bien-être, de paix et de plaisir, aussi difficile que puisse être leur vie quotidienne. »

Six personnes sont assises en cercle, avec des tambours devant elles. Séance de musicothérapie de groupe avec Stephen Venkataragam.


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