« Je voulais parler de cinéma du matin au soir et apprendre à devenir cinéaste, se souvient-il. Et c’est exactement ce que j’ai fait. »
Peu après l’obtention de son diplôme, M. Lafalaise commence à collaborer avec d’autres cinéastes haïtiens à la réalisation de courts métrages explorant les thèmes fantastiques, mystérieux et surnaturels qui le fascinent depuis sa jeunesse.
Tout en poursuivant sa carrière artistique, Éric Lafalaise acquiert également une solide expérience des coulisses de l’industrie cinématographique. Il travaille comme analyste à Vidéotron avant de gérer la distribution pour Cineflix, puis pour D-BOX Technologies, dont les sièges à technologie de mouvement haptique sont utilisés dans des salles de cinéma du monde entier.
« Travailler avec des cinémas au Japon, au Brésil et dans de nombreux autres pays a été extrêmement formateur. J’ai pu mieux comprendre le fonctionnement de l’industrie de la distribution en salles », poursuit-il.
Cette perspective internationale trouve ses origines à Concordia. Les cours qu’il y suit l’exposent à diverses traditions cinématographiques du monde, ce qui enrichit sa compréhension de l’art du récit. « Les cours sur le cinéma asiatique ou le cinéma européen m’ont beaucoup servi dans mon travail à D-BOX », souligne-t-il.
Aujourd’hui, Les Studios de la Marque Rouge servent à la fois de laboratoire créatif pour les projets d’Éric Lafalaise et de tremplin pour la relève cinématographique. Parmi les productions en cours figure Earthquake Weapon, un long métrage racontant l’histoire d’un jeune Montréalais qui fait découvrir la diversité culturelle de sa ville à ses amis lorsqu’un attentat à la bombe survient à Toronto et qu’il se retrouve accusé de l’avoir orchestré.
« J’aimerais que Les Studios de la Marque Rouge aident les jeunes créatrices et créateurs à développer leur réseau et à favoriser les collaborations, indique M. Lafalaise. Je veux leur permettre de se professionnaliser dès le début de leur parcours. » Accompagner la relève est d’ailleurs devenu l’un des aspects les plus gratifiants de son travail.
« Transmettre ce que j’ai appris est essentiel pour moi, affirme-t-il. Les cinéastes doivent parfois se poser des questions difficiles : comment représentons-nous la société à l’écran? Est-ce le bon moment pour raconter cette histoire? »
Pour Éric Lafalaise, le cinéma a toujours été bien plus qu’un simple moyen de créer l’effroi. Des films d’horreur regardés la nuit et qui l’aidaient à comprendre une enfance marquée par l’instabilité aux projets qu’il met aujourd’hui en œuvre, il voit dans le cinéma un outil pour explorer les zones d’incertitude, remettre en question les idées reçues et trouver un sens au milieu du chaos.
Éric Lafalaise (à droite) sur le plateau avec le réalisateur CP Simonise. | Crédit : Dimitri Rousseau
« Quand je regardais un film d’horreur, le chaos de la vie réelle me semblait plus logique. » explique Éric Lafalaise.