En avril dernier, quand Sam Bendavid, B. Ing. 2002, est devenu chef de la direction de TC Transcontinental, il a pris les rênes d’une entreprise qu’il a contribué à transformer depuis 18 ans.
Il y a notamment orchestré la vente de la division d’emballage pour 2,1 milliards de dollars, quelques semaines à peine avant sa nomination. Cette décision n’était pas impulsive : les marchés boursiers sous-évaluaient l’entreprise, et la consolidation de l’industrie obligeait à trancher entre investir davantage ou se retirer.
L’entreprise a choisi le retrait et s’en est bien tirée, mais Bendavid n’avait pas prévu que cette opération lui ouvrirait la voie pour accéder à la direction.
En vérité, bien peu de choses dans son parcours professionnel étaient planifiées. Par exemple, s’il s’est inscrit en génie logiciel à l’Université Concordia, c’était simplement « pour faire comme ses amis », avoue-t-il.
Il obtient son diplôme en 2002, durant la période sombre qui suit l’éclatement de la bulle Internet, et décroche un poste en finance quantitative – un rôle hybride d’élaboration de modèles calculatoires qui cadre avec sa formation et est ce qu’il trouve de mieux parmi les occasions d’emploi du moment.
En 2008, il se joint à TC Transcontinental en tant qu’analyste au sein de l’équipe des fusions et acquisitions, après être tombé sur une offre d’emploi.
« Un pur hasard », affirme-t-il.
La suite est tout sauf le fruit du hasard : pendant 18 ans, Bendavid gravit les échelons, pilote des acquisitions majeures – dont celle de Coveris Americas en 2018 –, puis passe aux opérations avec des responsabilités de gestion des résultats, notamment à la tête de la division des revêtements spécialisés et de l’approvisionnement. Il reprend ensuite en main le développement de la société avant d’accéder au poste de chef de la direction.
Au fil des ans, d’autres entreprises tentent de le recruter, mais il décline chaque offre.
« La culture à TC Transcontinental est incroyable, et les défis le sont tout autant. Même après 18 ans, c’est toujours aussi passionnant que le premier jour », confie-t-il.
Par moments, il prend la mesure du chemin qu’il a parcouru.
Lorsqu’on lui demande ce qui l’a mené de ses études en génie logiciel à la direction d’une grande entreprise, il souligne la valeur durable de sa formation. « Avec le recul, choisir ce domaine est sans doute la meilleure décision que j’ai prise. »
Pour lui, la réussite se construit un pas à la fois : « Un jour, on se retourne et on réalise qu’on a gravi l’Everest. »
Par ailleurs, son diplôme de l’actuelle École de génie et d’informatique Gina-Cody se révèle plus utile qu’il ne l’avait imaginé. Dans le milieu de la haute direction, Bendavid affirme être souvent le seul à pouvoir discuter avec aisance de logiciels, d’intelligence artificielle et de technologies.
Selon lui, ses cours en interface utilisateur et en utilisabilité, qui portent sur la façon dont les gens interagissent avec les produits, l’ont doté d’une perspective précieuse.
« Ma formation me permet de voir les choses un peu différemment, explique-t-il. Pas seulement en matière de création de produits, mais aussi de facilité d’utilisation, d’attrait et de capacité à susciter l’intérêt. »
Une grille d’analyse qu’il continue d’appliquer lorsqu’il évalue une entreprise.
Bendavid a mené ses études à terme parce qu’il a une disposition naturelle à achever ce qu’il entreprend. Cette qualité l’a conduit loin, et il la met aujourd’hui au service d’une entreprise ayant connu d’importantes transformations, avec l’ambition d’en relancer la croissance.
À l’heure d’ouvrir un nouveau chapitre à TC Transcontinental, il a formulé un mot d’ordre simple pour mobiliser ses équipes : « Tout le monde vend, tout le monde économise, tout le monde transforme ».
Une devise qui, dit-il, se veut le reflet d’une culture où croissance, rigueur et innovation sont des responsabilités partagées, et non le mandat d’une seule unité.