Aller au contenu principal

Comment Lesley Crewe a transformé des anecdotes du quotidien en une nouvelle carrière à l’âge de 50 ans

L’autrice à succès rallie un fidèle lectorat grâce à des dizaines d’années d’observation
5 mai 2026
|
Par David Silverberg


Une femme souriante tient ses lunettes en main

Tout au long de son adolescence passée à Montréal – puis, plus tard, pendant ses études à Concordia –, Lesley Crewe, B.A. 1977, attendait avec impatience d’aller passer ses vacances d’été au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, pour rendre visite à sa famille.

« J’adorais m’asseoir autour de la table de cuisine avec ma mère, ma grand-mère et ses sœurs pour écouter leurs récits sur les gens des petites villes », relate Mme Crewe depuis sa maison de Homeville, au Cap-Breton. « C’étaient des anecdotes toutes simples – comme celle de cette organiste qui s’était précipitée dans l’allée pendant un office religieux, pour ensuite expliquer à tout le monde qu’elle avait laissé une tarte dans le four. »

Ces moments passés autour de la table de cuisine sont restés gravés dans la mémoire de Mme Crewe pendant des décennies. Après avoir élevé ses enfants et travaillé pendant de nombreuses années comme rédactrice pour divers magazines, elle a décidé d’écrire son premier roman à l’âge de 50 ans.

« Je ne m’étais jamais considérée comme une écrivaine, mais j’avais toutes ces notes tirées de mon journal intime, alors je me suis dit : autant en faire quelque chose », raconte-t-elle en évoquant son premier grand succès.

Le premier roman de Lesley Crewe, Relative Happiness (« un bonheur relatif » – Nimbus Publishing, 2014), qui met en scène quatre sœurs en quête d’amour et de bonheur, a touché une corde sensible chez les lecteurs. Lesley Crewe s’est rapidement constitué un public fidèle, et son éditeur l’a encouragée à poursuivre sur cette lancée.

« J’ai des fans prêts à acheter n’importe quel livre sur lequel figure mon nom », rigole-t-elle.

Depuis lors, Lesley Crewe a publié dix-sept romans, dont certains ont pour cadre le Cap-Breton et s’articulent autour des dynamiques familiales, de l’humour et des tensions subtiles de la vie quotidienne.

Son plus récent roman – The Spirit of Scatarie (« l’esprit de Scatarie », 2025), dont l’intrigue est campée sur une île isolée au large du Cap-Breton –, met en scène trois amis dont le destin est façonné par l’histoire, leur milieu et leurs relations mutuelles.

L’autrice cultive une fascination particulière pour les décennies passées. « J’adore me replonger dans des époques où la vie était plus simple – les années 1950, 1960 – et écrire sur ces menus détails dans lesquels tout le monde peut se reconnaître, comme un sac à main qui se referme d’un coup sec ou ce tiroir rempli de bric-à-brac que nous avons tous. »

Couverture du livre : L'esprit de Scatarie

S’inspirer du quotidien

Après avoir obtenu son diplôme du Département des sciences de l’éducation de Concordia, Lesley Crewe et son mari se sont installés au Cap-Breton pour fonder une famille. Devenue mère au foyer pour s’occuper de son fils et de sa fille, Mme Crewe a commencé à écrire des chroniques pour des organes de presse tels que Cape Breton’s Magazine et The Chronicle Herald.

Ces années, ainsi que les souvenirs et les événements qui les ont ponctuées, allaient plus tard lui inspirer plusieurs de ses œuvres de fiction.

Par exemple, l’expérience qu’elle a vécue lorsque son mari a dû subir une chirurgie cardiaque lui a inspiré son roman Death and Other Inconveniences (« la mort et autres désagréments », 2024).

« Je me suis rendu compte que si John venait à mourir, je ne saurais pas comment m’occuper de toutes ces tâches à la maison, comme utiliser la souffleuse à neige », confie-t-elle. « J’ai donc écrit ce livre sur une femme qui perd son conjoint et dont la vie bascule du jour au lendemain. »

Le prochain projet littéraire de Mme Crewe est un roman historique dont l’action se déroule à Baddeck, village du Cap-Breton ayant servi de résidence d’été et de base de recherche à Alexander Graham Bell et à son épouse.

« C’est une époque fantastique, et je ressens une irrépressible envie d’écrire sur cette île », confie Mme Crewe, renouant ainsi avec ce genre d’histoires autrefois racontées autour de la table.



Retour en haut de page

© Université Concordia