Tout au long de son adolescence passée à Montréal – puis, plus tard, pendant ses études à Concordia –, Lesley Crewe, B.A. 1977, attendait avec impatience d’aller passer ses vacances d’été au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, pour rendre visite à sa famille.
« J’adorais m’asseoir autour de la table de cuisine avec ma mère, ma grand-mère et ses sœurs pour écouter leurs récits sur les gens des petites villes », relate Mme Crewe depuis sa maison de Homeville, au Cap-Breton. « C’étaient des anecdotes toutes simples – comme celle de cette organiste qui s’était précipitée dans l’allée pendant un office religieux, pour ensuite expliquer à tout le monde qu’elle avait laissé une tarte dans le four. »
Ces moments passés autour de la table de cuisine sont restés gravés dans la mémoire de Mme Crewe pendant des décennies. Après avoir élevé ses enfants et travaillé pendant de nombreuses années comme rédactrice pour divers magazines, elle a décidé d’écrire son premier roman à l’âge de 50 ans.
« Je ne m’étais jamais considérée comme une écrivaine, mais j’avais toutes ces notes tirées de mon journal intime, alors je me suis dit : autant en faire quelque chose », raconte-t-elle en évoquant son premier grand succès.
Le premier roman de Lesley Crewe, Relative Happiness (« un bonheur relatif » – Nimbus Publishing, 2014), qui met en scène quatre sœurs en quête d’amour et de bonheur, a touché une corde sensible chez les lecteurs. Lesley Crewe s’est rapidement constitué un public fidèle, et son éditeur l’a encouragée à poursuivre sur cette lancée.
« J’ai des fans prêts à acheter n’importe quel livre sur lequel figure mon nom », rigole-t-elle.
Depuis lors, Lesley Crewe a publié dix-sept romans, dont certains ont pour cadre le Cap-Breton et s’articulent autour des dynamiques familiales, de l’humour et des tensions subtiles de la vie quotidienne.
Son plus récent roman – The Spirit of Scatarie (« l’esprit de Scatarie », 2025), dont l’intrigue est campée sur une île isolée au large du Cap-Breton –, met en scène trois amis dont le destin est façonné par l’histoire, leur milieu et leurs relations mutuelles.
L’autrice cultive une fascination particulière pour les décennies passées. « J’adore me replonger dans des époques où la vie était plus simple – les années 1950, 1960 – et écrire sur ces menus détails dans lesquels tout le monde peut se reconnaître, comme un sac à main qui se referme d’un coup sec ou ce tiroir rempli de bric-à-brac que nous avons tous. »