Diplômé de l’École Gina-Cody, Shreyas V. Movva est « l’un des meilleurs joueurs de cricket du pays »

Il entend propulser le Canada jusqu’à la Coupe du monde
17 février 2022
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Par Ian Harrison, BComm 01

Shreyas V. Movva « C’est Concordia qui m’a amené à jouer au cricket à Montréal », affirme Shreyas V. Movva (M. Ing. 2019). | Photo: David St. Amant, CBC

À une certaine époque, Shreyas V. Movva (M. Ing. 2019) doutait de faire un jour partie de l’élite du cricket.

La confiance du batteur et gardien de guichet avait en effet été ébranlée après un match de tournoi difficile dans son État natal du Karnataka, en Inde. Frustré, il s’était effondré devant un coéquipier.

« L’entraîneur et les sélectionneurs de l’équipe avaient placé de grands espoirs en moi, se souvient le titulaire d’une maîtrise en génie logiciel de l’Université Concordia. Et j’avais failli à la tâche. »

Sa rédemption n’a pas tardé lorsqu’il a marqué 150 courses au match suivant.

Réaliser un century – c’est-à-dire marquer 100 courses ou plus – constitue un exploit remarquable pour un batteur. Le faire sous les yeux d’un joueur légendaire dans les gradins est la cerise sur le gâteau.

« Mon père était un fast bowler et il me disait souvent que Gundappa Viswanath était le meilleur batteur qu’il avait jamais vu. Il était là pour voir jouer son fils – à qui je donnais du fil à retordre. M. Viswanath est venu me voir après le match et m’a félicité. »

Gina Cody and Shreyas V. Movva Avec Gina Cody (M. Ing 1981, Ph. D. 1989) lors de la collation des grades de 2019.

Si Shreyas V. Movva fait preuve de la même maîtrise sur la piste en février à Mascate, capitale d’Oman, le Canada pourrait pour la première fois se qualifier pour l’ICC Men’s T20 World Cup, qui se disputera en octobre et novembre en Australie (le T20, ou Twenty20, est une forme du jeu moins longue que le One Day International et le Test cricket).

Comme nombre d’athlètes de compétition, le jeune homme préfère ne pas se risquer à un pronostic. Il estime toutefois que le Canada a de bonnes chances de se qualifier pour l’événement, où son équipe pourrait se mesurer à des titans du sport tels que l’Inde, l’Angleterre et l’Australie dans de vénérables enceintes comme l’Adelaide Oval et le Melbourne Cricket Ground, qui peut accueillir 100 000 partisans.

« L’avenir me semble fort prometteur, affirme M. Movva depuis une chambre d’hôtel de Toronto, où s’entraîne l’équipe canadienne de T20. Notre entraînement se déroule très bien et nous venons tout juste de livrer une excellente performance aux épreuves de qualification régionales d’Antigua, où certains de nos joueurs étaient pourtant absents. Or, notre équipe sera complète à Oman. »

Il est rare pour les joueurs de cricket du Québec de se qualifier pour l’équipe nationale du Canada. Shreyas V. Movva est en fait le premier joueur de la province à y parvenir en 12 ans.

« M. Movva est l’un des meilleurs du pays, affirme Subrata Mandal, de la Quebec Cricket Federation. Il lit bien le jeu et possède une véritable qualité de capitaine. C’est pourquoi il a pu intégrer l’équipe. »

Réussite au cricket, réussite dans la vie

Selon Shreyas V. Movva, c’est Concordia qui l’a mené vers la communauté du cricket à Montréal, lorsqu’il est arrivé en 2016, fraîchement diplômé de l’Université technologique Visvesvaraya, à Belagavi, dans l’État indien du Karnataka.

« J’ai écrit à un ami qui étudiait à Concordia, et lorsque je suis arrivé, il m’a aidé à trouver une équipe. Peu après, j’ai pris part à un tournoi où un groupe d’amis représentaient non officiellement l’Université. J’ai bien joué, et c’est ce qui a lancé mon parcours en cricket ici. »

S’il admet que l’adaptation à l’hiver n’a pas été facile, M. Movva a su par la suite habilement jongler avec ses cours de cycles supérieurs (le mérite revenant selon lui à Stuart Thiel et Joey Paquet, professeurs à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody), son emploi à temps partiel dans un restaurant très fréquenté du centre-ville et ses séances d’entraînement de cricket.

« C’est la beauté du sport de compétition, explique-t-il. Il exige beaucoup de moi, mais j’apprécie la discipline et la routine, qui m’ont aidé dans d’autres aspects de ma vie. »

Cricket player Shreyas V. Movva « Il lit bien le jeu et possède une véritable qualité de capitaine. C’est pourquoi il a pu intégrer l’équipe », affirme Subrata Mandal, de la Quebec Cricket Federation. | Photo: Dave St. Amant, CBC

Greg Adourian, président de 123Loadboard, a constaté dès le départ que le diplômé de Concordia était apte à accomplir de multiples tâches. M. Movva travaille comme analyste de la qualité logicielle pour l’entreprise technologique montréalaise, qui fournit des services logistiques aux camionneurs. Il affirme que la direction s’est gracieusement accommodée à sa carrière de joueur de cricket, qui l’occupe beaucoup et l’amène souvent à voyager.

« Shreyas s’est tout de suite distingué par son esprit travailleur, souligne sa gestionnaire, Diana Metzen. Notre choix s’est arrêté sur lui en raison de son sens de la collaboration et de la communication, qui favorise le travail d’équipe, ainsi que de sa capacité à composer avec un horaire complexe. »

« Shreyas accomplit des choses exceptionnelles et extraordinaires. Le moins qu’on puisse faire est de l’appuyer », ajoute M. Adourian.

La famille de M. Movva s’est avérée un autre pilier essentiel tout au long de son odyssée. Sa mère et sa sœur l’ont notamment soutenu à chaque étape.

« Lorsque j’ai éprouvé des difficultés durant ce tournoi, ma mère m’a dit : “vouloir, c’est pouvoir”. Puis, au cours de ma maîtrise, ma sœur m’a beaucoup aidé mentalement, émotionnellement et financièrement. »

L’objectif principal de Shreyas V. Movva est maintenant de permettre au Canada de se qualifier pour la Coupe du monde de T20, qui se tiendra plus tard cette année. Une autre de ses ambitions est liée à son alma mater.

« J’adorerais contribuer à mettre sur pied un programme de cricket à Concordia. Je pense qu’une telle initiative bénéficierait du soutien des étudiants et étudiantes de l’Asie du Sud, des Caraïbes et possiblement d’autres groupes à l’Université. »

Il ajoute qu’un appui soutenu des partisans attirerait des commanditaires et favoriserait la croissance du sport dans tout le Canada.

Il ne lui reste qu’à aider son équipe à décrocher ses billets pour l’Australie.



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