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Les jeunes qui présentent un comportement perturbateur et une personnalité indifférente ou dépourvue d’émotions ont besoin d’un large éventail de traitements, selon une étude de l’Université Concordia

La hiérarchisation des cibles thérapeutiques peut aider les parents, les cliniciens et les chercheurs à adapter les traitements
1 septembre 2026
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A smiling woman on a college campus
« Même si les résultats n’indiquent pas de nouvelle voie thérapeutique à explorer, ils fournissent aux concepteurs de traitements une feuille de route présentant différents domaines définis en concertation avec les parties prenantes », affirme Joyce Lui.

Les enfants et les adolescents qui présentent un comportement perturbateur posent un défi de taille à leur entourage. Cependant, lorsque leurs parents sollicitent un traitement psychologique pour des symptômes tels que l’agressivité, la rébellion et les infractions graves aux règles, les cliniciens et les chercheurs ne s’entendent pas toujours sur les meilleures approches à adopter.

Cette tendance peut être encore plus marquée lorsque l’enfant présente des traits de caractère indifférents ou dépourvus d’émotions, tels qu’une empathie réduite, un sentiment de culpabilité limité et un manque de souci envers autrui.

Dans le cadre d’un nouvel article paru dans la revue BMC Psychology, une équipe de chercheuses de l’Université Concordia a consulté parents, scientifiques et professionnels de la santé mentale afin de cerner et de hiérarchiser les enjeux à traiter.

À l’aide d’une méthode reposant sur le consensus, ces trois groupes ont défini 26 cibles thérapeutiques pour les enfants et 30 pour les adolescents comme étant hautement prioritaires.

Pour les enfants âgés de 3 à 12 ans, les principales priorités concernaient le milieu familial. Il s’agissait notamment d’une parentalité incohérente, d’un faible engagement parental et de croyances parentales négatives à l’égard de l’enfant. On a également reconnu l’importance des compétences émotionnelles – telles que l’empathie et la capacité à réguler ses émotions – ainsi que de certains facteurs scolaires et environnementaux.

Chez les adolescents âgés de 13 à 18 ans, les facteurs familiaux et éducatifs demeuraient importants, mais la liste des priorités s’élargissait. Les spécialistes ont priorisé les cibles liées aux pairs et aux aspects émotionnels, en particulier les difficultés en matière d’empathie, de gestion des émotions et de motivation par rapport au changement.

Plusieurs facteurs cognitifs ont également été jugés prioritaires, notamment les valeurs et les objectifs déviants, de même que les problèmes de raisonnement moral. Les comportements agressifs, rebelles et liés à la conduite restaient une cible thérapeutique centrale pour les deux tranches d’âge.

« Même si les résultats n’indiquent pas de nouvelle voie thérapeutique à explorer, ils fournissent aux concepteurs de traitements une feuille de route présentant différents domaines définis en concertation avec les parties prenantes », affirme Joyce Lui, professeure adjointe au Département de psychologie de Concordia et auteure source de l’article.

« Ce constat peut nous aider à déterminer quels éléments il conviendrait d’intégrer dans les traitements afin d’améliorer réellement leur efficacité, ainsi qu’à réfléchir à l’ordre et au dosage des traitements dans le cadre de travaux futurs. »

Des objectifs réalistes

Pour les besoins de l’étude, l’équipe de recherche a eu recours à une méthode Delphi adaptée afin de parvenir à un consensus parmi les spécialistes. Elle a consulté un panel de 86 parents, cliniciens et chercheurs, et leur a demandé d’évaluer 42 cibles potentielles dans les domaines comportemental, émotionnel, cognitif, familial, des relations avec les pairs, scolaire et de la personnalité.

Les cibles relatives aux enfants et aux adolescents ont été évaluées séparément. L’évaluation a également tenu compte de la faisabilité dans des situations concrètes – un aspect important compte tenu des ressources limitées, ajoute Joyce Lui.

Le panel a finalement défini 26 cibles hautement prioritaires pour les enfants et 30 pour les adolescents. Parmi celles-ci, 13 cibles relatives aux enfants et 17 relatives aux adolescents ont été jugées au moins modérément atteignables dans le cadre de soins externes.

Les chercheuses ont aussi constaté que certaines priorités liées aux pairs et à l’école pourraient nécessiter une implication accrue des institutions extérieures aux milieux cliniques – en particulier les établissements d'enseignement – ainsi qu’une meilleure coordination avec celles-ci.

Fait important, les chercheuses soulignent que les traitements ne doivent pas se limiter à la simple réduction des comportements perturbateurs. La Pre Lui fait remarquer que de nombreux traitements de ce type existent déjà et donnent de bons résultats. Ces traitements doivent plutôt être élargis afin de prendre en compte les tensions émotionnelles, cognitives et relationnelles associées aux traits de caractère indifférents ou dépourvus d’émotions, particulièrement chez les adolescents.

« À notre connaissance, il n’existe aucun traitement spécialement conçu pour ce sous-groupe de personnes indifférentes et dépourvues d’émotions, et les résultats sont assez mitigés lorsque le traitement standard est adapté pour être appliqué à ces cas », souligne Joyce Lui.

« D’autres recherches sont donc nécessaires pour déterminer la meilleure façon de prendre en charge ces jeunes, mais il importe de souligner que ces traits de caractère ne sont pas immuables. Ces jeunes peuvent être traités, et des mesures peuvent être prises pour améliorer leur situation et atténuer ces caractéristiques. »

Jennifer Diep, doctorante, et Ellfie Chen, B.A. 2025, ont corédigé l’étude. Celle-ci a été financée par la subvention John-et-Polly-Sparks de l’American Psychological Foundation, destinée aux chercheuses et chercheurs en début de carrière.

Lisez l’article : « Prioritizing treatment targets for youths with disruptive behaviours and callous-unemotional traits: a modified Delphi study ».



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