Une conversation de L’université autrement : dans les cafés examine la signification du travail et du repos pour les communautés autochtones et noires
Le 21 avril prochain, les voix autochtones et noires seront au centre d’une nouvelle conversation publique tenue par L’université autrement dans les cafés sur le thème du travail racialisé et du repos comme forme de résistance.
Organisée par le Bureau de l’engagement communautaire (BEC) et la Galerie Leonard & Bina Ellen, la conversation publique – Du labeur à la révolte, puis au repos : en quoi le repos peut-il être envisagé comme une pratique libératrice? – s’inspire de l’exposition Labeur et de l’ouvrage de Tricia Hersey, Rest as Resistance: A Manifesto (Le repos comme résistance : un manifeste).
Programme phare du BEC, L’université autrement : dans les cafés propose des échanges bilingues gratuits aux personnes de tous les âges, horizons et niveaux de scolarité.
Le repos en tant qu’acte radical de bienveillance
La coorganisatrice Kristen Young, qui est également coordonnatrice de l’engagement auprès de la communauté noire, précise que cette conversation est l’occasion d’examiner les systèmes qui donnent la priorité à la productivité au détriment du bien-être et d’analyser le rôle du repos dans les processus de guérison.
« Nous vivons et travaillons collectivement dans un monde capitaliste qui valorise notre productivité et notre capacité à produire même quand nous ne sentons pas bien, explique-t-elle. À l’inverse, les pratiques artistiques, décoloniales et ancestrales sont axées sur nos besoins et nous enseignent à donner la priorité à notre bien-être et à prendre soin de nous-mêmes et de notre milieu avant tout. »
Il arrive souvent que ces deux visions s’affrontent, note Mme Young.
Bien que les participants seront encouragés à faire part de leur expérience de vie et des moyens qu’ils prennent pour faire du repos un acte radical de bienveillance, Mme Young souligne que l’activité s’adresse à tout le monde.
« Il n’est pas nécessaire de connaître le sujet. Nous encourageons tous les gens à participer, quel que soit leur parcours, afin de se renseigner, de faire des rencontres et de savourer les rafraîchissements préparés par un traiteur autochtone local. »
Katsitsanoron Dumoulin-Bush et Kat Charles prendront la parole au cours de cette soirée. Selon Mme Young, ces deux personnes sont « des artistes et des praticiennes qui misent sur la pensée décoloniale comme moyen de mettre en valeur les identités autochtones et noires. »
« Par l’entremise de leurs travaux, elles réfléchissent sur l’utilisation du travail d’une façon qui soit honorable pour soi-même et la collectivité et de manière qu’il soit un vecteur de guérison et de libération plutôt qu’un moyen de production au service du capitalisme et des systèmes coloniaux », précise-t-elle.
Une discussion franche et ouverte
Prakash Krishnan, qui est coordonnateur des programmes publics et éducatifs de la galerie, agira en tant que modérateur. Il estime que l’activité sera l’occasion d’avoir une « conversation franche et ouverte sur le rôle que le repos doit jouer dans les vies de personnes constamment contraintes d’accomplir diverses formes de travail racialisées, qui, souvent, ne sont ni reconnues ni rémunérées. »
« L’art contemporain, tout particulièrement celui de PANDC (personnes autochtones, noires et de couleur) peut indéniablement attirer l’attention sur des manières de vivre différentes et sur la création de coalitions prenant pour socle nos propres cultures, histoires, savoirs, pratiques et cérémonies », ajoute-t-il.
Mme Young est d’avis que l’activité incitera également les participants à visiter l’exposition Labeur, qui lève le voile sur le travail invisible des personnes colonisées à travers le temps au moyen d’installations immersives et interdisciplinaires.
Sous la direction d’Ingrid Jones, Labeur met en vedette huit artistes noirs et autochtones originaires de l’Île de la Tortue, soit Natalie Asumeng, La Tanya S. Autry, Tony Cokes, Chantal Gibson, Tanya Lukin Linklater, Kosisochukwu Nnebe, Leanne Betasamosake Simpson et Martine Syms.
Leurs œuvres plongent au cœur de la violence systémique et raciale en alternant les thèmes du travail, de la révolte et du repos.
L’exposition, présentée jusqu’au 25 avril, est gratuite et ouverte au public.
La conversation Du labeur à la révolte, puis au repos : en quoi le repos peut-il être envisagé comme une pratique libératrice? aura lieu le 21 avril à 19 h au centre d’art autochtone autogéré daphne, situé dans le quartier montréalais du Mile-End. Aucune inscription n’est requise.