Kite
Iron Road
Iron Road, 2021, installation multimédia : vidéo, cailloux, 29’33

Vue d'installation d'Opening, opening, opening, opening, opening, opening, opening, opening, opening 2025, pierres, rêves, partition visuelle. Photo: Rik Sferra
À propos du projet
Depuis plusieurs années, Kite utilise le Lakȟóta Shape Kit (LSK), un langage visuel géométrique inspiré de la sémiotique lakȟóta que l’on retrouve notamment dans les motifs de perlage et de broderie en piquants de porc-épic, afin de créer des compositions qui interprètent des récits, des rêves personnels et les rêves d’autres personnes.
Dans Iron Road, l’artiste collabore avec des membres de sa famille élargie afin d’examiner leurs liens intimes et ancestraux avec les pierres et les récits qu’elles portent. Cette composition de pierres interprète l’histoire de l’arrière-arrière-arrière-grand-mère de l’artiste, Iron Road, et sa fuite lors du massacre de Wounded Knee en 1890. Ces formes géométriques retracent le parcours d'une adolescente qui s'enfuit à pied, se cache au bord d'un ruisseau avec d'autres fugitifs, puis marche le long des voies ferrées en direction de la réserve indienne voisine de Rosebud, dans le Dakota du Sud. La composition de pierres qui en résulte constitue à la fois une œuvre sculpturale et une partition à travers laquelle l’histoire familiale peut se transmettre d’une génération à l’autre.
Un court métrage accompagne la sculpture de pierres. On y entend des conversations avec le cousin de Kite, Corey Stover, et sa tante, Becky Red Bow. Le film raconte trois histoires : la fuite d’Iron Road lors du massacre de Wounded Knee, telle qu’elle est transmise par la famille de l’artiste; la relation de Becky Red Bow avec une pierre familiale représentant Blue Lighting Woman; et l’expérience de Corey Stover avec une pierre-esprit qui vient à sa rencontre. Ensemble, ces récits soulignent l’importance des pierres, des rêves et des relations avec les êtres non humains au sein de la famille.
Le film documente également le processus d’élaboration du motif à l’aide du Lakȟóta Shape Kit et inscrit ces récits dans le territoire — la terre, l’eau et le ciel — qui entoure la demeure familiale où les conversations ont eu lieu.
Pour cette présentation, le commissaire a recueilli, au nom de l’artiste, des pierres locales provenant de différents sites à travers Tiohtià:ke. À la fin de l’exposition, ces pierres seront retournées à leurs lieux d’origine respectifs.
Biographie
Kite (Oglála Lakȟóta) est une artiste, compositrice et chercheuse dont la pratique conjugue les systèmes de savoir lakȟóta avec la performance, le son, la sculpture et les médias computationnels. Elle est titulaire d’un doctorat de l’Université Concordia, à Montréal. Kite est directrice du Wíhaŋble S’a Center for Indigenous AI, un centre de recherche en sciences humaines désigné par le National Endowment for the Humanities au Bard College, où elle est artiste en résidence émérite et professeure adjointe en études américaines et autochtones. Elle est également cochercheuse principale et codirectrice du programme international de recherche Abundant Intelligences. Parmi ses principaux projets figurent Cosmologyscape (Creative Time, 2022–2024), Dreaming with AI (Institute of American Indian Arts Museum of Contemporary Native Arts, 2025), List Projects 31: Kite (MIT List Visual Arts Center, 2025), ainsi que Wičháȟpi Owihaŋke Waníča Kiŋ (Infinite Collapsing Star) (Bockley Gallery, 2025). Son travail a été présenté à l’échelle internationale, notamment à la Biennale du Guatemala, à la Whitney Biennial, à la Biennale de São Paulo et à la Biennale de Shanghai. Kite est citoyenne inscrite de la tribu Oglala Sioux et vit à Catskill, dans l’État de New York.