RECHERCHE : La plupart des bornes de recharge pour véhicules électriques sont inaccessibles à pied pour les personnes âgées montréalaises, selon une étude de l’Université Concordia
Une nouvelle étude menée par une équipe de recherche de l’Université Concordia révèle que de nombreuses bornes de recharge publiques pour véhicules électriques situées sur l’île de Montréal sont difficilement accessibles à pied pour les personnes âgées.
Parue dans le Journal of Urban Mobility, l’étude a évalué l’accessibilité à pied des bornes de recharge publiques pour véhicules électriques dans toute la ville, en se concentrant sur les résidences pour personnes âgées. Plutôt que de se baser sur la vitesse moyenne de marche des adultes, l’équipe de recherche a adapté son analyse pour refléter l’allure plus lente typique des personnes âgées, qui, selon elle, est rarement prise en compte dans la planification des infrastructures.
Lorsque l’incidence de l’âge sur la vitesse de marche a été prise en compte, l’accessibilité a considérablement diminué. Près de la moitié des établissements de soins pour personnes âgées de l’île de Montréal ne disposaient en effet d’aucune borne de recharge publique pour véhicules électriques à moins de 15 minutes à pied. Cette lacune limitait l’accès non seulement pour les patients, mais aussi pour les soignants, les employés et les visiteurs.
L’étude a également repéré des quartiers présentant une « double contrainte », où une forte concentration de résidents âgés coïncidait avec un accès limité aux bornes de recharge pour véhicules électriques. Ces zones étaient plus répandues en dehors du centre-ville dense et riche en services, où les infrastructures de recharge sont actuellement concentrées.
L’équipe de recherche a constaté que des investissements ciblés relativement modestes pouvaient réduire considérablement ces écarts. L’installation stratégique de nouvelles bornes de recharge dans les zones mal équipées a permis d’améliorer l’accès sans nécessiter d’extension majeure du réseau global.
Elle souligne enfin que ce modèle est transposable à d’autres villes et pourrait aider les urbanistes à repérer les zones où des investissements dans les bornes de recharge pour véhicules électriques s'avèrent particulièrement nécessaires dans le cadre de la transition vers des transports à faibles émissions de carbone.
L’étude était dirigée par le doctorant Ahad Farnood sous la supervision d’Ursula Eicker, professeure au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental, Govind Gopakumar, professeur au Centre Génie et société, et Carmela Cucuzella de l’Université de Montréal. Cette étude était financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
Lisez l’article cité : « Proximity planning for urban electrification: Walkable access to EV charging infrastructure in Montreal ».