Pourquoi l’écoute est un atout puissant
La capacité à influencer s’accroît lorsque les gens apprennent à écouter. Pour M. Klein, la véritable influence consiste à amener les autres à partager leurs idées. Pour illustrer ses propos, il présente six styles de leadership, allant de l’accompagnement au commandement, et montre comment les leaders efficaces adaptent leur approche en fonction de la situation.
En période de crise, le commandement peut s’avérer nécessaire. En période de croissance ou de tension, c’est souvent l’écoute qui s’avère le facteur déterminant.
Ted Klein demande à ses élèves d’estimer dans quelle mesure une communication efficace dépend de l’écoute.
« Ensuite j’affiche la réponse à l’écran : 100 % », relate M. Klein. « Parce que même lorsque c’est nous qui parlons, nous devons écouter. »
Dans ses cours, les élèves exercent leurs compétences en écoute active. Ils s’enregistrent lors de conversations réelles et visionnent ensuite les enregistrements afin d’évaluer leurs propres habitudes.
Ils s’efforcent de demander des précisions sans interrompre, de rester concentrés sans détourner la conversation et de réfléchir à ce qui a été dit avant de répondre. Beaucoup découvrent qu’ils interrompent davantage qu’ils ne le pensaient. Certains se rendent compte qu’ils se sentent rarement écoutés.
« Tous les élèves qui participent à ces ateliers d’écoute se disent : « Oh mon Dieu, cette formation va transformer ma relation de couple, ma famille, mon travail », énumère M. Klein. « Au début, s’entraîner à bien écouter peut sembler non naturel. Même moi, je tire profit de cette technique chaque fois que je l’enseigne. »
Ted Klein considère l’écoute comme un élément central des cultures d’entreprise fondées sur l’intégrité. Lorsque les leaders savent écouter, les employés se sentent à l’aise de s’exprimer en toute honnêteté. Ce sentiment de sécurité favorise la réflexion, réduit les réactions défensives et incite les employés à agir avec empathie.
« Il existe trois types d’empathie », explique Ted Klein. « Même dans une situation où il faut donner des ordres et prendre les commandes, l’empathie cognitive reste nécessaire. »
Ce que les équipes les plus performantes ont en commun
L’empathie cognitive est la capacité à comprendre ce que ressentent les autres. L’empathie émotionnelle consiste à ressentir ces émotions avec eux. L’empathie compatissante implique d’agir pour aider. Influencer avec intégrité signifie savoir quel type d’empathie est nécessaire à un moment donné et comment l’utiliser à bon escient.
La recherche corrobore cette approche. M. Klein présente à ses élèves le projet Aristote, une étude menée par Google sur les facteurs contribuant à la réussite des meilleures équipes. Les conclusions de cette étude bousculent les idées reçues en matière de leadership.
En effet, les équipes les plus performantes ne se démarquent pas par leur expérience ou leur expertise technique, mais plutôt par leur capacité à communiquer et leur sensibilité sociale. Ces équipes au rendement supérieur misent en effet sur les échanges équilibrés, et leurs membres sont à l’écoute les unes des autres.
Lorsque ces qualités sont présentes, l’intégrité devient manifeste. Les gens s’investissent davantage dans leur travail. Ils se sentent en phase avec leur rôle, leur équipe et leurs objectifs.
Pour M. Klein, l’influence consiste à harmoniser ses actions avec ses convictions, à écouter dans un souci de compréhension et à aider les autres à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Il s’agit là d’habitudes à long terme qui aident les organisations à mettre en lumière le principe d’intégrité. Mais l’enseignant constate que ses élèves s’engagent à les mettre en pratique.
« Les élèves se rendent compte qu’ils privilégient trop un certain style de communication, ou encore qu’ils évitent celui dont ils ont besoin », observe M. Klein. « Ils retournent ensuite au travail et essaient de faire les choses différemment. C’est là que l’influence prend tout son sens. »