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Sitsofe Kudjoe Dorvlo encourage l’accès des jeunes Noirs aux STIM

L’ingénieur électricien adapte l’approche communautaire de Concordia à la lutte pour la représentation dans sa profession
2 mai 2022
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Par Julie Barlow, M.A. 1994

Sitsofe Kudjoe Dorvlo Sitsofe Kudjoe Dorvlo a lancé la section montréalaise de Black Boys Code pour intéresser les enfants dès leur jeune âge à des concepts comme l’apprentissage machine et l’intégration Web.

Sitsofe Kudjoe Dorvlo, M. Sc. A. 2008, spécialiste des technologies de l’information, se souvient qu’il était « l’un des deux seuls étudiants noirs » dans son programme d’études supérieures en génie à l’Université Concordia. « Je dirais que le pourcentage d’étudiants noirs était scandaleusement faible. »

Né au Ghana, M. Dorvlo a grandi au Nigéria et à Oman, et a obtenu une maîtrise en génie électrique au Royaume-Uni avant de déménager à Montréal. Il a entrepris de s’attaquer à la disparité raciale dans son domaine peu après son arrivée à Concordia. Il s’est ainsi joint à la direction de la section de Concordia de la National Society of Black Engineers, organisme dont la mission est d’accroître la représentation au sein de leur profession des « ingénieurs noirs culturellement responsables qui excellent dans leurs études, réussissent dans leur métier et ont un impact positif sur la communauté ».

Si les chiffres de la représentation des Noirs dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) au Canada s’avèrent difficiles à obtenir, un sondage du Pew Research Center mené aux États-Unis en 2021 montre que « les travailleurs noirs constituent 11 pour cent de tous les adultes employés, comparativement à 9 pour cent de ceux qui travaillent en STIM. Leur proportion est plus faible dans certains domaines des STIM, notamment à peine 5 pour cent en génie et en architecture. Le pourcentage de travailleurs noirs occupant des postes en STIM n’a par ailleurs pas changé depuis 2016 ».

Pour M. Dorvlo, la promotion de l’égalité impliquait de commencer à la source. « J’ai mis sur pied un programme de tutorat et de mentorat à l’intention d’élèves du primaire qui éprouvaient des difficultés en mathématiques et en sciences », explique l’ingénieur, aujourd’hui gestionnaire de projet principal au sein d’Aptos, entreprise montréalaise de gestion de logiciel de vente au détail.

Ouvrir de nouvelles portes

Selon Sitsofe Kudjoe Dorvlo, le principal obstacle auquel se heurtent les jeunes Noirs qui veulent devenir ingénieurs est l’accès. « J’ai eu beaucoup de chance. Mon père avait un doctorat en statistique et nous encourageait toujours à exceller en mathématiques et en sciences. J’ai commencé à faire de la programmation à l’âge de huit ans! Cela dit, tout le monde n’a pas cette chance. À moins d’être vraiment mordu, il est difficile d’apprendre à coder après l’âge de 18 ou 20 ans, et il faut avoir accès à un ordinateur et à du matériel. »

Les jeunes ont aussi besoin de tuteurs. C’est pourquoi M. Dorvlo a créé une section montréalaise de l’organisme Black Boys Code, fondé à Vancouver en 2019. « Deux samedis par mois, nous tenons des ateliers qui initient les garçons noirs à des concepts technologiques comme l’apprentissage machine et l’intégration Web. » L’ingénieur s’efforce par ailleurs d’organiser ces ateliers en milieu universitaire pour en donner aux jeunes un avant-goût. « Nous voulons qu’ils se disent : “Je peux survivre ici, je suis à l’aise, ce n’est pas nouveau pour moi.” »

Le travail de M. Dorvlo consiste également à éclairer les parents. « Les Noirs que les jeunes voient dans les médias et à la télévision font du sport ou de la musique, mais comme nous aimons à dire aux parents, il ne peut y avoir qu’un seul LeBron James. Ils doivent donc faire de l’éducation de leurs enfants une priorité. »

Développer une conscience communautaire

La résolution de problèmes est une compétence essentielle que Sitsofe Kudjoe Dorvlo a développée à Concordia. « J’ai suivi un programme très pratique qui m’a donné la chance de faire beaucoup de choses », se rappelle-t-il. Il est aussi reconnaissant de l’orientation communautaire de son expérience universitaire. « Mes années à Concordia m’ont vraiment permis de réaliser que je pouvais contribuer à résoudre certains problèmes sociaux. J’ai pu rencontrer beaucoup de personnes issues de communautés diverses, tisser des liens avec elles et développer une conscience communautaire. »

M. Dorvlo a découvert son employeur, Aptos, lors d’un salon des carrières en génie. « J’ai grandi au sein d’Aptos, puisque j’y ai fait mes débuts comme stagiaire il y a maintenant 15 ans. J’ai fait partie d’une équipe responsable de l’expérience client avant de passer à la gestion de la clientèle. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de bâtir des relations avec les clients, de croître avec eux, de discuter de leurs objectifs d’affaires, puis de faire des recommandations qui les aideront – je suis en quelque sorte un expert en résolution de problèmes. »

Membre du Conseil des diplômées et diplômés noirs de Concordia, Sitsofe Kudjoe Dorvlo estime que l’Université progresse dans l’augmentation de la proportion d’étudiantes et d’étudiants noirs en sciences et en génie, mais accuse toujours un retard par rapport à d’autres établissements canadiens. « Des universités comme Ryerson et York ont lancé leurs programmes 30 ans avant nous, mais le Conseil des diplômées et diplômés noirs est une excellente initiative que je me réjouis de voir se développer », conclut-il.



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