Établissement d’un fonds à la mémoire de Jean-Marc Vallée qui, à peine quelques semaines avant son décès, a su inspirer étudiants et diplômés en cinéma

Originaire de Montréal, le réalisateur de Dallas Buyers Club et Big Little Lies effectue sa dernière apparition publique à Concordia, avant de s’éteindre le 25 décembre 2021
29 avril 2022
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Par Ian Harrison, BComm 01

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Un fonds a récemment été établi en vue d’honorer la mémoire du célèbre réalisateur Jean-Marc Vallée, mort en décembre dernier. Destiné à soutenir de futurs cinéastes issus de l’École de cinéma Mel-Hoppenheim de l’Université Concordia, le fonds s’appuie sur un don personnel versé par le défunt à l’établissement.

Connu pour ses séries dramatiques télévisées Big Little Lies et Sharp Objects, Jean-Marc Vallée – dont la filmographie est par ailleurs jalonnée de succès tels que C.R.A.Z.Y., Café de Flore, The Young Victoria, Dallas Buyers Club et Wild – est décédé le jour de Noël, à l’âge de 58 ans.

Son décès inopiné est survenu peu de temps après sa dernière apparition publique, le 16 novembre 2021, dans le cadre de la cinquième conférence annuelle Wild Talks, animée par le réalisateur Tim Southam. Alors accompagné du cinéaste Yves Bélanger (B. Bx-arts 1984) avec qui il entretenait une collaboration artistique de longue date, M. Vallée avait alors parlé du processus créatif.

Réunissant quelque 300 invitées et invités, cette conférence constituait le premier événement public organisé par Concordia depuis le début de la pandémie. Principalement composé d’étudiants et de diplômés en cinéma, l’auditoire avait pu aussi compter sur la présence de Dominique Ollivier, conseillère municipale à la Ville de Montréal et membre du conseil exécutif.

« L’École de cinéma Mel-Hoppenheim – le plus important centre universitaire du genre au Canada – reçoit bon an mal an 700 demandes d’admission, mais l’établissement dispose d’à peine 70 places », a affirmé le recteur de l’Université Concordia, Graham Carr, à l’ouverture de la conférence. À cette occasion, le recteur était accompagné de la doyenne de la Faculté des beaux-arts, Annie Gérin. « Notre objectif est de tripler le nombre de candidats admis, à temps pour le 50e anniversaire de Concordia, en 2024. »

« Choisir un film, c’est choisir un mode de vie »

Lors de son passage, Jean-Marc Vallée a eu la générosité d’offrir une classe de maître aux étudiantes et étudiants présents. Il a axé son discours d’une heure sur la technique. Il a montré des extraits de son long métrage de 2013, Dallas Buyers Club – lequel a valu aux acteurs Matthew McConaughey et Jared Leto chacun un Oscar – ainsi que de Demolition (2015) et de Big Little Lies, série pour laquelle M. Vallée a remporté un Primetime Emmy en 2017.


« Nous ne sommes pas seulement ici pour en apprendre plus sur ces deux messieurs… Nous voulons leur voler leurs trucs », a souligné avec humour l’animateur, Tim Southam, ancien président de la Guilde canadienne des réalisateurs.

Yves Bélanger a incité les futurs cinéastes à ne pas avoir peur de tourner continuellement la caméra au poing, avec un minimum d’équipement – un style que Jean-Marc Vallée a perfectionné.

« Je craignais que les acteurs trouvent cette méthode bizarre, mais ils adorent ça », avait confié M. Bélanger. « Tout le monde devient plus libre. »

M. Vallée a fait remarquer que choisir un scénario se compare à choisir un style de vie. « Je veux toujours réagir au scénario. Vous voulez vous réveiller en ayant la satisfaction d’avoir servi le récit. C’est important, parce qu’au bout du compte, vous allez vous investir dans cette histoire pendant deux ou trois ans de votre vie. »

Le réalisateur avait par ailleurs révélé les grandes lignes d’un de ces projets : un long métrage sur John Lennon et Yoko Ono. « J’ai écrit le scénario durant la pandémie et présenté une ébauche le 9 octobre. C’est seulement après coup que j’ai réalisé que c’était la date d’anniversaire de John Lennon. »

Jean-Marc Vallée laisse dans le deuil ses deux fils, Émile Vallée (B. Bx-arts 2020) et Alex.

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