Un étudiant en études commissariales explore les rituels de destins autochtones dans un musée d'anthropologie
Aaron Rice at the University of British Columbia’s Museum of Anthropology (MOA)
Lors d’une résidence au Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique, l’artiste Aaron Rice a eu l’occasion d’approfondir sa recherche artistique par l’exploration des liens entre sculpture, performance et pratique commissariale.
Étudiant au certificat de 2e cycle en études et pratiques commissariales de l’Université Concordia, Aaron Rice a effectué cette résidence dans le cadre du volet pratique du programme. Grâce au soutien de la bourse Bill-McLennan pour les voyages sur la côte du Nord-Ouest, il a ainsi pu se familiariser avec les prestigieuses collections du musée, observer les pratiques muséales et rencontrer des artistes, des chercheurs et des interprètes culturels.
« Ma pratique artistique s’articule autour de la sculpture et de la mise en valeur des espaces par des installations, des performances et des interactions, indique Aaron Rice. La résidence m’a permis d’enrichir mon travail par la recherche, tout en m’aidant à structurer ma réflexion sur le commissariat, la performance et les espaces consacrés à l’exposition et à l’engagement culturel. »
Au cours de son passage au musée, Aaron Rice a axé ses recherches sur les traditions alimentaires autochtones ainsi que sur les pratiques et les protocoles entourant le potlatch et les festins. En ayant accès aux collections du musée, il a pu étudier de près des objets liés à ces traditions, notamment des bols de festin, des cuillères et des plats de service.
« Le fait de voir de près les bols, les cuillères et les plats de service m’a permis d’imaginer le talent artistique, le savoir-faire et l’intentionnalité dont chaque pièce est imprégnée », témoigne-t-il.
Il s’agissait pour l’étudiant de sa deuxième résidence au Musée d’anthropologie, la première s’étant déroulée en 2023. Ayant travaillé sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique pendant 20 ans, il décrit cette expérience comme à la fois familière et accueillante, riche en nouvelles occasions de tisser des liens avec le personnel du musée, les artistes invités et les interprètes culturels autochtones.
Au cours de son séjour au musée, il a collaboré avec des interprètes culturels qui conçoivent et animent des visites guidées portant sur les collections du musée, ce qui lui a permis de mieux comprendre comment la recherche, les récits et les relations personnelles peuvent stimuler l’intérêt du public pour le patrimoine culturel.
« J’ai échangé avec les interprètes et je leur ai fait part de mes commentaires sur leurs visites guidées – leurs méthodes de recherche, la rédaction des textes ainsi que la façon dont ils intègrent des anecdotes personnelles et établissent des liens avec leurs ancêtres par l’intermédiaire de la collection », explique-t-il.
Sa participation à un atelier de quatre jours animé par le chorégraphe maori Charles Koroneho a constitué un autre moment fort de la résidence. L’atelier était consacré à l’exploration de la respiration, du mouvement, de la théorie somatique et du corps en tant que réceptacle.
Ces expériences continuent d’influencer la pratique artistique d’Aaron Rice ainsi que son approche de la conception d’expositions et de l’engagement culturel. La résidence s’inscrit d’ailleurs dans le prolongement de ses travaux en cours, notamment une résidence à la galerie Artexte qui prendra fin en septembre 2026, dans le cadre de laquelle il élabore une présentation combinant festin et performance.
« J’ai tissé des liens et vécu des expériences inestimables qui seront une source d’inspiration pour de futures œuvres, affirme l’artiste. Cette résidence contribue également à renforcer ma visibilité en tant que chercheur et créateur. »
Administrée par la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia et financée par la Fondation Doggone, la bourse Bill-McLennan pour les voyages sur la côte du Nord-Ouest a été nommée en l’honneur du regretté Bill McLennan (1948-2020), conservateur émérite du Musée d’anthropologie qui soutenait avec passion les arts autochtones de la côte du Nord-Ouest.
D’un montant de 10 000 $, la bourse sert à financer une résidence d’été de quatre à huit semaines au musée pour des étudiantes et étudiants de la Faculté des beaux-arts dont les champs de recherche et la pratique artistique touchent au domaine de l’art et des cultures autochtones de la côte du Nord-Ouest. Les candidatures sont examinées par un jury composé de membres autochtones du corps professoral, de commissaires du Musée d’anthropologie et de la directrice du musée.
Le prochain appel de candidatures sera annoncé au cours de l’automne.
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