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La résidence d’artiste de la famille Jorisch est octroyée pour 2025 à Abi Hodson dans le cadre de sa M. Bx-arts à l’Université Concordia

L’artiste passera quatre semaines dans un musée de Salzbourg pour explorer l’interaction entre les corps et le paysage urbain
9 avril 2025
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Dans le cadre de sa maîtrise ès beaux-arts (M. Bx-arts), Abi Hodson a obtenu le prix de résidence d’artiste de la famille Jorisch 2025.

Dans le cadre de son programme de maîtrise ès beaux-arts (M. Bx-arts) suivi à l’Université Concordia, Abi Hodson a obtenu le prix de résidence d’artiste de la famille Jorisch pour l’année 2025. Ce prix permet d’effectuer une résidence d’été de quatre semaines à la tour Amalie-Redlich du Musée d’art moderne de Salzbourg, en Autriche.

Le prix a été nommé en mémoire de la famille de Georg Jorisch, dont les membres ont fui l’Autriche ou ont été tués sous l’occupation nazie. La Gestapo a alors pillé la collection d’œuvres d’art de la famille, qui comprenait notamment des œuvres de Gustav Klimt.

Georg Jorisch n’était qu’un enfant lorsqu’il a dû se réfugier à Montréal, où il a par la suite cherché à obtenir une compensation pour les œuvres volées. Près de vingt ans plus tard, sa famille a finalement reçu un dédommagement, qu’elle a partagé avec le propriétaire actuel des œuvres : le Musée d’art moderne de Salzbourg.

Georg Jorisch a ensuite donné une partie du montant de l’entente – chiffré à plusieurs millions de dollars – à Concordia en vue d’établir le prix, en collaboration avec le musée dans le cadre de ses efforts de restitution.

Cette année, la résidence d’artiste de la famille Jorisch offrira un espace unique à Abi Hodson pour approfondir ses recherches et sa pratique artistique, qui portent sur les relations corporelles à l'espace et aux lieux.

Pouvez-vous nous parler de votre pratique et des thèmes que vous explorez?

Abi Hodson (AH) : L’idée de transformer le corps humain en quelque chose d’autre est au cœur de ma pratique. J’explore actuellement un processus que j’appelle « créature-r le corps », qui consiste à transformer le corps en une entité plus qu’humaine. J’utilise des combinaisons pour écran vert et des effets vidéo pour superposer des mouvements et les combiner avec des séquences vidéo de lieux transformés à la suite de perturbations. Je m’intéresse à la façon dont ces interactions peuvent créer de nouveaux corps composites qui exposent nos liens avec les êtres, les matériaux, les paysages et les paysages urbains qui forment nos mondes.

Comment pensez-vous que votre travail évoluera durant votre résidence?

AH : La résidence me donne l’occasion d’approfondir mes recherches sur la façon dont les corps interagissent avec le paysage urbain et le transforment. Une des questions essentielles à ma réflexion vient de l’artiste et écrivaine Camille Georgeson-Usher : « Quelle est la place du corps marginalisé dans les structures de nos environnements urbains, structures construites sans aucun souci d’adaptation à nos besoins? » Je veux explorer comment on peut s’enchevêtrer dans le paysage urbain et altérer la relation du corps avec l’environnement bâti, et si ces actions, à leur tour, transforment le paysage urbain.

Oeuvre d'art: Projection vidéo, audio, élément de décor en polystyrène recyclé avec ruban réfléchissant de chantier. creature (gollum) par Abi Hodson, 2024 à articule, Montréal. Projection vidéo, audio, élément de décor en polystyrène recyclé avec ruban réfléchissant de chantier. Photographe : Guy L'Heureux

Quels aspects de votre pratique avez-vous le plus hâte d’explorer plus avant?

AH : J’ai hâte d’explorer davantage la vidéo, le mouvement et la création de zines. Je compte filmer les flèches et les dômes de Salzbourg, auxquels j’intégrerai ensuite mon corps grâce à un montage vidéo. Je me penche sur ce thème dans le cadre de ma pratique sculpturale, et j’ai par conséquent hâte de le transposer dans mon travail sur la vidéo et le mouvement. Je compte également créer un zine – cette étape occupe maintenant une place importante dans mon processus. J’utiliserai le zine pour consigner mes recherches et insérer des images et des réflexions. J’espère par ailleurs collaborer avec un organisme local LGBTQI+ afin de faire participer la communauté au projet.

Selon vous, quels éléments de l’environnement du Musée d’art moderne vous inspireront le plus dans votre exploration artistique?

AH : Deux expositions en cours m’intéressent particulièrement. La première est intitulée Body // Society (« Corps // Société ») : organisée par Katharina Ehrl, elle explore le corps en tant que lieu d’action individuelle et de projection sociétale, ce qui fait profondément écho à mon travail. Ensuite, dans In Motion. Video Art and Its Political and Social Dimensions (“En mouvement. L’art vidéo et ses dimensions politiques et sociales »), le commissaire Jürgen Tabor réunit des œuvres vidéo qui explorent les urgences politiques de l’art vidéo – ce qui rejoint mes préoccupations sur l’interconnexion et la dimension politique des corps et des espaces.

Je me réjouis à l’idée de collaborer avec les commissaires, conservateurs et membres du personnel du musée, qui m’ont déjà apporté un soutien inestimable!

Comment pensez-vous que la situation géographique et l’architecture de Salzbourg influenceront votre travail?

AH : L’architecture de la ville sera une grande source d’inspiration. J’ai une attirance particulière pour les flèches et les dômes, qui perforent la ligne d’horizon et ont été construits pour symboliser la fusion de la terre et du ciel. Les aspirations divines de ces structures alimenteront mes recherches visant à altérer le lien entre le corps et l’environnement bâti. Que peuvent m’apprendre ces formes architecturales sur mon désir de perforer la frontière entre mon corps et le paysage urbain? Je vous le dirai quand je l’aurai découvert!

Apprenez-en plus sur la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia ainsi que sur ses possibilités de financement et de bourses.



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