Chaque année, la Faculté des arts et des sciences publie un tableau d’honneur qui rend hommage aux étudiantes et étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats dans le cadre de leurs programmes respectifs. Nous avons conversé avec l’une des lauréates de cette année, Emma Quỳnh Liên Wong, qui poursuit une double majeure en science politique et en études humanistes. Nous avons abordé son parcours universitaire, ses motivations et les expériences qui ont marqué son passage à Concordia.
La Faculté des arts et des sciences dévoile son tableau d’honneur
Chaque année, la Faculté des arts et des sciences publie un tableau d’honneur qui rend hommage aux étudiantes et étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats dans le cadre de leurs programmes respectifs.
Emma Quỳnh Liên Wong
Double majeure en science politique et en études humanistes
Qu’est-ce que cela signifie pour vous de figurer au tableau d’honneur?
Emma Quỳnh Liên Wong : C’est pour moi un grand honneur, et j’en suis infiniment reconnaissante. Pour moi, il s’agit moins d’une réussite personnelle que d’un rappel de la raison pour laquelle je poursuis mes études : je souhaite contribuer à un monde mieux informé, plus équitable et plus engagé sur le plan intellectuel.
C’est cette conviction qui inspire et guide mon engagement tant au sein de la société Garnet Key que de l’Athenae Initiative, organisme non gouvernemental à but non lucratif que j’ai cofondé l’an dernier. Par l’entremise de la société Garnet Key, j’ai le privilège de représenter Concordia et d’appuyer une communauté qui valorise l’excellence universitaire et le service à la communauté. Au sein de l’Athenae Initiative, j’œuvre pour un avenir où les sciences humaines et l’éducation classique seront valorisées non seulement pour le rôle qu’elles jouent dans la préservation des savoirs, mais aussi parce qu’elles cultivent la capacité à nuancer et à interpréter la réalité ainsi que l’indépendance d’esprit. À une époque où l’intelligence artificielle exerce une influence croissante, l’accès à l’information n’est plus le seul obstacle à la connaissance. Ce qui importe dorénavant tout autant, c’est notre aptitude à remettre en question les idées préconçues, à nous confronter à la complexité et à développer nos propres points de vue. Pour ces deux organismes, l’excellence universitaire va nécessairement de pair avec la responsabilité de valoriser ces qualités au-delà de la salle de classe.
Le tableau d’honneur reflète ce même engagement. Au sein d’une université avant-gardiste comme Concordia, l’apprentissage ne se limite pas à l’assimilation de connaissances; il consiste aussi à acquérir la capacité de remettre en question les idées reçues et d’imaginer de nouvelles possibilités. Dans un contexte où l’IA transforme constamment la façon dont nous accédons à l’information et la produisons, je crois que la capacité proprement humaine d’interpréter, de raisonner et de penser de manière indépendante deviendra d’autant plus importante. Cette reconnaissance me motive à continuer d’œuvrer pour un avenir où l’éducation ne se contente pas de nous informer, mais nous apprend aussi à penser.
Quelles sont vos aspirations pour l’avenir?
EW : J’espère devenir chercheuse et professeure d’université à temps plein, afin de consacrer ma carrière à la quête du savoir pour lui-même. Cette aspiration est née de ma propre expérience en tant que membre de la diaspora vietnamienne, qui a façonné les questions qui alimentent mes travaux.
Je m’intéresse aux croisements entre la philosophie, la religion et la politique d’une part et les récits que les communautés racontent à propos d’elles-mêmes d’autre part, en particulier en ce qui a trait aux communautés diasporiques déplacées et réfugiées. Ma double spécialisation en science politique et en études humanistes m’a permis d’aborder ces questions sous des angles complémentaires, en examinant à la fois les structures politiques qui façonnent la vie des gens et les traditions philosophiques et culturelles grâce auxquelles ils donnent un sens à leurs expériences vécues. À Concordia, j’ai pu combiner ces centres d’intérêt variés au sein d’une démarche intellectuelle plus cohérente : comprendre comment les récits préservent les traditions, transmettent les valeurs et forgent le sentiment d’identité des communautés d’une génération à l’autre. J’aspire à contribuer à ce domaine en explorant de quelles façons les récits dont nous héritons influent sur notre compréhension de nous-mêmes et du monde qui nous entoure.
Ainsi, mes recherches universitaires et mon parcours personnel convergent vers le même objectif, qui est de bâtir un avenir où l’éducation et les connaissances aident les communautés à guérir et à comprendre leurs origines.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiantes et étudiants qui souhaiteraient figurer au tableau d’honneur?
EW : Bien que les distinctions universitaires jouent un rôle important dans la reconnaissance des importants efforts que nous consacrons à nos travaux, je préfère me laisser guider par la curiosité, car elle constitue une fondation plus solide que la quête de reconnaissance. Un intérêt sincère pour l’apprentissage alimente l’effort au fil du temps et tend à produire de meilleurs résultats, tant sur le plan théorique (articles et recherches) que sur le plan concret par les contributions que nous apportons à nos communautés. L’ambition et le travail acharné ont leur importance, mais il vaut mieux les considérer comme des outils au service d’un objectif plus large. Lorsque notre travail est guidé par la conviction, la curiosité et le désir d’apporter une précieuse contribution au monde qui nous entoure, la reconnaissance s’ensuit généralement comme une conséquence naturelle plutôt que comme un objectif en soi.
Cette philosophie a été le fil conducteur de mon expérience à Concordia. Au cours des dernières années, j’ai gravi peu à peu les échelons au sein de la Concordia Global Affairs Association (CGAA), évoluant au même rythme que ses trois sections indépendantes. En tant que présidente, j’ai maintenant le privilège de guider l’organisation vers sa prochaine étape : la délégation externe de Concordia, notre équipe de compétition, désormais classée quinzième en Amérique du Nord et deuxième au Canada; le congrès de modélisation des Nations Unies de Concordia, qui accueille annuellement plus de 350 personnes déléguées de tous les coins du monde et figure parmi les dix meilleurs événements du genre; et le Concordia Humanitarian Initiative Project, notre section philanthropique. Chacune de ces sections incarne une expression différente d’un même engagement envers l’épanouissement intellectuel, le leadership et le service communautaire. Ayant moi-même évolué au sein de l’organisation, je considère mon rôle actuel non seulement comme une marque de reconnaissance, mais aussi comme une occasion de m’appuyer sur le travail des personnes qui m’ont précédée afin d’aider chaque section à atteindre de nouveaux sommets.
En fin de compte, je considère que mon travail au sein de la CGAA et ma présence au tableau d’honneur sont des conséquences naturelles d’une même conviction : l’apprentissage prend tout son sens lorsqu’il dépasse le cadre individuel pour devenir quelque chose que l’on peut transmettre, approfondir et mettre au service des autres.