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Un nouveau chapitre s’ouvre pour l’orchestre d’ordinateurs portables de l’Université Concordia

L’ensemble d’avant-garde célèbre son 15e anniversaire en ajoutant un chapitre à l’Oxford Handbook of Orchestration Studies
13 octobre 2026
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CLOrk au festival Akousma, le 10 octobre 2016. | Toutes les photos : Caroline Campeau.
CLOrk au festival Akousma, le 10 octobre 2016. | Toutes les photos : Caroline Campeau.

Quinze ans après que l’orchestre d’ordinateurs portables de Concordia (CLOrk) a commencé ses expérimentations avec un ensemble d’instruments numériques, son travail est mis en valeur dans un nouveau chapitre de l’Oxford Handbook of Orchestration Studies.

Rédigé par Eldad Tsabary, fondateur du CLOrk, professeur d’électroacoustique et directeur du Département de musique de l’École des arts vivants de Concordia, « Orchestrating the Laptop Orchestra » marque une nouvelle étape importante pour un ensemble qui, depuis une quinzaine d’années, repousse les limites de l’interprétation électronique, de la recherche-création et des genres musicaux.

Briser l’isolement

Fondé en 2011, le CLOrk a été créé en réponse au sentiment d’isolement éprouvé par de nombreux musiciens et musiciennes électroacoustiques.

« C’était une époque très différente, relate Eldad Tsabary. Les musiciens et les étudiants en musique électroacoustique se distinguaient – et c’est toujours le cas aujourd’hui – des autres musiciens, en ce qu’ils accomplissaient leur travail principalement en studio, la plupart du temps seuls. J’avais l’impression qu’il manquait quelque chose à leur pratique musicale. »

S’inspirant du principe Whatever Works (WheW, ou « du moment que ça fonctionne »), expression inventée par Eldad Tsabary et Jamie Woollard pour décrire une approche adaptative et axée sur l’action en matière de création collaborative et de résolution de problèmes, le CLOrk invite les étudiantes et étudiants à sortir de leur studio pour participer à des performances collaboratives et s’adonner à des manipulations audio en temps réel.

Cette approche a également permis au CLOrk de grandir et de dépasser largement la taille habituelle d’un ensemble d’ordinateurs portables. L’orchestre a en effet compté jusqu’à 30 artistes et collaboré avec des orchestres symphoniques lors de représentations réunissant jusqu’à 100 musiciennes et musiciens.

Une nouvelle approche en matière d’improvisation

La première prestation publique du CLOrk a pris la forme d’un concert télématique, événement consistant à connecter plusieurs artistes qui participent en direct depuis différents endroits. Grâce à l’apport d’artistes de Montréal, de Calgary et d’Edmonton, les prestations en réseau sont devenues un élément caractéristique de l’orchestre depuis ce concert.

Depuis, l’orchestre a eu recours à ce modèle à l’occasion d’événements comme le Freespace Jazz Fest à Hong Kong et le Cambridge Festival, en Angleterre. Mais Eldad Tsabary a tiré des enseignements essentiels non pas de ces prestations internationales du CLOrk, mais plutôt d’une collaboration de recherche-création menée en 2014 à Montréal intitulée Dancing with Laptops.

« Les étudiants répétaient souvent sans moi, raconte-t-il. À un certain moment, ils ont décidé qu’ils n’avaient pas besoin de moi, et que les danseurs pouvaient jouer le rôle de chefs d’orchestre. J’ai alors simplement décidé de me mettre en retrait et de voir ce qui se passe. »

« Environ 20 minutes après le début du spectacle, quelqu’un a introduit un rythme décontracté, et tout le monde s’est laissé entraîner par cette lenteur. Les danseuses se sont ensuite agitées et ont essayé de briser ce rythme. Finalement, l’une d’entre elles s’est mise à crier. »

C’est à ce moment-là seulement que l’orchestre s’est écarté du tempo initial.

Cette expérience a remis en question l’idée selon laquelle, pour qu’une improvisation collective soit réussie, il faut que tout le monde s’accorde sur une même orientation musicale, explique Eldad Tsabary. Par la suite, le CLOrk a commencé à envisager l’improvisation plutôt comme une interaction simultanée entre plusieurs personnes, chacune étant capable d’influencer la direction que prend la musique.

« Cette expérience a vraiment changé notre façon de concevoir l’improvisation, affirme-t-il. Nous avons cessé d’utiliser le terme improvisation “collective”. À la place, nous utilisons le terme “multiple” pour évoquer le foisonnement des états d’esprit et des agentivités. »

Projets à venir

Au cours du prochain trimestre, les étudiantes et étudiants membres du CLOrk organiseront un concert dans le studio de visualisation de la Bibliothèque.

« Ce lieu offre d’intéressantes possibilités en matière de combinaison du son, de la spatialisation, du codage en direct et des éléments visuels ou audiovisuels », indique Norah Lorway, professeure adjointe en études électroacoustiques et actuelle responsable de l’orchestre. « J’espère que ce concert nous permettra d’explorer des approches plus immersives et collaboratives de la performance. »

Le groupe compte également à l’avenir mettre davantage l’accent sur des formes créatives, critiques et responsables de collaboration humain-IA, dans le sillage des travaux de recherche de Norah Lorway.

Quant aux 15 prochaines années, Norah Lorway affirme avoir hâte de voir le CLOrk continuer à se développer en tant que vecteur d’expérimentation.

Apprenez-en plus sur l’École des arts vivants de l’Université Concordia.

Apprenez-en davantage sur le studio de visualisation de la Bibliothèque de l’Université Concordia.