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« L’expression culturelle n’a pas cessé » : l’artiste Dominick Porras repense l’histoire autochtone

Le titulaire de la chaire de recherche Fulbright Canada 2026-2027 à l’Université Concordia explore les peintures rupestres du Pecos, vieilles de 400 ans, grâce à l’animation et aux nouveaux médias
15 septembre 2026
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Dominick Porras est titulaire de la chaire de recherche Fulbright Canada 2026-2027 en savoirs autochtones à l’Université Concordia.
Dominick Porras est titulaire de la chaire de recherche Fulbright Canada 2026-2027 en savoirs autochtones à l’Université Concordia.

Un fusil parmi des arcs et des flèches. Un missionnaire au milieu de figures autochtones. Pour l’artiste Dominick Porras (Chicano/Coahuiltecan), ces détails racontent l’histoire d’un monde en pleine mutation.

Ces images, dont certaines ont été réalisées il y a environ 400 ans, apparaissent dans des peintures rupestres de la région du Pecos, au Texas. Titulaire de la chaire de recherche Fulbright Canada 2026-2027 en savoirs autochtones à l’Université Concordia, M. Porras étudie ces peintures à la fois en tant que documents historiques et œuvres d’art autochtone.

Son projet, Animating North America’s Oldest Illustrated Book: The Rock Art & Paintings of the Pecos, s’intéresse plus particulièrement aux peintures réalisées durant la période de missionnisation espagnole aux XVIe et XVIIe siècles. Ces œuvres dépeignent des communautés autochtones faisant face aux armes européennes, aux missionnaires ainsi qu’à de nouvelles pressions sociales et culturelles.

Travaillant en collaboration avec le Centre de recherche sur les avenirs autochtones de Concordia, au sein de l’Institut Milieux de recherche en arts, culture et technologie, Dominick Porras apporte un regard d’artiste à ces peintures. Il compte aller au-delà de la terminologie souvent utilisée pour décrire ces œuvres et explorer ce que leur imagerie pourrait révéler sur les personnes qui les ont créées.


Votre projet porte sur les peintures rupestres datant de la période de la missionnisation espagnole. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ces œuvres?

Dominick Porras : Certaines scènes montrent la coexistence des peuples autochtones et des Européens. On y voit par exemple un fusil parmi des arcs et des flèches, ou encore un missionnaire. On y perçoit une négociation entre le maintien des modes de vie traditionnels et la recherche d’une protection par l’intermédiaire des missions.

Je pense qu’il est important d’envisager ces œuvres au-delà de la nomenclature scientifique déjà établie à leur sujet. Elles recèlent en effet des significations plus profondes. On qualifie parfois les peintures rupestres de « primitives », ce qui les dévalorise considérablement alors qu’il s’agit en réalité d’œuvres d’art d’un raffinement incroyable.

Pourquoi est-il important pour vous d’aborder ces peintures comme des œuvres d’art plutôt que de simples traces archéologiques?

DP : Lorsque l’on contemple une œuvre créée il y a 400 ans, on peut avoir tendance à penser qu’elle appartient entièrement au passé, comme si la culture elle-même s’était figée. Mais l’expression culturelle n’a pas cessé.

Ce qui m’intéresse, c’est de considérer ces œuvres comme le fruit d’artistes qui vivaient une période de bouleversements profonds. Je tiens à aller au-delà de la simple identification de ce qui est représenté et à explorer ce que ces images pouvaient signifier pour ceux qui les ont créées.

Pourquoi recourir à l’animation et aux nouveaux médias pour aborder ce sujet?

DP : À travers l’animation, je souhaite partager certaines connaissances et encourager les gens à s’intéresser de plus près aux œuvres elles-mêmes.

J’espère, à terme, étendre ce projet à d’autres supports, notamment l’animation 3D et la réalité augmentée. Il y a quelque chose de fascinant à associer un élément très ancien à un support relativement nouveau.

J’ai également assisté à des événements consacrés à l’art électronique et interactif ici, à Montréal. Le fait de voir des artistes autochtones évoluer dans ces espaces s’est avéré très inspirant, d’autant plus qu’ils sont encore assez peu nombreux à travailler dans le domaine de l’art numérique et électronique.

En quoi la collaboration avec le Centre de recherche sur les avenirs autochtones de Concordia a-t-elle enrichi le projet?

DP : Ici, j’ai la chance de pouvoir partager ces récits avec des personnes qui connaissent bien ce genre de ressource. Je suis vraiment ravi, car j’ai déjà pu nouer des liens que je n’avais pas tout à fait envisagés à mon arrivée.

J’ai également été inspiré par le travail d’artistes numériques autochtones comme Skawennati, et par la manière dont ils utilisent les technologies numériques pour transposer la narration traditionnelle dans les nouveaux médias.

Le soutien que j’ai reçu de la part du Centre de recherche sur les avenirs autochtones et de Territoires autochtones dans le cyberespace m’a été d’une grande aide. Cela me donne l’occasion de développer mes idées avec des personnes qui ont de l’expérience dans ces domaines.

Qu’espérez-vous que les gens retiennent de ce projet?

DP : J’aimerais montrer qu’il s’agit là d’une façon parmi d’autres d’aborder et d’étudier des œuvres comme celles-ci. Ces peintures offrent bien d’autres possibilités d’exploration.

En fin de compte, j’espère que le projet permettra aux personnes apprenantes de cette région de s’immerger davantage dans ces récits et de découvrir différents moyens de renouer avec leur histoire et leurs formes d’expression culturelle.


Apprenez-en davantage sur le
Centre de recherche sur les avenirs autochtones de l’Université Concordia.

Explore l’Institut Milieux de recherche en arts, culture et technologie de l’Université Concordia.

 



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