Aller au contenu principal

Un documentaire met en valeur le leadership autochtone en matière d’énergie propre

La professeure de Concordia Aphrodite Salas initie ses étudiantes et étudiants à la narration éthique
18 août 2026
|
Un jeune homme en train de prendre une photo d'une femme sur un affleurement rocheux, avec un barrage en arrière-plan
L’attaché de recherche en journalisme de Concordia Luca Caruso-Moro photographie Aleashia Echalook, directrice d’Ajurisarvik et mère de trois enfants, à côté de sa maison, à Inukjuak. Dolly, sa petite de trois mois, est lovée dans l’amauti de sa mère, un parka traditionnel porté par les femmes inuites. | Photo par Aphrodite Salas

Plus tôt cette année, le réseau CTV News Montreal faisait état d’un projet multimédia réalisé par Aphrodite Salas, professeure agrégée au Département de journalisme de l’Université Concordia, avec ses étudiantes et étudiants.

Le documentaire ᑰᒃ ᑰᑦᑐᖅ The Flowing River montre comment les projets d’énergie renouvelable, des microréseaux solaires aux systèmes hydroélectriques, transforment les communautés autochtones du nord du Canada.

« Ce qui m’a incitée à entreprendre ce projet, c’est l’appel à l’action n° 86 de la Commission de vérité et réconciliation, qui exhorte les responsables des programmes d’enseignement en journalisme à faire mieux », affirme Aphrodite Salas, coresponsable du thème 3 (Planification et gouvernance axées sur l’équité sociale et la participation citoyenne) dans le cadre du programme Volt-Age de l’Université Concordia.

« Depuis des générations, les journalistes ont causé un grand tort aux communautés autochtones en raison de leurs pratiques extractives et en propageant des stéréotypes négatifs. Je voulais contribuer à trouver une solution pour changer la façon dont le journalisme est enseigné à Concordia et mettre en lumière le leadership autochtone en matière d’action climatique », indique Aphrodite Salas.

La première du film a eu lieu en décembre dernier à Inukjuak, village de la baie d’Hudson, dans la région arctique du Québec.

Un grand barrage rempli d'eau tumultueuse La centrale hydroélectrique d’Innavik, sur la rivière Innuksuak, octobre 2024. Ces installations d’une puissance de 7,5 mégawatts, détenues par des Inuits, représentent le plus important projet hydroélectrique hors réseau du Canada. | Photo de Lina Forero tirée d’un documentaire sur la transition vers des sources d’énergie propre à Inukjuak, réalisé dans le cadre de son mémoire de maîtrise avec la professeure agrégée Aphrodite Salas.

Collaboration, réciprocité et apprentissageCollaboration, reciprocity and student learning

ᑰᒃ ᑰᑦᑐᖅ The Flowing River se concentre sur un projet hydroélectrique mené par des Inuits qui consiste à détourner une partie de la rivière Innuksuak vers des turbines afin de produire de l’électricité, et ce, sans l’empreinte environnementale d’un barrage classique. Après des années de planification et de collaboration, la communauté est passée d’une alimentation en énergie fondée sur le diesel à une énergie presque entièrement renouvelable.

« Pour moi, c’est le processus qui importe le plus – nouer des relations, pratiquer la réciprocité, être à l’écoute et bâtir conjointement des choses qui comptent pour les communautés », ajoute Aphrodite Salas.

L’approche de la professeure consiste à emmener ses étudiantes et étudiants sur le terrain pour leur enseigner le journalisme collaboratif et éthique. Dans le cadre du projet Inukjuak, deux personnes étudiant au premier cycle et cinq à la maîtrise ont relaté l’évolution du projet hydroélectrique depuis 2019. Les étudiantes et étudiants ont travaillé aux côtés de partenaires communautaires et produit des reportages journalistiques multimédias comprenant des photographies, des capsules vidéo et des articles.

« Des rapports fondés sur le respect, le respect mutuel, s’installent. Si nous ne nous respectons pas les uns les autres, tout cela est impossible. Nous avons besoin de ce type de relations. Et pour l’établir, nous devons passer du temps ensemble, manger ensemble, faire la fête ensemble – c’est ce dont nous avons besoin, des interactions humaines », explique Sarah-Lisa Kasudluak, vice-présidente de la Pituvik Landholding Corporation, à Inukjuak.

« Nous étions les rares personnes en première ligne prêtes à prendre des risques, non pas pour notre profit personnel, mais pour maintenir le projet en vie, aider notre communauté et lutter contre les changements climatiques, en faisant confiance à nos partenaires et les uns aux autres pour avoir un impact durable sur les générations futures », relate Tommy Palliser, directeur général du Nunavik Marine Region Wildlife Board.

Lina Forero, étudiante au programme de maîtrise en innovation numérique en études journalistiques à Concordia, dit avoir été elle aussi transformée par cette expérience.

« La collaboration avec la professeure Salas ainsi qu’avec nos partenaires et nos amis à Inukjuak m’a permis de voir les récits autochtones sous un tout nouvel angle », fait-elle valoir.

« Cette expérience m’a incitée à prendre du recul par rapport à ce que j’avais connu jusque-là en journalisme et à mon rôle dans la sphère de la communication, ce qui m’a ramenée aux fondements d’une démarche narrative en profondeur, aux racines d’un véritable partenariat fondé sur la réciprocité et l’établissement d’une relation de confiance. »

Des retombées décuplées

Au-delà du journalisme, les relations nouées dans le cadre de ce projet ont mené à de nouvelles occasions de recherche et de financement.

Plus précisément, ces liens ont contribué à l’élaboration d’un nouveau projet axé sur l’optimisation des retombées soutenu par Volt-Age, intitulé Transport électrifié, alimentation d’urgence et conception de microréseaux pour les communautés autochtones, éloignées et locales. Ce projet a pour but d’explorer des solutions intégrées pour un transport et une énergie durables dans les communautés nordiques et autochtones.

En abordant conjointement les enjeux du transport, de la résilience énergétique et de l’inclusion sociale, le nouveau projet de Volt-Age s’appuiera sur les enseignements tirés de l’expérience d’Inukjuak et d’autres projets communautaires. Il démontrera également comment des approches collaboratives et fondées sur l’équité peuvent déboucher sur des solutions évolutives et concrètes aux défis climatiques dans les communautés autochtones, isolées et nordiques.


Apprenez-en davantage sur le Département de journalisme de l’Université Concordia.

Découvrez le programme de recherche sur l’électrification Volt-Age de l’Université Concordia.

 



Retour en haut de page

© Université Concordia