L’exonération des droits de scolarité pour les personnes étudiantes issues des Premières Nations et inuites offerte par l’Université Concordia élimine les obstacles à la réussite
Lorsque l’Université Concordia a annoncé son programme d’exonération des droits de scolarité pour les 10 Premières Nations et les Inuits du Québec, Allan Vicaire, conseiller principal aux directions autochtones, affirme avoir été frappé par la réaction de la communauté, du personnel enseignant ainsi que des partenaires.
« J’ai reçu de nombreux messages favorables de la part de professionnels de l’éducation, qui se sont dit impressionnés par l’engagement de Concordia en matière de réconciliation, relate-t-il. Cette initiative a montré aux communautés que Concordia est déterminée à bâtir des relations à long terme et à prendre des mesures concrètes. »
Mis en place en 2024, le programme est le fruit des recommandations formulées dans le plan d’action sur les directions autochtones, lequel donnait suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.
Depuis lors, 248 étudiantes et étudiants inscrits à un large éventail de programmes – microprogrammes, certificats et études libres – ont bénéficié de cette exonération.
Hannah McGregor-Pelletier (B.A. 2026) affirme que l’exonération des droits de scolarité est « l’une des nombreuses mesures à prendre pour décoloniser le campus ».
Briser les mythes
Hannah McGregor-Pelletier (Kanien’kehà:ka, Kahnawake, B.A. 2026) fait partie de ces étudiants. Récemment diplômée du programme spécialisé en littérature anglaise avec mineure en histoire, elle croit que cette exonération contribue à faire tomber les barrières.
« C’est l’une des nombreuses mesures à prendre pour décoloniser le campus, affirme-t-elle. Je pense que c’est une occasion extraordinaire, pour les étudiants qui n’ont pas eu la possibilité de poursuivre des études supérieures, de se dépasser afin d’atteindre les objectifs dont ils ont toujours rêvé. »
« Parmi mes camarades de Concordia, j’ai entendu dire que non seulement cette exonération les avait énormément aidés sur le plan financier, mais aussi qu’elle leur avait permis de se concentrer sur leurs études. »
Contrairement à certaines idées fausses très répandues, les étudiantes et étudiants autochtones n’obtiennent pas automatiquement un financement pour fréquenter des établissements d’enseignement postsecondaire, indique Manon Tremblay, directrice principale des directions autochtones à Concordia.
« Rien ne pourrait être plus faux, ajoute-t-elle. Au cours des deux dernières années, une bonne partie des nouveaux étudiants autochtones ayant bénéficié de l’exonération des droits de scolarité n’avaient pas pu obtenir d’autres soutiens financiers. Cette exonération élimine un important obstacle à la réussite. »
L’un des principaux piliers du plan d’action sur les directions autochtones est l’engagement de l’Université à augmenter l’inscription, le recrutement et la rétention des étudiantes et étudiants autochtones, poursuit Manon Tremblay. L’exonération contribue à l’atteinte de cet objectif en couvrant les droits de scolarité et les autres frais obligatoires des personnes étudiantes admissibles. Pour les étudiants libres, l’Université couvre jusqu’à 30 crédits.
« Nous savons que lorsque les étudiants de Concordia ont des soucis d’argent, lorsqu’ils ne savent pas s’ils pourront payer leur loyer ou se nourrir, leurs chances d’obtenir leur diplôme s’en trouvent diminuées, ajoute Manon Tremblay. L’exonération des droits de scolarité n’est pas seulement un programme visant à recruter des étudiants autochtones; elle contribue à alléger quelque peu le fardeau financier auquel font face bon nombre d’entre eux. »
Bethany Kawenníshon Douglas, conseillère en formation à distance au niveau postsecondaire et chef d’équipe au Centre d’éducation de Kahnawà:ke, explique que grâce à cette mesure, les fonds auparavant utilisés par sa communauté pour couvrir les droits de scolarité peuvent désormais être affectés à la prise en charge de diverses dépenses auxiliaires telles que les livres et le matériel obligatoire, les allocations, les frais de déplacement et les outils technologiques.
Bâtir la confiance, tisser des liens
Allan Vicaire est d’avis que cette exonération constitue également un moyen de bâtir la confiance et de tisser des liens avec les communautés autochtones.
« Les initiatives comme celles-ci aident les étudiants à percevoir Concordia comme un milieu accueillant et solidaire où ils peuvent poursuivre des études supérieures. Elles contribuent également à instaurer un climat de confiance avec les communautés, ce qui, en retour, attire davantage d’étudiants autochtones à l’Université. »
Dans certains cas, l’exonération incite même des étudiantes et étudiants à revenir à Concordia pour continuer leurs études; c’est le cas de Hannah McGregor-Pelletier, qui entreprendra une maîtrise en littérature anglaise cet automne.
Elle encourage les étudiantes et étudiants autochtones qui envisagent de fréquenter Concordia à s’inscrire au programme. « Il ne faut surtout pas hésiter! Je vous promets que vous y trouverez une communauté accueillante, surtout au Centre étudiant Otsenhákta, où vous pourrez obtenir de l’aide en tout temps, quoi qu’il arrive », soutient-elle.
« Je ne vais pas vous mentir : la première année sera sans doute difficile, mais si vous vous efforcez de donner le meilleur de vous-même, vous découvrirez de nombreuses possibilités et vivrez une multitude d’expériences tout au long de votre parcours de premier cycle. Je crois en vous, quel que soit le chemin que vous choisirez. »