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Les médecins en formation répondent à certains critères, mais manquent de confiance lorsqu’il s’agit de traiter les enfants et de comprendre les facteurs interreliés qui influent sur la douleur

Les médecins en formation répondent à certains critères, mais manquent de confiance lorsqu’il s’agit de traiter les enfants et de comprendre les facteurs interreliés qui influent sur la douleur.
24 mars 2026
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Surgeons in an operating room

Une nouvelle étude menée par une équipe de recherche de l’Université Concordia révèle qu’au Canada, la majorité des résidentes et résidents en chirurgie ont obtenu des résultats inférieurs au seuil de connaissances adéquates en matière de douleur; ces résultats ont été obtenus au moyen d’un outil d’évaluation validé et largement utilisé.

Les membres de l’équipe ont interrogé 110 résidentes et résidents en chirurgie générale et orthopédique – c’est-à-dire des médecins en cours de formation autorisés à exercer sous la supervision d’un médecin traitant – issus de 27 programmes de résidence offerts dans diverses régions du Canada. L’étude a révélé que bon nombre de personnes résidentes se sentent mal outillées pour traiter la douleur chez les adultes et les enfants. On a également constaté que les résidents possèdent une compréhension et une connaissance limitées du modèle biopsychosocial de la douleur. Fondé sur des données probantes, ce modèle constitue un cadre établi qui est utilisé pour comprendre et gérer la douleur – qu’il s’agisse de douleur aiguë ou chronique – en tenant compte de l’interaction entre les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

« La douleur chronique est un problème fréquent à la suite d’interventions chirurgicales courantes telles que l’arthroplastie ou la thoracotomie, et peut toucher entre 30 et 80 % des patients; il est donc important que les chirurgiens et les stagiaires en chirurgie soient sensibilisés à cette question », affirme Nicole Alberts, professeure agrégée au Département de psychologie et auteure source de l’article.

« Les chirurgiens jouent souvent un rôle essentiel dans la prise en charge de la douleur, même dans les hôpitaux où des équipes spécialisées assurent le suivi postopératoire des patients. Leur implication est particulièrement cruciale dans les régions rurales et éloignées, où ils sont généralement chargés de superviser la gestion de la douleur et de prescrire des médicaments à la suite d’une intervention chirurgicale. »

L’étude a été publiée dans la revue Pain Reports.

Smiling woman in striped sweater « Les chirurgiens jouent souvent un rôle essentiel dans la prise en charge de la douleur, même dans les hôpitaux où des équipes spécialisées assurent le suivi postopératoire des patients. Leur implication est particulièrement cruciale dans les régions rurales et éloignées, où ils sont généralement chargés de superviser la gestion de la douleur et de prescrire des médicaments à la suite d’une intervention chirurgicale », souligne Nicole Alberts.

L’expérience personnelle favorise une meilleure compréhension de la douleur

Les chercheuses et chercheurs ont eu recours à des enquêtes en ligne conçues pour évaluer la formation, les perceptions et l’expérience des personnes répondantes en matière de douleur. On a également demandé à ces dernières de répondre à un sondage validé comprenant 41 questions – appelé Knowledge and Attitudes Survey Regarding Pain (« sondage sur les connaissances et les attitudes en matière de douleur ») – visant à évaluer les connaissances des professionnels de la santé en matière de douleur. Un score exprimé en pourcentage des réponses correctes obtenues reflétait les connaissances des répondants sur la douleur, tandis que d’autres statistiques descriptives indiquaient les sources de ces connaissances et la formation reçue, le sentiment de préparation, les expériences personnelles de la douleur et la connaissance du modèle biopsychosocial. D’autres facteurs concernant les résidents, tels que la spécialité et le sexe, ont également été analysés.

Les personnes résidentes ont obtenu une note moyenne de 75,1 % au questionnaire, soit un résultat inférieur aux 80 % considérés comme la note de passage. Les résultats variaient entre 44 % et plus de 95 %, ce qui témoigne d’une grande disparité dans leur degré de connaissance.

Plus de 70 % des participants ont fourni des réponses incorrectes à trois questions portant sur la tolérance aux opioïdes et leur administration. En revanche, 100 % d’entre eux ont répondu correctement à trois questions concernant l’évaluation de la douleur, les soins centrés sur le patient et la douleur chez l’enfant.

Une partie des résidentes et résidents (61 %) se sont dits d’avis que leur programme d’études de médecine les avait bien préparés à traiter la douleur chez les adultes, mais 59 % d’entre eux ont déclaré ne pas se sentir prêts à traiter la douleur chez les enfants.

L’étude a également révélé que, bien que 85 % des résidentes et résidents aient entendu parler du modèle biopsychosocial, 44 % se sentent insatisfaits, voire extrêmement insatisfaits, de leur degré de compréhension de ce modèle. Près de 60 % d’entre eux ont indiqué se sentir incapables de l’expliquer correctement.

Aucun facteur lié aux personnes résidentes n’expliquait ces différences, à l’exception d’un seul : l’existence d’une expérience antérieure de la douleur postopératoire, que ces personnes aient elles-mêmes éprouvé ce type de douleur ou en aient été témoin chez un proche. Aucune corrélation significative n’a été constatée entre le sexe, les années de formation ou le domaine de spécialisation et la connaissance de la douleur.

« Ce score de 75 % montre que les résidents n’ont pas tout à fait atteint le niveau attendu en matière de connaissances sur la douleur, mais il atteste néanmoins une base de connaissances solide et susceptible d’être améliorée », conclut Nicole Alberts, titulaire de la chaire de recherche du Canada de niveau 2 sur les interventions en santé comportementale et directrice du Behavioural Health Innovations Lab.

Adam Burcheri a contribué à la rédaction de cet article dans le cadre du travail de synthèse de son programme de Honours en psychologie et de ses études de premier cycle en psychologie à l’Université Concordia. Des recherches et une expertise supplémentaires ont été apportées par Claire Galvin, doctorante, ainsi que par le DNelson Piché, médecin au CHU Sainte-Justine et professeur à l’Université de Montréal, le DMichael Frett du St. Jude Children’s Research Hospital à Memphis (Tennessee), et le DKevin Alschuler de la Faculté de médecine de l’Université de Washington à Seattle (Washington).

Lisez l’article cité : « Surgery resident pain knowledge and perceptions: gaps and implications for medical training in Canada »



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