L’étudiante de Concordia Marion Thénault prend son envol à l’approche de ses deuxièmes Jeux olympiques
À l’approche de ses deuxièmes Jeux olympiques, Marion Thénault, skieuse acrobatique et étudiante en génie aérospatial à l’Université Concordia, conjugue sport de haut niveau, études et engagement environnemental.
Étudiante à l’Université Concordia, Marion Thénault se prépare pour un nouveau rendez-vous olympique. À plus de 60 km/h, au moment de s’élancer vers un saut, elle n’a pas le droit d’hésiter. Face à ce mur qui arrive vite, il faut se tenir droite, dit-elle. Une image qui résume autant sa pratique sportive que la manière dont elle aborde les défis qui l’intimident.
Depuis les Jeux olympiques d’hiver de 2022, où elle a remporté une médaille de bronze, le contexte a changé. « Je suis parmi les meilleures au monde dans ma discipline. Les gens s’attendent à ce que je performe à la hauteur de mes capacités », dit-elle.
Cette pression s’ajoute à la complexité accrue des sauts qu’elle prévoit présenter aux Jeux. Marion Thénault fait partie des rares femmes au monde capables de réaliser des triples saltos arrière sur neige.
Mais ce niveau d’exigence comporte aussi des risques. Lors d’un entraînement en décembre 2023, elle a subi une lourde chute qui a entraîné une commotion cérébrale et des contusions osseuses entre les vertèbres. Deux ans plus tard, en décembre 2025, toujours à l’entraînement, elle a été victime d’une seconde commotion cérébrale.
« Ça fait peur, dit-elle. Alors je travaille là-dessus. Mais j’aime le défi. C’est ce qui me garde attachée à ce sport. »
Étudier en génie malgré les absences
En parallèle de sa carrière sportive, Marion Thénault poursuit à temps partiel un baccalauréat en génie aérospatial à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody. Un parcours qui demande une grande autonomie.
« Je manque beaucoup de cours, mais c’est ma responsabilité de voir toute la matière et de comprendre ce que les autres étudiants font en classe », explique-t-elle.
Elle souligne l’ouverture de ses professeurs, notamment pour la tenue d’examens supervisés à distance ou adaptés à son calendrier de compétitions. Avec le temps, elle a développé ses propres outils d’apprentissage et identifié ses personnes-ressources.
« Je ne pourrais pas faire les deux en même temps s’il n’y avait pas cette ouverture de la part de l’École. Les études, c’est important pour moi », dit-elle.
Elle se rappelle notamment le soutien offert par l’un de ses professeurs, Hany Gomaa, qui avait accepté de la rencontrer individuellement à distance pendant ses heures de bureau normalement tenues en personne afin de l’aider à comprendre un concept manqué en raison de ses absences liées aux compétitions.
« J’ai vraiment eu l’impression qu’il voulait que je comprenne et qu’il voulait me soutenir. C’était une très belle attention et ça m’a beaucoup marquée », dit-elle.
Hany Gomaa, professeur au Département de génie mécanique, industriel et aérospatial de l’École Gina-Cody, garde un bon souvenir de Marion Thénault comme étudiante.
« Marion est un exemple remarquable d’athlète d’exception qui est aussi une étudiante en génie brillante, réfléchie et consciencieuse. Elle est sans aucun doute une future ingénieure au potentiel exceptionnel. Je suis convaincu qu’elle apportera des contributions importantes et durables à toute organisation qu’elle rejoindra. »
Marion Thénault: 'Il faut se tenir droit devant les choses qui nous intimident.' | Photo: Jean-Yves Gauthier
Des données pour passer à l’action
La rigueur qu’elle applique au sport et aux études se prolonge dans son engagement en développement durable. Depuis 2022, Marion Thénault mène une démarche visant à réduire et compenser l’empreinte carbone liée à sa carrière sportive. En partenariat avec la firme d’ingénierie WSP, elle quantifie les émissions associées aux déplacements, les siens comme ceux d’autres athlètes.
Ce travail l’a amenée à échanger avec des instances sportives afin que les données recueillies puissent, à terme, contribuer à repenser l’organisation des calendriers de compétition. L’objectif est de réduire les déplacements et, par conséquent, les émissions de gaz à effet de serre.
Sa démarche dépasse sa propre pratique sportive. Elle a aussi effectué un stage en développement durable chez CAE et s’implique auprès d’organisations à but non lucratif, dont Protect Our Winters.
Selon elle, son parcours universitaire joue un rôle central dans cette façon d’aborder les enjeux environnementaux.
« Ce qui m’a le plus aidée, c’est la confiance que j’ai gagnée en mes capacités au cours de mon bac. Mes études m’ont aussi permis d’avoir mon stage et ma collaboration chez CAE. Le fait de poursuivre mes études tout en compétitionnant parle aussi aux gens. Pour moi, c’est important, mais je ne pourrais pas faire les deux en même temps sans l’appui de Concordia. »
Se tenir droite
Lorsqu’on lui demande ce qu’elle aimerait que les personnes qui ne font pas de sport de haut niveau retiennent de son parcours, Marion Thénault revient à cette image de se tenir droite.
« Le saut est quelque chose qui me fait peur et qui m’intimide, mais c’est aussi le message que j’aime porter. Il faut se tenir droit devant les choses qui nous intimident. Pour moi, c’est un saut, mais cette idée s’applique à plusieurs domaines de notre vie. »