Une chercheuse de l’Université Concordia reçoit 1,3 million de dollars pour améliorer les soins aux enfants ayant de l’obésité
Angela Alberga, professeure agrégée au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée à l’Université Concordia, s’est vu remettre une subvention de 1,3 million de dollars des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le financement appuiera ses travaux, qui visent à transformer le soutien apporté aux enfants et aux familles touchées par l’obésité au Canada.
Les fonds proviennent d’une chaire en sciences de la mise en œuvre des IRSC d’un million de dollars dans le domaine de la santé des adolescents, ainsi que d’une subvention de projet des IRSC de 267 000 $ visant à étudier les effets psychosociaux imprévus des interventions de traitement de l’obésité chez les enfants et les adolescents.
Ensemble, ces deux investissements fédéraux majeurs aideront Angela Alberga et ses collaborateurs à concevoir des méthodes de soins de santé plus inclusives, équitables et ciblées pour les jeunes ayant de l’obésité et pour leurs familles.
Repenser les approches de l’obésité pédiatrique
Ces trente dernières années, les progrès en matière de recherche et de pratique clinique ont permis de mieux comprendre l’obésité pédiatrique. Angela Alberga affirme toutefois que les spécialistes du domaine en ont également tiré des leçons difficiles.
« Malgré les nombreuses percées de la recherche et de la pratique clinique qui nous ont permis de mieux comprendre et gérer l’obésité pédiatrique, nous nous sommes également trompés sur beaucoup de points, reconnaît la chercheuse. Malheureusement, certaines initiatives de recherche, de santé publique et politiques visant à réduire la prévalence de l’obésité pédiatrique ont causé du tort, même si ce n’en était pas l’intention. »
Ainsi, pour les personnes obèses, ces initiatives ont occasionné notamment une insatisfaction corporelle, des troubles de l’alimentation et des moqueries liées au poids – résultats qui découlent en partie de l’importance donnée au poids corporel et à la minceur dans la société.
Le projet de la professeure Alberga regroupe des partenaires provinciaux, nationaux et internationaux – notamment des jeunes, des soignants, des cliniciens ainsi que des réseaux et organismes scientifiques – afin d’examiner les répercussions positives et négatives des interventions de lutte contre l’obésité pédiatrique. L’équipe de recherche entend par ailleurs s’assurer que les futurs programmes favorisent le bien-être général sans perpétuer la stigmatisation.
« Nous devons réparer beaucoup de torts avant de mettre en œuvre de nouvelles directives fondées sur des preuves afin de contribuer à la santé et au bien-être des enfants et des adolescents, en particulier ceux qui appartiennent à des groupes en quête d’équité », ajoute la chercheuse.
Un comité consultatif de jeunes pour orienter la recherche
La nouvelle chaire de recherche d’Angela Alberga se distingue essentiellement par l’importance qu’elle accorde au travail direct avec les jeunes et les familles.
« Rien de ce qui les concerne ne se fera sans eux. Les enfants et les adolescents ne sont pas de petits adultes; ils possèdent un bagage d’expériences et de points de vue uniques qui doivent être pris en compte si nous voulons concevoir des projets de recherche qui, en fin de compte, auront une incidence sur les soins de santé qu’ils recevront », soutient-elle.
L’équipe de recherche créera un comité consultatif composé d’adolescentes et d’adolescents ayant de l’obésité qui sont confrontés à des obstacles liés à leur lieu de résidence, à leurs ressources ou à leur accès aux soins et dont le point de vue est rarement pris en compte dans le processus décisionnel. Ces jeunes guideront tous les aspects de la recherche.
« Environ 30 % des enfants et des adolescents présentent un surpoids au Canada, mais ce pourcentage n’est pas réparti de manière égale dans tout le pays, précise la professeure Alberga. Les enfants issus de communautés aux prises depuis longtemps avec des obstacles et des traitements inéquitables – notamment les enfants vivant dans des conditions socioéconomiques défavorables et les enfants noirs, autochtones ou appartenant à des groupes historiquement marginalisés et privés d’équité – sont touchés de façon disproportionnée. »
En mobilisant les jeunes, les soignants, les cliniciens et les partenaires communautaires du pays tout entier, les travaux d’Angela Alberga visent à orienter la réflexion nationale vers l’équité en matière de santé ainsi qu’à établir des systèmes de soins qui permettent à chaque enfant et à chaque famille de s’épanouir.
Apprenez-en plus sur les recherches menées au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée.