Andréanne Abbondanza-Bergeron, boursière Bronfman 2017, en vedette à l’occasion de la réouverture de la galerie FOFA de Concordia

Son exposition solo, LACUNA – LACUNE, se penche sur la rencontre entre déchets issus de la consommation et paysages naturels
29 septembre 2021
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« D’une démarche plutôt architectonique, je suis passée à un processus où je tente d’explorer notre relation avec le monde et le milieu naturel » explique l’artiste Andréanne Abbondanza-Bergeron.

Après une pause de vingt mois, la galerie FOFA de l’Université Concordia rouvre ses portes au public.

La première exposition organisée en présentiel à la galerie depuis la pandémie s’intitule LACUNA – LACUNE. Elle met en vedette les œuvres de l’artiste d’installation montréalaise Andréanne Abbondanza-Bergeron (B. Bx-arts 2007, M.A. 2010, M. Bx-arts 2017), chercheuse invitée à l’Université Concordia et titulaire de la bourse Claudine-et-Stephen-Bronfman en art contemporain 2017.

« C’est un espace complètement nouveau pour nous », fait remarquer Andréanne Abbondanza-Bergeron. LACUNE est la première incursion de l’artiste à FOFA et la première exposition organisée sous la houlette de la nouvelle directrice de la galerie, Nicole Burisch (M.A. 2011), qui a amorcé son mandat en août dernier.

Durant la pandémie de COVID-19, la galerie a lancé CU at FOFA, une plateforme commissariale Web destinée à la diffusion de sa programmation en ligne, dans laquelle figure notamment We Are Still Processing 2020, une série de conversations coanimées par Geneviève Wallen, coordonnatrice des expositions à FOFA, en collaboration avec Maya Rae Oppenheimer et Joni Cheung, du cycle de conférences Conversations in Contemporary Art (« conversations sur l’art contemporain »).

La galerie a par ailleurs lancé une série d’infolettres sur le thème Isolate In style, où l’on présente des échanges avec divers artistes et commissaires, dont Daisy Desrosiers et Charlene K. Lau.

« Notre collaboration avec Andréanne dans le cadre de notre retour au présentiel s’est révélée une excellente façon de se réapproprier les caractéristiques physiques de la galerie, fait valoir Nicole Burisch. Son approche mûrement réfléchie à l’égard de l’installation [en tant que geste artistique] nous a amenés à envisager l’espace sous de nouveaux angles. »

<em>Entanglement</em>, 2020, par Andréanne Abbondanza-Bergeron. | Image fournie avec la permission de l'artiste Entanglement, 2020, par Andréanne Abbondanza-Bergeron. | Image fournie avec la permission de l'artiste

La pandémie : déclencheur d’un virage dans sa pratique artistique

Andréanne Abbondanza-Bergeron est diplômée du programme de maîtrise ès beaux-arts spécialisée en sculpture offert par le Département des arts plastiques de Concordia. Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions individuelles et collectives présentées dans différentes villes canadiennes ainsi qu’ailleurs dans le monde, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique, au Mexique et aux États-Unis.

Mme Abbondanza-Bergeron est en outre professeure au Département de communication, de médias et d’arts plastiques du cégep Vanier.

Le corpus d’œuvres présenté dans le cadre de LACUNA – LACUNE investit l’espace de la galerie FOFA dans son intégralité – une série de photographies immersives occupent les vitrines, alors qu’une nouvelle proposition in situ meuble la salle principale de la galerie. L’artiste y poursuit son exploration des matériaux propres aux bâtiments industriels et institutionnels, tout en y négociant un virage amorcé récemment dans sa pratique artistique.

« Il y a, dans mon travail, quelque chose qui a considérablement gagné en importance durant la pandémie – ce à quoi j’avais accès, et ma façon d’appréhender les choses », explique Andréanne Abbondanza-Bergeron. « Je dirais que le sujet traité est en mutation. »

À travers ses conversations avec Nicole Burisch, l’artiste a commencé à imaginer des façons d’articuler ce changement important déclenché par les expériences et les ralentissements de la pandémie. Du dialogue a émergé une nouvelle manière de présenter les récentes œuvres photographiques de l’artiste, de sorte à faire écho aux installations de la salle principale et de la Boîte noire, et à réunir tous les éléments de l’exposition.

« D’une démarche plutôt architectonique, je suis passée à un processus où je tente d’explorer notre relation avec le monde et le milieu naturel. »

Une réflexion sur l’humain et l’espace qu’il habite

Pour Andréanne Abbondanza-Bergeron, LACUNA – LACUNE est une réflexion à propos de la relation précaire qu’entretient l’humain avec l’espace qu’il habite. Elle documente ses découvertes sur les déchets issus de la consommation, lesquels – dans leurs ultimes stades d’utilisation et de décomposition – deviennent partie intégrante du paysage naturel, à l’instar de pneus qui flottent sur un lac ou encore, d’éclats de verre, incrustés dans la mousse.

L’artiste se dit enthousiaste à l’idée de partager cette expérience d’exposition en personne, avec les membres du public – « des moments que nous tenions en quelque sorte pour acquis auparavant ».

Ravie de pouvoir à nouveau travailler en présentiel, Nicole Burisch abonde dans le même sens. Elle voit cette occasion comme une période de transition intense, où tout un chacun s’interroge sur sa manière de vivre, de travailler et de partager différemment ses expériences virtuelles dans l’après-pandémie.

« Dans son exposition, Andréanne aborde des idées importantes qui, je pense, nous interpellent beaucoup en ce moment. »


L’exposition
LACUNA – LACUNE d’Andréanne Abbondanza-Bergeron est présentée du 1er octobre au 5 novembre 2021 à la galerie FOFA de l’Université Concordia.

L’événement est rendu possible grâce au soutien de la Fondation de la famille Claudine et Stephen Bronfman et du Conseil des arts du Canada.

 

 



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