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Sept artistes autochtones présentent une installation collaborative dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal

Le projet Memory Keepers I Gardiens des mémoires est financé par des subventions octroyées à Heather Igloliorte, professeure à Concordia, et Julie Nagam, chercheuse invitée en résidence
26 février 2019
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« Nous espérons que le résultat sera ludique, expérimental et interactif. » | Travail en cours dans les Open Studios du Banff Centre, par Glenn Gear, en 2018. Photo par Julie Nagam

La 16e édition du festival nocturne annuel Nuit blanche comprendra une installation créée par sept artistes autochtones qui collaboreront pour la première fois à Concordia.

Le projet est organisé et conçu par Heather Igloliorte, titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia en histoire de l’art et en engagement communautaire autochtones, Carla Taunton, professeure agrégée en histoire de l’art au Collège d’art et de design de la Nouvelle-Écosse, et Julie Nagam, titulaire de la chaire en histoire de l’art autochtone en Amérique du Nord à l’Université de Winnipeg et chercheuse invitée en résidence au Département d’histoire de l’art de Concordia.

Tout au long de la semaine de relâche, un atelier intensif de la grappe de recherche sur les initiatives pour l’avenir des Autochtones de l’institut Milieux pour les arts, la culture et la technologie, à Concordia, permettra à des artistes du Québec et de l’Arctique canadien d’accéder à de l’équipement technique, dont des lumières et des projecteurs pour l’extérieur, ainsi qu’à du matériel et à des espaces de création, notamment des studios de sculpture et de peinture. L’objectif : créer une installation artistique visuelle propre à un lieu précis.

Le résultat sera présenté dans la cour extérieure de la Galerie FOFA durant la Nuit blanche, le 2 mars. Incidemment, en été, la galerie accueille le festival de films Tillutarniit, qui met de l’avant la culture inuite.

« Nous voulons que les Montréalais et Montréalaises et les membres de la communauté de Concordia viennent voir ce que les artistes ont réussi à faire en une semaine », explique Mme Igloliorte.

Mme Nagam, quant à elle, est curieuse des retombées de l’installation.

« J’ai hâte de voir ce qui va en ressortir », indique-t-elle.

Créateurs de mémoire

Sur le thème Memory Keepers 1 | Gardiens des mémoires, les artistes se pencheront sur leur histoire et leur avenir de même que sur la question du territoire et de leur rapport à celui-ci.

« Ces performeurs et ces artistes du numérique évoquent leur propre mémoire dans leur travail, mais ils sont aussi créateurs de mémoire », souligne Mme Nagam, dont la subvention du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), intitulée « Transactive Memory Keepers », finance le projet.

L’installation se veut un prolongement du travail déployé par Concordia pour doubler son effort de recherche ainsi que de l’engagement continu de l’Université à l’égard de la réconciliation avec les peuples autochtones.

Heather Igloliorte, qui est professeure agrégée en histoire de l’art, dit espérer un résultat ludique, expérimental et interactif. L’an dernier, le CRSH lui a octroyé une subvention de 2,5 millions de dollars pour son projet Inuit Futures in Arts Leadership, qui vise à favoriser la participation inuite dans le secteur des arts. Récemment, en vue de la suite de son travail, le CRSH lui a aussi accordé une subvention spéciale de 50 000 $ pour la recherche autochtone et la réconciliation.

Outre les subventions octroyées à Mme Igloliorte par le CRSH, le Bureau de l’engagement communautaire, le Département d’histoire de l’art et la grappe de recherche sur les initiatives pour l’avenir des Autochtones ont tous contribué au projet.

Des nuits blanches partout au pays

L’installation fait partie du collectif GLAM (« Galleries, Libraries, Archives and Museums ») récemment fondé par Mmes Igloliorte, Taunton and Nagam, qui s’intéresse à la diffusion de l’art autochtone. À l’aide de la subvention accordée à Mme Nagam par le CRSH, cette année et en 2020, le collectif réunira des groupes d’artistes autochtones qui créeront d’autres installations lors de festivals nocturnes partout au pays.

En 2021, le projet donnera lieu à une grande exposition qui pourrait rassembler toutes les œuvres dans un même espace.

Chaque installation sera réalisée par des artistes locaux et reflétera son lieu de création.

« Il y a beaucoup d’Inuits dans ce groupe-ci, mais il y aura probablement davantage de Micmacs sur la côte est, et peut-être plus de Métis ou de membres des Premières Nations à Winnipeg. Nous essayons toujours de faire appel à des artistes locaux », indique Mme Igloliorte.

« À Montréal, poursuit-elle, comme j’ai reçu une subvention qui vise spécifiquement à appuyer les artistes inuits, nous avons décidé de parler du nord qui voyage vers le sud. »

Les participants sont la cinéaste et artiste contemporaine franco-algonquine Caroline Monnet, l’artiste multimédia et sculpteur inuk Jesse Tungilik, qui vit au Nunavut, l’animateur inuit terre-neuvien Glenn Gear, qui habite Montréal, l’artiste d’installation et de nouveaux médias gwich’in et inuvialuit Tom McLeod, le graphiste Jason Sikoak, du Nunatsiavut, qui étudie les arts plastiques à Concordia, la peintre et conservatrice inuvialuit Darcie Bernhardt et la peintre inuk Megan Kyak-Monteith, qui fait son baccalauréat en beaux-arts à Halifax.

Faire tomber les préjugés

« Nous invitons Caroline Monnet, une artiste autochtone francophone établie, à entrer en conversation avec un groupe d’artistes inuits pour la plupart émergents ou en début de carrière », note Mme Igloliorte. « L’idée d’une collaboration entre des gens qui n’ont pas souvent l’occasion de travailler ensemble est très intéressante. »

M. Tungilik, en résidence à Concordia pour le trimestre d’hiver, se réjouit à l’idée de collaborer avec d’autres artistes.

Il espère que l’installation permettra aux visiteurs d’élargir leurs horizons. « Par mon travail sculptural, dit-il, j’essaie d’amener le public à aborder certaines questions d’un autre œil, particulièrement en ce qui concerne les peuples autochtones au Canada. »

« Il y a tellement de points de vue profondément ancrés, ajoute-t-il, et comprendre la perspective d’autrui peut être difficile. Un de mes objectifs, c’est d’amener les gens à voir au-delà de leurs préjugés. »


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Memory Keepers 1 | Gardiens des mémoires.



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