Tina Lam
....et le Cosmos revient réclamer sa place
9 mars – 22 mai, 2026
Image courtoisie de l'artiste
À propos de l'exposition
Depuis des millénaires, l’humanité tourne son regard vers le cosmos comme source d’inspiration, de spiritualité, d’émerveillement, de mystères et d’orientation. À l’ère moderne, nos ambitions cosmiques ont pris des proportions gargantuesques, des milliards étant investis pour sonder les phénomènes les plus énigmatiques de l’univers. Parmi eux, les neutrinos. Surnommées « particules fantômes » par les physicien·ne·s, chaque seconde, environ 100 billions de ces particules subatomiques traversent nos corps, presque indétectables, sauf par les instruments scientifiques les plus avancés. Poursuivant mon exploration de l’enchevêtrement de l’humanité avec l’inconnu et le plus-qu’humain, j’ai commencé à investir des environnements naturels pour y réaliser des interventions de land art à l’aide de papier d’aluminium noir, ou cinefoil, comme forme de travail de terrain thérapeutique. Élevé·e en milieu urbain par des parents réfugiés cambodgien·ne·s-chinois·es, dont j’ai hérité d’une peur profonde du monde naturel, je passe désormais de longues heures en forêt, en contact direct avec l’inconnu, accompagné·e par le vent et le fracas des eaux, moulant à la main le cinefoil sur des arbres et des rochers. Je retourne ensuite à l’atelier avec ces coquilles sculpturales, fantomatiques et noires. À travers le film noir, les surfaces reconnaissables des arbres et des pierres, autrefois effleurées par la lumière du soleil, sont rendues à l’obscurité silencieuse du cosmos.
Dans une galerie blanche et stérile, emblématique des espaces culturels contemporains, j’ invoque la descente du cosmos pour qu’il vienne reprendre sa place. À l’image des neutrinos, ces fragments d’obscurité traversent gracieusement nos corps par l’œil de l’esprit — 100 billions chaque seconde.
Biographie
Tina Lam, née à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal de parents réfugiés cambodgiens-chinois, est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts en arts visuels créatifs (Cornell University), d’un baccalauréat en beaux-arts en arts plastiques (Université Concordia) et d’un doctorat en chimie (Université McGill). Lam a reçu des bourses du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, et a été finaliste du Prix Polygone 2024 (Conseil des arts de Montréal).
Parmi ses résidences figurent Shandaken: Storm King (NY), la NARS Foundation (NY), Sagamie (QC) et le Carving Studio & Sculpture Center (VT). Son travail a été présenté à travers l’Amérique du Nord, notamment à Ortega y Gasset Projects (NY), à la NARS Foundation (NY), à L’Écart (Rouyn-Noranda) et au Centre Sagamie (Alma). En 2025, elle a été finaliste du programme d’art CIBC C² (Toronto) et a participé au programme ARTCH (Montréal).