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Po B. K. Lomami

Compartimental

9 mars – 22 mai, 2026

À propos de l'exposition

Compartimental aborde les architectures que nous construisons pour vivre avec ce qui nous dépasse. L’exposition commence par une question simple mais urgente : quelle est l’infrastructure du cloisonnement et que se passe-t-il lorsque ces compartiments s’érodent, saignent ou s’effondrent ? À travers des installations, des images, des sons et des textes, les œuvres de Compartimental marquent à la fois des infrastructures physiques et émotionnelles. Ici, le cloisonnement n’est pas seulement une fragmentation, mais une stratégie de partition nécessaire qui permet à la vie de se poursuivre au milieu de la violence, du déplacement et des ruptures héritées et en cours. Organisée comme des chambres psychiques, l’exposition contient des agencements interrompus reflétant des histoires interrompues, avec une logique spatiale faite de seuils, de séparations et de pauses potentielles qui façonnent le passage d’une observation passive à une navigation intentionnelle. Plis sous la pression accumulée, les compartiments ne sont pas fixes. J’essaie de tracer la tension entre structure et débordement : la rage qui presse contre la contention, le deuil qui se diffuse à travers les générations et l’opacité qui résiste à l’extraction. Ce qui apparaît comme « rien » (derrière une surface scellée et se donnant pour une normalité saine) est rempli d’une densité de surplus. Dans cet espace infrastructurel, ce qui semble être de l’inaction pourrait en réalité être une endurance active, aux effets différés ou progressivement libérés. Dans un contexte qui valorise une cohérence normative et une transparence consommable, Compartimental propose un autre mode : la fragmentation peut être protectrice sans bloquer, la rage est un signe de santé mentale, et si la survie chronique dépend souvent de l’art délicat du cloisonnement, nous pouvons honorer le courage ou l’élan de laisser ces partitions respirer, fuir et tacher. 

Biographie

Po B. K. Lomami (Pauline Batamu Kasiwa Lomami) est artiste-chercheure indisciplinaire et enseignante. Issue de la diaspora congolaise en Belgique, iel vit actuellement à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2017. Explorant la rage et l'échec, la pratique artistique de Lomami s'articule autour du déplacement du travail, du devenir de sa subjectivité et des futurs collectifs possibles.

S’intéressant au processus entre l’action et l’inaction, iel interroge les gens, les institutions et iel-même à travers l'affection, la force, l'absurde, le quotidien et les données. Iel construit des super-archives qui ne fixent pas le moment de l’action dans un document traité mais qui à la place prennent la forme d’œuvres installatives, vidéo, sonores et électroniques qui explorent la super-performativité comme une opportunité de redevenir sensible aux données et de sentir quelqu’un ou quelque chose qui n’est pas ou plus là.

Son travail a été présenté en Belgique, en Suède, à New York et au Canada et ses textes ont été publiés dans des publications françaises, québécoises et panafricaines. 

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