Helen Bambic-Workman (1935-2022) : employée du Service audiovisuel, diplômée de Concordia, pionnière et source d’inspiration

« Elle nous donnait l’impression que tout était possible », se souvient son ancienne collègue Sara Morley
25 février 2022
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Une jeune Helen Bambic-Workman dans sa voiture. Une jeune Helen Bambic-Workman dans sa voiture.

Helen Bambic-Workman (B. Bx-arts 1979, M. Bx-arts 1986), employée du Service audiovisuel de Concordia du milieu des années 1970 jusqu’à sa retraite en 1995, est décédée à Victoria, en Colombie-Britannique, le 31 janvier dernier. Elle était la créatrice de MITE AVISTA, le laboratoire multimédia ultramoderne de Concordia, qui a permis à une foule de membres de l’effectif étudiant et du personnel d’accéder à des technologies émergentes de 1989 à 2003.

Sara Morley (B. Bx-arts 1994), directrice créative de Design Postimage à Montréal; Scott Prentice; Salvatore Barrera (B.A. 1993); et Holly Workman (fille de Mme Bambic-Workman), se souviennent de cette ancienne collègue.

Helen Bambic-Workman a poussé son dernier soupir le 31 janvier à 22 h 40 HNP – moins d’une heure après le début du Nouvel An lunaire et de l’année du Tigre. Helen était une force vive et une matriarche de la technologie. Elle manquera beaucoup à tous ceux et celles qui l’ont connue.

Helen Bambic-Workman naît le 22 juin 1935 à Kirkland Lake, en Ontario. Peu après, sa famille déménage à Val‑d’Or, au Québec. À 18 ans, elle vient à Montréal étudier en sciences infirmières à l’Université McGill, recevant sa formation à l’Hôpital Royal-Victoria. Elle termine sa scolarité, mais se voit refuser l’agrément lorsqu’elle tombe enceinte. Elle et ses camarades de classe protestent si vigoureusement que cette politique est révoquée l’année suivante.

Helen se marie en 1955, donne naissance à quatre enfants et, comme beaucoup de femmes de sa génération, reste à la maison pour les élever. Voulant faire plus de sa vie, elle divorce et, à 40 ans, s’inscrit au programme de cinéma de Concordia. Après l’obtention de baccalauréat ès beaux-arts en production cinématographique en 1979, elle est embauchée pour diriger AVISTA, le secteur des technologies audiovisuelles d’enseignement de l’Université. Durant la même période, elle poursuit ses études le soir.

En 1989, Helen, qui gère AVISTA depuis 10 ans, décroche une maîtrise en technologie éducative. Elle adore son travail et se sent privilégiée de fournir aux étudiantes et étudiants les meilleurs outils de production média qui soient.

Helen achete un ordinateur Amiga 1000 en décembre 1988. AVISTA possède désormais un outil ultramoderne qui permet aux utilisateurs, entre autres choses, de créer des titres de vidéo d’aspect professionnel, de réaliser des animations 2D dans un formidable programme de peinture d’image ainsi que de numériser des images afin de transférer des éléments graphiques, des photos et des cartes sur l’ordinateur. Tous ces éléments peuvent ainsi être traités et retransférés sur bande vidéo.

Helen Bambic-Workman, à droite, avec Rose Sheinin, vice-rectrice des affaires académiques, au laboratoire informatique MITE AVISTA en décembre 1993. Helen Bambic-Workman, à droite, avec Rose Sheinin, vice-rectrice des affaires académiques, au laboratoire informatique MITE AVISTA en décembre 1993.

« Elle nous donnait les moyens de nous épanouir »

Helen Bambic-Workman est ses collègues d’AVISTA Pamela Burns et Stefan Buchholz (B. Inf. 1991) imaginent le modèle du laboratoire intégré des technologies média (Media Integrated Technology Environment, ou MITE), sorte de terrain de jeu technologique pour les étudiantes et étudiants de toute l’Université. Les gens qui y travaillent le surnomment « le grand laboratoire » (the mighty lab).

Helen encourage les membres de son équipe – qu’elle surnomme les « cracks de MITE » (MITE mavens) – à faire preuve d’imagination, d’indépendance, de concentration et de curiosité. Au laboratoire MITE, situé au mystérieux troisième étage du pavillon Henry-F.-Hall, étudiants et professeurs de toute discipline peuvent parfaire leurs compétences et partager leurs apprentissages les uns avec les autres. Helen et ses cracks élaborent des ateliers pratiques visant à faciliter l’initiation aux outils de production multimédia – les cours Video Toaster et d’animation 3D sont particulièrement populaires.

Le cours avant-gardiste Women and the Fine Arts (« les femmes et les beaux-arts ») de Concordia présentent les travaux d’artistes pionnières de la vidéo et encouragent étudiantes et étudiants à réaliser leurs propres vidéos au laboratoire MITE. C’est ce cours qui nous a amenées, Deborah VanSlet (B.A. 2003, maintenant vidéographe et raconteuse d’expérience) et moi au laboratoire. Cela a changé le cours de nos vies créatives.

Helen faisait clairement sentir à toutes les jeunes femmes qui osaient pousser la porte du laboratoire qu’elles y étaient chez elles. Elle nous donnait les moyens de nous épanouir et l’impression que tout était possible.

En 1995, Helen a pris sa retraite. En 1999, elle a figuré dans le documentaire Oh Mother!. Ce portrait intime de trois générations de mères, réalisé par ma consœur MITE Sandra Dametto (B.A. 1994, M.A. 2001) et moi, a été diffusé sur les ondes du Women’s Television Network (WTN) à l’occasion de la fête des Mères.

Le laboratoire MITE a fermé ses portes en 2003, mais son impact dure toujours chez les étudiantes et étudiants qui y ont amorcé leur exploration de la technologie multimédia – dont un grand nombre ont continué de travailler, de créer et d’innover dans ce domaine.

Après avoir vécu à temps plein dans sa magnifique propriété de l’Estrie, au Québec, en 2001, Helen a déménagé à Victoria pour se rapprocher de ses enfants. Tous les quatre sont attristés par son départ, tout comme l’ensemble de sa famille du laboratoire MITE.


Lisez l’hommage intégral de Sara Morley à Helen Bambic-Workman,
Mighty Helen.

Apprenez en plus sur le programme de technologie éducative de Concordia.

 



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