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Un appareil portatif pour dépister la COVID-19

De Montréal à Abu Dhabi, Anas Alazzam attribue sa passion pour les petits appareils à son parcours à Concordia
7 avril 2021
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Par Charlie Fidelman

Anas Alazzam, Ph. D. 2010 M. Alazzam tient un appareil de dépistage de maladie portatif qui fournit des résultats en quelques minutes. | Photo: Université de Khalifa

Pour l’ingénieur mécanicien Anas Alazzam, Ph. D. 2010, c’est dans les petits pots qu’on trouve les meilleurs onguents. Il se spécialise en effet dans la création de petits outils qui facilitent les tâches répétitives. Il a ainsi conçu des dispositifs de laboratoire sur puce pour détecter le cancer, et son plus récent appareil miniature est une trousse d’analyse portative capable de dépister une infection par la COVID-19 en quelques minutes.

Professeur agrégé à l’Université de Khalifa, à Abu Dhabi, Anas Alazzam a dirigé les recherches visant à mettre au point ce dispositif après l’émergence du coronavirus l’an dernier. Ses travaux ont d’ailleurs accéléré les efforts locaux contre le virus lorsque des analyses rapides se sont révélées cruciales pour combattre la pandémie.

« Nous avons commencé en mai, mais après deux mois de travail, nous avons réalisé que la conception d’un appareil de type PCR (soit à réaction en chaîne par polymérase), jetable et à usage unique pour une personne, était trop coûteuse et trop complexe », explique le chercheur.

L’équipe a changé d’approche pour parvenir, en octobre, à un dispositif de petite taille à la fois efficace, abordable et aussi précis que les tests PCR actuels. Tenant dans la paume de la main, l’appareil fournit des résultats en 45 minutes et coûte moins de 10 $ par test. De plus, chaque trousse peut effectuer jusqu’à 16 analyses toutes les 45 minutes. « Imaginez qu’une trentaine de ces trousses soient disponibles dans un aéroport », suggère le Pr Alazzam.

L’appareil de dépistage « permet de tester les travailleurs de première ligne dans les cliniques et les bureaux, de même que les voyageurs dans les gares routières, les aéroports et les avions, poursuit-il. Bref, partout où un dépistage rapide de la maladie serait utile. »

Le dispositif a récemment été approuvé par le ministère de la Santé d’Abu Dhabi et pourra être utilisé lorsque ses laboratoires l’auront de nouveau validé.

Comment cela fonctionne-t-il?

La trousse détecte la COVID-19 à partir d’un écouvillon inséré dans le nez du patient. Elle recourt à une amorce et à une méthode dite « LAMP », une technologie d’amplification ultrasensible élaborée il y a 20 ans, qui permet le dépistage du virus.

« Cette technologie amplifie les traces du virus [sur l’écouvillon nasal] à tel point qu’on peut observer un changement de couleur », explique Anas Alazzam. Une sonnerie se fait entendre lorsque l’analyse est terminée. Les résultats sont codés par couleur : fuchsia pour un résultat négatif, jaune-orange pour un résultat positif. Selon le chercheur, l’équipe examine la possibilité de remplacer l’écouvillon nasal par un échantillon de salive pour faciliter le dépistage chez les enfants.

« Je n’hésiterais pas à suivre le même parcours »

Lorsque Anas Alazzam envisageait de poursuivre des études supérieures, il a choisi le Canada plutôt que les États-Unis. Attiré par la réputation d’excellence de Concordia, il a envoyé à l’Université une demande d’admission qui, à sa surprise, a été immédiatement acceptée.

« Je n’ai envoyé qu’une seule demande – à Concordia. Je suppose que j’ai eu de la chance, affirme-t-il, mais je n’hésiterais pas à suivre le même parcours, et je travaillerais avec les mêmes superviseurs ».

Le chercheur fait référence aux professeurs Rama Bhat et Ion Stiharu. Il a d’ailleurs tissé des liens durables avec ce dernier. « Nous avons publié un article ensemble en 2020, et ma famille a visité la sienne à Montréal en 2019. Notre relation dépasse largement celle d’un étudiant et de son superviseur, mais je ne peux pas me résoudre à l’appeler par son nom, même s’il me le demande – c’est toujours “Professeur” ».

Anas Alazzam garde un précieux souvenir de l’installation d’une « salle blanche » dans le laboratoire du Pr Stiharu aux fins de recherche sur les microdispositifs, de sa satisfaction lorsque son appareil conçu pour séparer les cellules cancéreuses des globules sanguins a fonctionné – il était devenu bénévole à l’Hôpital général juif de Montréal durant un an pour travailler sur des cellules vivantes – et, surtout, de sa soutenance de thèse.

Après un bref passage à l’Agence spatiale canadienne à Montréal, le Pr Alazzam est revenu à l’enseignement supérieur lorsque l’Université de Khalifa lui a offert un poste. Il établit un lien direct entre ses travaux actuels et les connaissances qu’il a acquises à Concordia, quand il étudiait la microfluidique, la diélectrophorèse et les applications des microdispositifs en santé.

Anas Alazzam affirme d’ailleurs se référer encore à ses notes de Concordia à ce jour. « Ce n’est pas une question de classement universitaire, mais de qualité de l’enseignement », conclut-il.



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