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RECHERCHE : Le dépassement climatique aura des répercussions durables même si la température planétaire retombe

Selon une recherche menée à l’Université Concordia, la prise en compte des effets cumulatifs de ce dépassement pourrait aider les gouvernements à mieux évaluer les risques climatiques et à planifier les mesures d’adaptation

Selon une nouvelle étude menée par une équipe de recherche de Concordia, le retour des températures planétaires sous la limite des cibles climatiques ne permettrait pas nécessairement de réparer les dommages causés par le dépassement de ces objectifs.

L’étude montre qu’un dépassement même temporaire des seuils de réchauffement climatique établis à 1,5 °C ou à 2 °C peut entraîner des changements durables dans les océans, le pergélisol et d’autres composantes du système climatique, même si les températures finissent par redescendre en dessous de ces seuils.

En utilisant le modèle climatique du système terrestre de l’Université de Victoria, les membres de l’équipe de recherche ont comparé 42 paires de scénarios. Dans chaque paire, un scénario dépassait temporairement sa limite de réchauffement avant de s’y conformer à nouveau, tandis que l’autre restait en deçà du seuil.

L’équipe a mesuré le dépassement à l’aide de « degrés-années », unité qui tient compte à la fois de l’ampleur du dépassement par rapport à une valeur cible et de la durée pendant laquelle les températures restent au-dessus de cette valeur. Elle a constaté que les degrés-années constituaient un prédicteur très fiable des changements durables observés dans plusieurs variables climatiques.

Certaines variables se sont révélées beaucoup plus sensibles au réchauffement que d’autres. Le pergélisol, par exemple, n’a montré pratiquement aucune récupération du carbone perdu lorsque les températures sont revenues à leurs niveaux de référence. L’élévation du niveau de la mer, le réchauffement des océans et la diminution du taux d’oxygène dans les océans ont également persisté dans une large mesure après le dépassement des seuils.

Les résultats donnent à penser que le niveau maximal de réchauffement ne reflète pas à lui seul toute la réalité. La durée pendant laquelle une variable reste au-dessus d’un seuil cible peut également déterminer dans quelle mesure les changements qui s’ensuivent seront durables.

Pour les décideurs, cela signifie que les cibles climatiques ne doivent pas être considérées simplement comme des niveaux de température qui finiront par être atteints même après un dépassement des limites. Le cheminement menant à ces températures a son importance. La prise en compte des effets cumulatifs du dépassement des cibles pourrait aider les gouvernements à mieux évaluer les risques climatiques et à planifier les mesures d’adaptation.

L’article a été publié dans la revue Nature Communications Earth and Environment. Il a été rédigé par le boursier postdoctoral de l’Université Concordia Mitchell Dickau ainsi que par les professeurs Damon Matthews, du Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université et Kirsten Zickfeld, du Département de géographie de l’Université Simon Fraser.

Lisez l’article : « Irreversible climate changes driven by degree-years of temperature overshoot ».



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