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L’aménagement des parcs n’exerce pas le même effet sur le rafraîchissement le jour et la nuit, selon une étude de l’Université Concordia

Un meilleur équilibre entre arbres et espaces ouverts pourrait rendre les conditions plus confortables pendant les vagues de chaleur
April 13, 2026
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Un parc verdoyant bordé d'arbres. Des étudiants marchent le long des allées en direction des bâtiments du campus de Loyola, dissimulés derrière le feuillage. « Comprendre l’incidence de l’aménagement urbain sur le confort thermique peut aider les villes à prendre de meilleures décisions en cette époque où les chaleurs extrêmes deviennent de plus en plus fréquentes », avance Lingshan Li.

Les parcs urbains sont souvent considérés comme des refuges naturels contre la chaleur estivale. Or, selon une nouvelle étude de l’Université Concordia, la façon dont les arbres sont disposés dans les parcs peut, selon l’heure de la journée, influer sur la capacité de ces espaces à rafraîchir les gens ou à retenir la chaleur.

Dans le cadre d’un article publié dans Urban Forestry and Urban Greening, une équipe de recherche a étudié la température et l’humidité de l’air dans 13 parcs de Montréal pour comprendre l’incidence de différents schémas d’aménagement des arbres sur l’effet de rafraîchissement pendant le jour et la nuit.

« On suppose souvent que plus il y a d’arbres, plus il y a de fraîcheur », observe l’auteure principale de l’étude, Lingshan Li, doctorante au Département de géographie, urbanisme et environnement. « Mais nos résultats montrent que la configuration des arbres et l’aménagement d’espaces ouverts ont tout autant d’importance ».

Les arbres rafraîchissent le jour, mais pas toujours la nuit

À l’aide de capteurs installés dans les parcs, l’équipe a mesuré la température et l’humidité dans trois types d’environnements : des zones de pelouse ouverte, des groupes d’arbres dispersés et de grands groupes d’arbres concentrés.

L’équipe a constaté que les grands groupes d’arbres concentrés assuraient une meilleure fraîcheur pendant le jour, grâce aux effets d’ombre et d’évapotranspiration – deux processus qui, combinés, permettent à l’eau de passer de la surface de la terre à l’atmosphère. Cependant, ces mêmes ensembles densifiés d’arbres ralentissaient la libération de chaleur après le coucher du soleil, ce qui maintenait des températures plus élevées la nuit.

En revanche, les zones de pelouse ouverte étaient souvent plus chaudes pendant les journées ensoleillées, voire plus que les surfaces asphaltées avoisinantes. Cependant, ces zones se refroidissaient plus rapidement une fois le soleil couché, permettant aux parcs d’évacuer pendant la nuit la chaleur emmagasinée.

L’équipe de recherche a également calculé la température au thermomètre mouillé, une mesure qui combine la chaleur et l’humidité et reflète mieux les conditions de confort thermique pour les personnes. Elle a ainsi observé que l’humidité atténuait la plupart des écarts de température entre les différentes zones des parcs.

Concevoir les parcs pour un confort permanent

Selon Lingshan Li, ces résultats mettent en évidence la nécessité d’adopter une approche plus nuancée du verdissement urbain. Si la plantation d’arbres reste essentielle pour réduire l’exposition à la chaleur pendant le jour, le fait de laisser des zones ouvertes dans les parcs peut aider les villes à éviter de retenir la chaleur pendant la nuit, en particulier durant les vagues de chaleur. 

« Un parc qui répond aux besoins des visiteurs à différents moments de la journée se doit d’être structurellement diversifié, poursuit la doctorante. Un équilibre entre les arbres matures et les zones de pelouse ouverte peut contribuer à maintenir des conditions de confort aussi bien pendant le jour que pendant la nuit. »

L’étude donne également à penser que les urbanistes et les architectes paysagistes devraient envisager des compromis entre la densité des arbres et le rafraîchissement nocturne lors de la conception ou de l’aménagement des parcs.

Implications pour Montréal et ailleurs 

Les étés chauds et le climat continental humide de Montréal rendent ces résultats particulièrement pertinents à l’échelle locale. D’après l’équipe de recherche, des modèles semblables pourraient toutefois être appliqués dans d’autres villes ayant un climat comparable.

Au-delà des questions de conception immédiates, l’étude pourrait également permettre d’améliorer les modèles climatiques urbains en y intégrant les différences entre les groupes d’arbres dispersés et concentrés et en tenant compte des zones de pelouse ouvertes – facteurs souvent négligés ou exclus de l’analyse.

Lingshan Li espère que de futures études examineront l’incidence des essences d’arbres, la structure de la canopée, l’irrigation et les conditions météorologiques, comme le vent et le rayonnement solaire, sur la capacité de régulation de la température des parcs. 

« Les espaces verts urbains sont essentiels à la résilience climatique, soutient-elle. Comprendre comment leur conception a une incidence sur le confort thermique peut aider les villes à prendre de meilleures décisions en cette époque où les chaleurs extrêmes deviennent de plus en plus fréquentes. »

 

Découvrez le Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université Concordia.



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