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Un mauvais sommeil chez un des partenaires peut avoir un effet sur l’alimentation des deux membres du couple, révèle une nouvelle étude

La qualité du sommeil pourrait jouer un rôle dans la capacité des couples à maintenir de saines habitudes alimentaires
15 septembre 2026
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A blurred woman eats junk food

On sait qu’un sommeil de mauvaise qualité peut nuire à la qualité de l’alimentation. Or, selon une nouvelle étude dirigée par l’Université Concordia auprès de couples vivant sous le même toit, un mauvais sommeil peut exercer un effet sur les choix alimentaires non seulement de la personne qui en souffre, mais aussi de son partenaire. Puisque les couples qui dorment ensemble partagent souvent aussi leurs repas, les choix alimentaires malsains de l’un peuvent se répercuter sur les habitudes de l’autre, indique l’équipe de recherche.

Publiée dans la revue Annals of Behavioral Medicine, l’étude montre un lien entre un mauvais sommeil et une diminution de la capacité à maintenir une alimentation saine. En effet, les personnes ayant mal dormi ont indiqué consacrer moins d’efforts à bien manger et être moins certaines de pouvoir conserver de bonnes habitudes alimentaires. Fait intéressant, leur partenaire, même en ayant bien dormi, ont déclaré des effets semblables.

Autrement dit, le sommeil n’est pas seulement un facteur de santé individuelle, souligne l’auteur source de l’étude, Jean-Philippe Gouin, professeur au Département de psychologie.

« Les personnes dont le ou la partenaire manque de sommeil nous disent qu’elles se sentent moins capables de respecter une alimentation saine et qu’elles font donc moins d’efforts en ce sens, explique-t-il. C’est probablement parce qu’un individu qui dort mal est plus susceptible de consommer et de proposer à l’autre des aliments très appétissants et caloriques, comme des craquelins, des croustilles, du chocolat ou des friandises. »

A man in a blue short and short brown-grey hair « Les personnes dont le ou la partenaire manque de sommeil nous disent qu’elles se sentent moins capables de respecter une alimentation saine et qu’elles font donc moins d’efforts en ce sens, » selon Jean-Philippe Gouin

Les comportements alimentaires liés au sommeil varient selon le genre

L’étude a suivi 204 couples vivant sous le même toit au Canada pendant une période de trois mois. Chaque partenaire a répondu à des questionnaires portant sur ses habitudes de sommeil et son alimentation au début de l’étude, puis un mois et trois mois plus tard. Pendant les deux premières semaines, chacun a également tenu un journal quotidien consignant les efforts déployés pour manger sainement.

Les personnes participantes étaient âgées de 42 ans en moyenne. Dans chaque couple, au moins une personne était en surpoids ou en situation d’obésité (indice de masse corporelle de 25 ou plus) et souhaitait améliorer son alimentation ou augmenter son activité physique. Près de 96 % des personnes participantes ont déclaré faire des efforts concrets pour transformer leurs habitudes alimentaires.

Globalement, les habitudes alimentaires des couples se sont légèrement améliorées durant l’étude, alors que la qualité de leur sommeil est demeurée relativement la même. Les femmes rapportaient une alimentation plus saine et un engagement plus marqué envers leurs objectifs nutritionnels que les hommes. Cela dit, le genre ne semblait pas jouer de rôle dans l’effet qu’exerçait le sommeil d’un partenaire sur les choix alimentaires de l’autre.

L’équipe de recherche invite néanmoins à la prudence : l’étude ne montre pas qu’un mauvais sommeil cause une alimentation moins saine. Étant donné que les données reposaient sur les déclarations des personnes participantes et que l’étude était de nature observationnelle, d’autres recherches seront nécessaires pour confirmer ces observations à l’aide de mesures plus objectives. Celles-ci pourraient notamment examiner des facteurs tels que les choix alimentaires du ménage, la planification des repas, le soutien entre partenaires ou les conflits au sein du couple.

Faire du sommeil un enjeu de couple

Selon l’équipe de recherche, ces résultats pourraient ouvrir la voie à une nouvelle approche pour améliorer les habitudes alimentaires. Des traitements visant à améliorer le sommeil, comme la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie, pourraient être évalués comme interventions ciblant les couples.

Si l’amélioration du sommeil d’un partenaire favorise également la capacité de l’autre à maintenir de saines habitudes alimentaires, alors faire du sommeil un enjeu de couple pourrait profiter aux deux partenaires, poursuit l’équipe de recherche.

« Pour comprendre les mauvaises habitudes alimentaires, il faut tenir compte du contexte social dans lequel elles se développent, ajoute le professeur Gouin. Cela inclut l’influence qu’un partenaire peut exercer sur les choix alimentaires de l’autre, que ce soit de façon délibérée ou non. »

« S’ils veulent apporter des changements qui durent, les partenaires ont tout intérêt à collaborer pour aménager un milieu de vie où les comportements sains deviennent plus faciles à maintenir à long terme », conclut-il.

L’étude a été dirigée par Maegan Dymarski, doctorante à l’Université Concordia. Ont également contribué à la recherche Tamara Cohen (Université de la Colombie-Britannique), Noémie Carbonneau (Université du Québec à Trois-Rivières) et Kaberi Dasgupta (Université McGill).

L’étude a été financée par une subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Lisez l’article cité : « Dyadic associations between sleep quality, diet-related self-regulation, and diet quality in couples »



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