La Galerie Leonard-et-Bina-Ellen propose une interprétation inédite de la fin du monde

DU 5 FÉVRIER AU 4 AVRIL : Ce qui n’est plus pas encore se penche sur l’idée d’« apocalypses forcées »
4 février 2020
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Julia Eilers Smith : « L’exposition considère l’apocalypse comme une fin parmi d’autres, qui ont déjà eu lieu et qui se poursuivent aujourd’hui. » | Trois atlas (détail), 2020, par Miryam Charles. Avec l'aimable concours de l'artiste.

Et si l’apocalypse n’était pas un phénomène éloigné, mais plutôt une série d’événements en cours?

La nouvelle exposition Ce qui n’est plus pas encore, présentée par Julia Eilers Smith, est inaugurée à la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen le 5 février. Elle explore cette idée par le film et la musique expérimentaux, l’animation vidéo, la sculpture et l’installation.

« L’exposition porte sur un thème post-apocalyptique, celui de la “fin du monde”, mais tente de déconstruire le discours dominant qui la présente comme une menace se dessinant au loin », décrit Eilers Smith, conservatrice de recherche Max-Stern. « Elle traite plutôt l’apocalypse comme une fin parmi d’autres, qui ont déjà eu lieu et qui se poursuivent aujourd’hui. »

ALTIPLANO (Image tirée de la vidéo), 2018, par Malena Szlam. | Avec l'aimable concours de l'artiste. ALTIPLANO (Image tirée de la vidéo), 2018, par Malena Szlam. | Avec l'aimable concours de l'artiste.

Michèle Thériault, directrice de la galerie Leonard-et-Bina-Ellen, estime que l’exposition donnera une perspective essentielle de la situation mondiale actuelle.

« En tant que membres d’une unité de recherche de l’Université, nous traitons des enjeux de la société par la pratique de l’art et du commissariat », note-t-elle.

« Ce qui n’est plus pas encore vise précisément cet objectif dans son exploration de la notion d’apocalypse. Ainsi, les étudiant.es, les professeur.es et les autres membres de la communauté de Concordia bénéficient d’une expérience d’apprentissage différente qui transcende les méthodologies appliquées en classe. De cette façon, l’exposition contribue au développement de leur esprit critique. »

L’exposition présente des œuvres nouvelles et actuelles de six artistes contemporains canadiens. Elle écarte les conceptions habituelles de l’apocalypse comme étant une extinction planétaire ou un récit biblique.

Au lieu de cela, elle envisage l’idée des « apocalypses forcées », telles que les présente Kathryn Yusoff, professeure de l’Université Queen Mary de Londres : les histoires et géographies ignorées, fortement influencées par les structures raciales violentes du colonialisme et du capitalisme.

Stomach, 2019, par Rochelle Goldberg. | Image: Rachel Topham Photography. Courtoisie Catriona Jeffries, Vancouver Stomach, 2019, par Rochelle Goldberg. | Image: Rachel Topham Photography. Courtoisie Catriona Jeffries, Vancouver

Processus d’effondrement et de transformation

Les œuvres des artistes Miryam Charles, James Nicholas Dumile Goddard, Rochelle Goldberg, Fallon Simard, Malena Szlam et Syrus Marcus Ware cherchent à révéler les effets de ces structures et à proposer des réponses aux torts qu’elles occasionnent, explique Eilers Smith.

Elles se penchent sur les façons dont différentes fins prennent ultimement forme et sur leurs effets dans notre monde et dans nos vies, au niveau individuel et collectif.

« Les grands thèmes de l’exposition font écho aux discours critiques entourant l’Anthropocène, de même qu’aux recherches récentes dérivant de disciplines telles que les sciences et les études environnementales, la théorie critique de la race et du postcolonialisme, la philosophie de la justice sociale et géographie », soutient-elle.

L’inspiration de cette exposition est venue à Eilers Smith dans sa recherche de pratiques artistiques qui remettent en question les conceptions collectives de l’apocalypse et mettent en lumière des problèmes et des histoires sous-représentés.

Activist Wallpaper Series #3 (détail), 2020, par Syrus Marcus Ware. | Avec l'aimable concours de l'artiste. Activist Wallpaper Series #3 (détail), 2020, par Syrus Marcus Ware. | Avec l'aimable concours de l'artiste.

« Les six artistes examinent les processus d’effondrement et de transformation et interprètent, à leur manière, les moments qui suivent une rupture », précise-t-elle. Les approches retenues comprennent les effets numériques comme l’altération des couleurs et l’utilisation de différents filtres, les procédés chimiques de la pellicule, la décomposition de la matière et la superposition des trames narratives.

Eilers Smith a choisi de collaborer avec des artistes locaux pour pouvoir discuter avec eux du thème et des possibilités de l’exposition. « Cette démarche s’est avérée fructueuse : dans certains cas, elle a mené à la production de nouvelles œuvres », affirme-t-elle.

Ce qui n’est plus pas encore est la première exposition de la conservatrice à la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen. Par le passé, elle a organisé deux projets dans le cube SIGHTINGS, l’espace d’exposition satellite de la Galerie. Le deuxième, right here right now de l’artiste montréalaise karen elaine spencer, est actuellement en cours.


Visitez l’exposition
Ce qui n’est plus pas encore à la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen de l’Université Concordia, du 5 février au 4 avril.

Le vernissage aura lieu le 5 février de 17 h 30 à 19 h 30. Entrée libre.

 




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