Ex-réfugiée syrienne, Shoushi Bakarian aide à inventer un dispositif de ventilation à énergie propre pour les avions de type Cessna

L’étudiante de 22 ans en génie aérospatial de Concordia a attiré l’attention de Bombardier
10 janvier 2019
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L’accueil que réserve Concordia aux étudiants étrangers a attiré Shoushi Bakarian à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody. | Photo : Dario Ayala, Globe & Mail

Que faut-il pour devenir inventeur – ou inventrice – nouvelle génération? Pour une étudiante de Concordia, il a fallu beaucoup de travail et de créativité, ainsi que l’expérience de la guerre civile.

À 22 ans, Shoushi Bakarian a conçu et aidé à inventer un dispositif de ventilation à énergie propre pour les avions de type Cessna. Le Ventus peut en effet rafraîchir la cabine tout en servant de station de recharge pour tout appareil se branchant à un port USB. Ce type de commodités ne se trouve généralement pas dans les aéronefs de génération antérieure.

L’ingéniosité de l’étudiante a attiré l’attention de leaders de l’industrie et du secteur universitaire, en plus d’avoir reçu une couverture médiatique nationale et internationale.

Le cheminement vers la réussite de l’étudiante de troisième année en ingénierie à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody s’avère aussi remarquable que ses réalisations en laboratoire.

De la guerre civile à Concordia

Il y a quatre ans, Shoushi Bakarian vivait avec sa famille à Alep, en Syrie. Leur avenir était incertain en raison de la guerre civile qui ravageait leur pays natal.

Après cette période difficile, assombrie par la violence et un déplacement au Liban, elle est arrivée avec sa famille à Montréal, en décembre 2015. Peu après, Shoushi Bakarian a occupé plusieurs emplois à temps partiel pour soutenir ses proches, tout en faisant des recherches sur les universités qui l’aideraient à réaliser son rêve : devenir ingénieure aéronautique.

C’est l’accueil que réserve Concordia aux étudiants étrangers qui l’a attirée à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody.

« J’avais des options dans d’autres universités de Montréal, mais Concordia se démarquait – c’était le meilleur choix pour moi. »

Shoushi Bakarian a noué d’importantes relations dès le début de son cursus à l’Université. Alors qu’elle assistait à une séance d’orientation avec sa sœur Meghri, inscrite en études de l’enfant, le directeur de la vie étudiante Andrew Woodall est venu les voir. Il les a mises en relation avec Arpi Hamalian, professeure agrégée en sciences de l’éducation à la Faculté des arts et des sciences.

Shoushi Bakarian (à droite) avec Arpi Hamalian. | Photo : Concordia Shoushi Bakarian (à droite) avec Arpi Hamalian. | Photo : Concordia

Depuis plusieurs années, la professeure Hamalian assure le mentorat de nombreux étudiants et étudiantes qui arrivent à Concordia comme réfugiés.

« Avec l’aide des conseillers pédagogiques de leurs facultés, j’ai donné à Shoushi et à sa sœur quelques conseils et stratégies pour naviguer dans un système qu’elles ne connaissaient pas. »

Dès le début, la professeure Hamalian a été impressionnée par les sœurs Bakarian.

« Au lieu d’être déprimées par leur situation, elles étaient motivées. Shoushi et Meghri se sont montrées entreprenantes et prêtes à suivre les conseils qui leur permettraient de planifier leur avenir. » 

La réussite de Shoushi ne s’est pas faite en un clin d’œil. Elle a dû jongler entre le travail, les études à temps plein, l’adaptation à un nouveau pays et l’apprentissage d’une quatrième langue.

« Cela n’a pas été facile la première année, mais j’ai eu la chance d’être appuyée par ma famille, et surtout par Arpi. »

« Un espace pour tester mes idées »

Shoushi Bakarian a également noué une relation bénéfique lors d’une activité de sensibilisation organisée par Stratos Aviation, organisme sans but lucratif qui promeut les carrières et les occasions dans le secteur de l’aviation. Elle y a rencontré le fondateur de Stratos, Naor Cohen, qui lui a demandé de travailler sur une idée qu’il avait : rafraîchir la cabine des avions de type Cessna par la compression et le refroidissement de l’air.

« Ce projet m’a donné le temps et l’espace pour tester mes idées et apprendre des autres, témoigne l’étudiante. J’ai également pu intégrer mon idée de station de recharge, que j’espère développer davantage. Nous sommes en train d’imaginer un dispositif semblable qui pourrait exploiter l’énergie éolienne durant des activités comme le camping. »

Peu après, Bombardier, le géant montréalais de l’aérospatiale, a découvert ses travaux et lui a offert un stage.

Liens communautaires

Comme si deux emplois exigeants et des études à temps plein ne suffisaient pas, Shoushi Bakarian est également active au sein de la communauté. Chef scoute auprès d’enfants âgés de 9 à 12 ans, elle a dirigé des groupes – réunissant jusqu’à 60 louveteaux – au Camp Kinkora de même que lors d’un voyage estival en Arménie. Elle assure par ailleurs le tutorat de nouveaux arrivants syriens. Enfin, elle a aidé à former une équipe de volleyball communautaire.

Malgré les circonstances difficiles qui l’ont amenée à Concordia, le fait d’avoir vécu la guerre l’a préparée à la réussite qu’elle connaît maintenant.

« Durant la guerre, ma famille a perdu tellement que je n’avais pratiquement plus rien, à part quelques livres de sciences. Avant cela, je n’étais pas la meilleure élève, et les sciences ne m’intéressaient pas énormément. La situation m’a forcée à étudier ces ouvrages et m’a ouvert les portes d’une carrière en ingénierie. »


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Département de génie mécanique, industriel et aérospatial de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody.

 



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